mardi 18 juin 2019
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Deux ans de prison ferme pour le chauffard ivre ayant tué le gendarme Jonathan Visch (Vidéo)

L’automobiliste de La Chapelle-Heulin (Loire-Atlantique) qui avait tué le 11 juin 2017 Jonathan Visch, un jeune gendarme adjoint volontaire du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Vannes (Morbihan), alors qu’il roulait ivre et à contresens sur l’A11, a été reconnu coupable lundi pour son “homicide involontaire aggravé”.

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Mais il s’en sort très bien et pourrait échapper à la  prison grâce à un aménagement de peine.  Le tribunal correctionnel de Nantes n’a en effet pas suivi les réquisitions du parquet qui avait demandé une peine de cinq ans dont deux “au maximum” avec sursis, à l’encontre de cet ouvrier soudeur de 45 ans au Cellier (Loire-Atlantique).  Cette peine impliquait une incarcération.

Le tribunal a condamné Franck Beauger à deux ans de prison ferme et un autre avec sursis.

L’homme – qui comparaissait libre à l’audience – sera donc convoqué devant un juge d’application des peines (JAP) pour voir comment aménager éventuellement sa peine de prison ferme.

Il sera désormais soumis à une obligation de soins et de dédommager la famille de sa victime : il devra en effet payer près de 85.000 € de dommages et intérêts aux parents, à la grand-mère et à une cousine de Jonathan Vischi. Son permis de conduire a enfin été annulé, et il aura interdiction de repasser les épreuves avant cinq ans.

Des funerailles “bouleversantes”

La nuit des faits, l’automobiliste circulait en effet avec 1,11 g d’alcool par litre de sang et roulait à contresens sur l’autoroute A11, à hauteur de La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique), quand il avait percuté frontalement la Ford Ka de Jonathan Vischi… Le gendarme adjoint volontaire (GAV), âgé de 21 ans, se rendait lui chez sa grand-mère à Lyon (Rhône).

Victime d’un “très grave traumatisme crânien“, le jeune homme – qui sortait pour sa part d’une soirée avec un ami dans la région nantaise, mais qui était parfaitement sobre – était mort sur place, peu après l’arrivée des secours. Il avait été enterré à Pont-de-Roide (Doubs), d’où était originaire sa famille, en présence de gendarmes de Vannes et Montbéliard.

Cet ancien élève de la 38e promotion de l’école de gendarmerie de Fontainebleau (Seine-et-Marne) était en outre le fils de l’adjudant Christian Vischi, du Peloton de sûreté maritime et portuaire (PSMP) à Marseille (Bouches-du-Rhône).

“Il avait l’habitude de rouler la nuit, car il travaillait souvent de nuit et il trouvait que c’était moins dangereux”, avait témoigné son père, qui devait le retrouver le lendemain du drame, le jour du procès.

“A 13h, ce sont finalement deux voitures de gendarmes qui sont venues à mon rencontre… L’officier qui en est sorti m’a dit trois mots : Jonathan est décédé”, avait raconté Christian Vischi. “Je suis immédiatement rentré dans le Doubs, où j’ai grandi, pour ramener la dépouille de mon fils… Ses funérailles ont été bouleversantes : des gendarmes sont venus de Vannes, de Marseille et même de toute la France, car ils avaient connu mon fils à l’école de Fontainebleau.

Le prévenu avait “bu un petit peu plus que d’habitude”

Le prévenu, pour sa part, avait reconnu à l’audience avoir “bu un petit peu plus” que d’habitude en raison de ses “problèmes familiaux” : il sortait d’une soirée de “retrouvailles” avec une soeur avec laquelle il s’était longtemps brouillé.

Après avoir vidé des bières sur le parking d’un hypermarché “pour se mettre bien” avant la fête, cet homme “sérieux” et “assidu” au travail s’était montré “désobligeant” à l’égard d’une serveuse et “agressif” à l’égard des autres invités. La soirée, qui se tenait dans un restaurant, avait même dû être stoppée prématurément après qu’il ait vidé un extincteur…

L’homme avait alors refusé de confier ses clés de contact à ses proches… allant jusqu’à les cacher dans son caleçon. Avant le drame, il avait déjà ramené chez eux son frère et sa belle-soeur à Rezé, à l’autre extrémité de l’agglomération nantaise, et revenait sur La Chapelle-sur-Erdre pour faire un deuxième trajet. Son frère avait par la suite raconté que le prévenu “zig-zaguait” sur le périphérique nantais et qu’il avait dû lui-même “rattraper le volant” pour éviter un accident.

L’avocat des parties civiles avait sollicité 200.000 € de dommages et intérêts pour les parents de la victime : il avait fait le parallèle avec la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame lors de la prise d’otages au Super U de Trèbes (Aude), près de Carcassonne, en mars dernier. “Le gendarme Beltrame a été tué par la bêtise humaine… Là, Jonathan Veschi a aussi fait sacrifice de sa vie : il a peut-être sauvé la vie d’une voiture où il y aurait pu avoir une femme et des enfants“, avait plaidé Me Mikaël Poinson

GF (PressPepper)

 

 

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5 Commentaires

  1. 2 ans de prison et 85000 euros.voila ce que faut la vie d un gendarme pour les magistrats…..

  2. Le claire

    Toujours les mêmes excuses pour les alcoolisés meurtriers du volant, toujours la même indulgence bienveillante, pour ces tueurs qui soignent leurs déboires familiaux en s’enivrant pour oublier, que, ceux-ci, sont les effets de cela.

  3. Qu elle justice de m… en France pauvre parents en plus il va se déclarer non solvable pour ne rien payer qu quelle honte !

  4. effarent, scandaleux, mais ho combien nous le savons que cette justice n’a plus que ce mot, à quoi bon faire des textes de loi quand ils ne sont pas appliqués, ou au minima, alors que dans certains pays européens ils ont décidé de durcir les loi à l’encontre des chauffards allant jusqu’à la prison à vie, nous en france on lance des messages d’impunité totale, quand nous affirmons que la justice a sa part de responsabilités dans le nombre de tués , nous le maintenons malgré que cela ne plaise pas à tout le monde, nous répertorions les décisions de justice honteuses à l’encontre des victimes de la route, on peut faire de la prévention, de la répression mais si la justice ne ferme pas la boucle à quoi bon? j’en aurais des pages et des pages à écrire, à écrire ce que vit les familles de victimes de délinquance routière, nous parlons de vies arrachées, de familles , de dommages collatéraux, tendres pensées à lui

  5. Ce n’est vraiment pas cher payer… A contre sens sur l’autoroute avec un taux d’alcool trop élevé, on peut penser qu’il s’agit presque de préméditation !

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