vendredi 22 novembre 2019
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Détail du monument en hommage aux soldats morts pour la France en opérations extérieures (Ph: Anthony THOMAS-TROPHIME/Min des Armées)
Détail du monument en hommage aux soldats morts pour la France en opérations extérieures (Ph: Anthony THOMAS-TROPHIME/Min des Armées)

Dix gendarmes sur le monument aux morts en Opex inauguré le 11 Novembre

MIS A JOUR le 15 novembre à 14h50 – Ils ont perdu la vie entre 29 et 51 ans, en opérations extérieures (Opex). Leurs grades s’échelonnent de gendarme à lieutenant. Du Tchad au Liban, d’Haïti au Congo, leurs lieux de décès jalonnent les opérations militaires françaises depuis 1963.

549 morts pour la France

Détail du monument en hommage aux soldats morts pour la France en Opex (Ph: Anthony THOMAS-TROPHIME/Min des Armées)
Détail du monument en hommage aux soldats morts pour la France en Opex (Ph: Anthony THOMAS-TROPHIME/Min des Armées)

Les noms de ces dix gendarmes figurent sur le monument aux morts en opérations extérieures (Opex) qu’Emmanuel Macron a inauguré le 11 Novembre. En tout, 549 patronymes sont inscrits sur ce mémorial installé dans le jardin noir du parc André-Citroën dans le 15e arrondissement parisien. Au centre de cette esplanade ouverte conçue par le sculpteur Stéphane Vigny figure une statue représentant des militaires portant un cercueil absent.

La France a engagé ses soldats dans 228 opérations extérieures depuis la fin de la Guerre d’Algérie en 1962. 549 militaires n’en sont jamais revenus. Les plus meurtrières ont été le Liban, avec 141 militaires disparus, et le Tchad (129). Viennent ensuite l’ex-Yougoslavie (78 morts) et l’Afghanistan (85 morts).

Dix gendarmes morts en Opex

Les gendarmes ont logiquement payé leur écot aux Opex les plus violentes. Trois d’entre eux ont ainsi perdu la vie au Tchad: le gendarme Pierre Urion en 1969 à 20 ans, le maréchal des logis-chef Robert Barre en 1972 à 39 ans et le gendarme Gérard Herbès en 1974 à 40 ans. Quatre sont morts au Liban: le major Jules Gombert en 1984 à 51 ans, l’adjudant André Cruz en 1987 à 48 ans, le lieutenant Christian Mondon en 1987 à 29 ans et le maréchal des logis-chef Joël Desoteux en 1993 à 41 ans. 

Lire aussi sur L’Essor: Séisme en Haiti : les dépouilles des deux gendarmes rapatriées

Vient ensuite le Congo où le major Jacques Birault a perdu la vie en 1999 à 40 ans. Enfin, la dernière Opex meurtrière pour les gendarmes fut Haïti où, en 2010, le major Lionel Amar, 50 ans, et l’adjudant-chef Laurent Le Briero, 42 ans, sont décédés.

La mention “Mort pour la France”

Le chiffre global de militaires morts dans le cadre d’une opération extérieure est supérieur à celui des militaires “Morts pour la France”. En effet, l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONACVG) accorde cette mention après un examen du dossier. Pour qu’elle soit inscrite sur l’acte de décès d’un militaire, celui-ci doit être survenu dans des circonstances listées par l’article L. 511-1 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Elle est ainsi attribuée, explique le ministère des Armées, “aux militaires tués à l’ennemi ou décédés de blessures de guerre et les militaires décédés de maladie contractée en service commandé en temps de guerre ou d’accident survenu en service ou à l’occasion du service en temps de guerre”.

L’ONACVG refuse donc d’accorder cette mention aux militaires qui ne remplissent pas ces critères. “La mention Mort pour la France a été créée après la Grande Guerre pour des soldats qui sont allés au combat dans des conditions très dures. Pour l’obtenir, il faut donc rentrer dans un cadre très strict”, explique Philipe Bergeret, responsable du bureau des mentions à l’ONACVG. Il faut en effet apporter la preuve du lien entre l’opération et une maladie ou un accident, quand une simple présomption peut suffire pour se voir accorder une pension.

Ainsi, un accident ne permettra pas d’obtenir la mention Mort pour la France si la victime n’avait pas le droit d’utiliser le véhicule qu’il conduisait. Plus délicate est la question du suicide ou de la maladie. Pour être certain du lien avec l’Opex, l’ONACVG se tourne systématiquement vers le service des pensions de la Rochelle.  “Nous ne sommes pas compétents pour les aspects médicaux”, précise Philippe Bergeret. Nous demandons donc l’avis de la commission consultative médicale du ministère des armées”.

Matthieu Guyot

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9 Commentaires

  1. Super ce monument en hommage à nos camarades. Une pensée particulière pour mon ami Desoteux

  2. Ibarz Jacques

    Dommage qu’on n’ait pas une photo d’ensemble du monument pour les arches “Images” de la Gendarmerie dans mon ordi… Les personnages semblent vivants…sur les photos ci-dessus

  3. Admirative

    Très Heureuse et agréablement touchée
    parce que pleine de gratitude et de reconnaissance
    Envers Nos Militaires
    Nous leur devons tant de par leur courage et leur dévouement
    Pour la France
    et nous sommes encore nombreux et nombreuses
    À les soutenir et à les encourager
    Continuons de les applaudir dans leur missions
    Ce sont nos hommes nos fils nos proches
    Tout simplement des Etres Humains
    Livrés Corps et Âmes à leur Nation
    ♥️ 🇫🇷♥️

    • Naoned 46

      A ma connaissance il n’y a pas de gendarme parmi les porteurs de cercueil suggéré dans le monument
      il est vrai que la Gendarmerie avec 125000 hommes est un tout petit ensemble comparé à l’armée de l’air qui en compte 25000 et qui n’a pas eu,semble t il, autant de tués en opex depuis 63

      Sans doute une jalousie ou bien la décision d’un technocrate qui ignore que la Gendarmerie est une force armée et qui de surcroît ,d’une part,n’ a entendu que les balles de tennis siffler ,d’autre part ne sait pas par quel bout tire un fusil

  4. Paul Bismuth

    Je ne veux pas être désagréable, mais nous avons eu 89 morts en Afghanistan.
    https://www.lepoint.fr/societe/89-soldats-francais-tues-en-afghanistan-et-deja-oublies-19-11-2016-2084223_23.php

    Merci de corriger, si c’est encore possible.

  5. Robardey

    Et qu’en est-il des adjudants-chefs Alain Didot et René Maier, assassinés après leur capture dans l’exercice de leur mission le 8 avril 1994 a Kigali au Rwanda ? Quid de Gilda Didot qui a subi le sort de son gendarme ce mari en restant à ses côtés ?

    Cette liste est loin d’être complète !

  6. HBZ

    je connais deux familles de gendarmes qui n’ont pas été invitées à cette cérémonie pourquoi?
    merci si vous avez une réponse à me donner

  7. Effectivement la liste n’est pas complète pour le TCHAD nous avons eu 158 tués,dont 93 Morts pour la FRANCE

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