samedi 23 mars 2019
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Illustration (SD/L'Essor).

En quatre heures, ivre, “Madame Schtroumpfette”, appelle 149 fois les gendarmes!

Une femme de 40 ans a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Nantes à six mois de prison ferme, avec maintien en détention, pour avoir passé 362 appels inutiles en l’espace de quatre mois aux gendarmes de Bouguenais (Loire-Atlantique) et au Centre opérationnel de la gendarmerie (COG).

Mia Birnea – qui avait déjà été condamnée en juin 2017 pour avoir appelé 1.200 fois en dix mois les forces de l’ordre – avait notamment téléphoné aux militaires à 149 reprises au cours de la nuit du 9 au 10 janvier dernier. La ligne d’appels d’urgence avait été occupée ce soir-là au total “pendant plus de quatre heures“, avaient calculé les gendarmes.

Comme j’ai l’habitude de les appeler sans raison, ils me raccrochent au nez, et ça m’énerve… Donc je les rappelle”, a expliqué la prévenue, mercredi, lors de l’audience.

Lors de ses appels, cette Roumaine se mettait par exemple à “passer de la musique”, à “parler italien” ou à dire qu’elle voulait “apporter des gâteaux” aux gendarmes… Cette mère de deux enfants de 11 et 13 ans – qui ont été placés chez des amis à Bouguenais – se présentait aussi à eux comme “l’assistante du Père Noël” ou “Madame Schtroumpfette”.

“Ingerable quand elle a bu”

“Même quand elle raccroche au bout de quelques secondes, il y a toujours une probabilité qu’on passe à côté d’un appel d’urgence”, s’est inquiété à l’audience le major Jean-Marc Huchard, de la brigade territoriale de Bouguenais. “Les gendarmes ne sont pas là pour aider Mme Birnea quand elle a un coup de déprime ou pour écouter ses balivernes”, a renchéri la procureure de la République. “Son problème a des répercussions importantes sur le reste de la population.”

Cette femme de ménage est actuellement sans activité : elle a abandonné son dernier emploi à Bouguenais, car il était “trop loin” de Joué-sur-Erdre, commune où vivaient les amis qui l’hébergeaient depuis sa dernière sortie de prison.

Déjà condamnée à douze reprises, elle est “respectueuse” en garde à vue mais “ingérable quand elle a bu”, témoigne un gendarme. “Elle a eu tendance, jusqu’alors, à cacher l’ampleur de son addiction”, confirme son avocate, Me Maëll Pellen.

Dans un second dossier jugé mercredi au cours de la même audience, le tribunal correctionnel a donc prononcé à son encontre une contrainte pénale de deux ans, ce qui l’obligera à travailler et à suivre une cure de sevrage alcoolique. Une nouvelle interdiction de contacter les gendarmes lui a été signifiée, au passage. Mia Birnea restera par ailleurs toujours sous le coup des six mois de prison avec sursis prononcés en juin 2017 pour ses 1.200 appels inutiles aux gendarmes.

Elle est par ailleurs d’ores et déjà reconvoquée au Palais de justice de Nantes le 12 juin prochain dans le cadre d’une Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) : d’autres “appels téléphoniques malveillants” lui sont reprochés, mais cette fois-ci au préjudice du centre de secours des pompiers de Saint-Herblain.

GF (PressPepper)

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