lundi 1 mars 2021
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Xavier Leroy (ex GIGN, otage dans la grotte de Gossanah), Gérard Chaput (président de l'association Les Sentinelles de la Nation), Eric Alengrin (pris en otage à Fayoué et libéré à Mouli) lors d'un dépôt de gerbe sur la la tombe du Soldat inconnu. (Coll. ALENGRIN)
Xavier Leroy (ex GIGN, otage dans la grotte de Gossanah), Gérard Chaput (président de l'association Les Sentinelles de la Nation), Eric Alengrin (pris en otage à Fayoué et libéré à Mouli) lors d'un dépôt de gerbe sur la la tombe du Soldat inconnu. (Coll. ALENGRIN)

Deux ex-gendarmes otages à Fayaoué écrivent au DG pour qu’il leur rende leur honneur

Deux ex-gendarmes, pris en otage à Fayoué (Nouvelle-Calédonie) demandent au directeur de la Gendarmerie de leur rendre leur honneur. Ils insistent auprès du général Christian Rodriguez pour qu’il rétablisse la vérité sur l’attaque de la brigade de Fayaoué

Rappel sur ce drame survenu entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988 opposant François Mitterrand et Jacques Chirac. Le 22 avril 1988, un commando d’indépendantistes du FLNKS pénètre dans la brigade de Fayoué (centre de l’ile d’Ouvéa). Ils tuent quatre gendarmes désarmés. Ils prennent en otages 27 gendarmes départementaux et mobiles. Une partie des gendarmes, emmenés à Mouli (sud de l’ile), se voient relâchés trois jours plus tard sans dommage.

Bilan sanglant à la grotte de Gossanah

Les autres otages, enfermés dans une grotte à Gossanah (nord de l’île), seront délivrés le 5 mai lors d’un opération militaire d’ampleur. Bilan: 19 indépendantistes et deux soldats des forces spéciales tués. Un drame qui aboutira aux accords de Matignon entre indépendantistes et loyalistes. Avec un accord sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et un sur une amnistie pour les faits de Fayaoué et de Gossanah.

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Mais très vite après le 5 mai, les gendarmes présents à Fayaoué le 22 avril sont mis en cause. Selon ces accusations, ils n’ont pas mis en oeuvre les mesures de sécurité demandées par la hiérarchie. Les gendarmes blessés physiquement ou traumatisés sont oubliés. Et leur carrière souffrira de cette tâche indélébile.

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Il faudra attendre 30 ans et les révélations d’un ancien officier supérieur de gendarmerie pour une tout autre explication. Ainsi après un long travail d’enquête, le lieutenant-colonel (ER) Henri Calhiol fait des révélations fracassantes dans les colonnes de L’Essor. Le commandement de l’Arme en Nouvelle-Calédonie n’a jamais diffusé d’ordre aux brigades pour prendre des mesures de sécurité. Plus grave, il assure que l’ordre prescrivant ces mesures de sécurité est un document antidatés.

Eric Alengrin, 57 ans, à l’époque affecté à l’EGM 7/22 d’Antibes, stationnait à la brigade de Fayoué le 22 avril 1988. Comme les otages emmenés à Mouli, il est relâché trois jours plus tard. Il a donné copie à L’Essor de la nouvelle lettre qu’il vient d’adresser le 11 janvier au DG. Il rappelle au général Rodriguez qu’il lui avait demandé quatre mois auparavant de faire vérifier dans les archives la thèse du lieutenant-colonel Calhiol.

Pas de réponse du DDGN

Dans sa lettre, Eric Alengrin déplore l’absence de réponse du DG. “Vous avez choisi délibérément de nous maintenir dans le statut que vous savez immérité de coupable d’une défaillance qui entache notre honneur“. L’ancien gendarme mobile ajoute: “Vous venez d’assurer du soutien indéfectible de la Gendarmerie les familles des trois gendarmes tués à Saint-Just“. Il conclut à l’adresse du DGGN: “Ce silence (sur Fayaoué) vous décrédibilise” .

Nous restons victimes de ces évènements

Un autre gendarme mobile, qui se trouvait également à Fayoué, a adressé plusieurs courriels au général Rodriguez. Alberto Addari, de l’EGM 11/9 de Villeneuve d’Ascq, a fait partie des otages emmenés dans la grotte de Gossanah. Il sera grièvement blessé à la jambe le 5 mai 1988 lors de l’assaut mené pour la libération des otages. Dans son dernier courriel daté du 6 janvier, il déplore que ses précédents courriels soient restés sans réponse. Aujourd’hui âgé de 60 ans et invalide militaire à 100 %, Alberto Addari écrit: “Nous restons les victimes de ces évènements mais nous avons agi conformément aux ordres”. Il signe son courriel: “Une victime de son devoir qui reste sans reconnaissance, sans justice et sans récompense“.

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