dimanche 27 septembre 2020
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Stèle en mémoire aux gendarmes tués à Fayaoué dans les Hauts de France.
La stèle en mémoire des gendarmes tués à Fayaoué inaugurée en 2018 ( Photo Capitaine Robert DELMOTTE./EM région de gendarmerie Hauts-de-France

Des victimes de Fayaoué demandent une indemnisation à l’Etat

Dix victimes et familles de victimes de l’attaque, en 1988, de la brigade de Fayaoué (Nouvelle-Calédonie) demandent une indemnisation à l’Etat. Leurs demandes viennent de se voir rejetées par le ministère des Armées. Ces familles vont donc saisir la Commission nationale des recours militaires, selon les informations de L’Essor.

Le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, 35 indépendantistes armés pénètrent dans la brigade de Fayaoué sur l’île d’Ouvéa (Nouvelle-Calédonie). Bilan: quatre gendarmes tués, un grièvement blessé, 27 autres pris en otage. Leurs armes, emportées. 48 heures plus tard, onze otages sont relâchés. Les 16 autres sont emmenés dans la grotte de Gossanah. L’attaque de Fayoué reste donc le déclencheur de l’affaire dite d’Ouvéa. Elle débouchera en effet, le 5 mai, sur l’assaut meurtrier de la grotte de Gossanah où 19 indépendantistes et deux soldats français furent tués.

Lire aussi: [Le GIGN en action] L’opération Victor, l’assaut sanglant de la grotte de Gossanah à Ouvéa (vidéo)

Une version officielle pendant 30 ans, depuis démentie

Pendant des lustres, la vérité officielle sur l’attaque de Fayaoué restera la même. Les gendarmes de la brigade n’ont pas pris les mesures nécessaires à leur protection. Et ce, malgré les ordres du commandement local. Une version qui perdurera pendant 30 ans.

Mais en avril 2018, un ancien officier supérieur de Gendarmerie fait une première révélation dans les colonnes de L’Essor. Les consignes de renforcement des mesures de sécurité des brigades de la Nouvelle-Calédonie ne sont jamais parvenues aux brigades. Seconde révélation, deux ans plus tard, du lieutenant-colonel Henri Calhiol. Non seulement l’ordre n’a jamais été transmis, mais il a même été rédigé après l’attaque et donc antidaté.

Ces révélations de taille ont fait l’objet d’un document très détaillé de 283 pages déposé par son auteur aux archives de la Nouvelle-Calédonie. Un double de ce document figure également au Service historique de la Défense, à Vincennes.

Recours gracieux en indemnisation pour les gendarmes de Fayaoué

C’est sur ce texte que s’appuie un cabinet d’avocats lillois pour adresser dix recours gracieux en indemnisation au ministère des Armées, tutelle de la Gendarmerie à l’époque des faits. Ce recours, envoyé il y a plus de deux mois, a fait l’objet d’une décision implicite de rejet, puisque le ministère n’a pas répondu dans les deux mois.

Me Manuel Gros avait adressé dix recours gracieux en indemnisation: huit au nom de gendarmes présents à Fayaoué et deux de familles de deux gendarmes tués. “Les militaires pris en otages, explique Me Gros, ont subi un préjudice physique pendant leur détention”. Ils ont également subi un préjudice moral puisqu’ils avaient été traités comme des moins que rien. Certains enfin ont également subi un préjudice de carrière, celle-ci ayant été brisée net.

Quant aux familles de deux gendarmes tués, les préjudices subis touchent leurs veuves et leurs enfants orphelins. Ces dix demandes d’indemnisation portent chacune en moyenne sur un montant de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Après le rejet du ministère des Armées, Me Gros a donc décidé de saisir la commission des recours des militaires. En cas de rejet, il se tournera alors vers les tribunaux administratifs.

Lire aussi: Emmanuel Macron a rendu hommage aux gendarmes et militaires tués à Fayaoué (vidéo)

PMG

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