dimanche 9 août 2020
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Deux prévôts de Barkhane en mission à Gao en février dernier. (Archives JMT)
Deux prévôts de Barkhane en mission à Gao en février dernier. (Archives JMT)

Des gendarmes prévôts ciblés par des tirs tchadiens à N’Djamena

Des prévôts français de l’opération Barkhane se sont faits tirer dessus par des militaires Tchadiens. Cette fusillade, la deuxième en un mois, a eu lieu lundi 13 juillet à N’Djamena.

Les personnels de la gendarmerie prévôtale étaient deux ou trois, explique-t-on à Paris. Ils étaient en patrouille dans la capitale africaine quand, sans raison ni explication préalable, ils ont été ciblés par des tirs tchadiens. Leur véhicule les a protégés en subissant des dégâts limités aux pneus. Ils ont dû prendre la fuite mais aucun occupant n’a été blessé.

Les tirs ont eu lieu près de l’aéroport où est implanté la base française. A proximité, se trouve une mosquée que les gendarmes photographiaient, mais également, la résidence présidentielle. Or au Tchad, tout ce qui touche de près ou de loin à la présidence est, comme en France, sensible. Seulement, l’ouverture du feu y est plus rapide. Un communiqué conjoint du ministère tchadien des Affaires étrangères et de l’ambassade de France au Tchad évoque des “tirs d’intimidation contre le véhicule”.

La précédente fusillade remontait au mois de juin. Deux commandos du 1er RPIMa, en charge de la protection rapprochée du général commandant la force Barkhane, avaient reçu une volée de plomb. Ils assuraient alors une “mission de reconnaissance” préalable à un déplacement du général Facon. Malgré l’écran de protection du véhicule, l’un des opérateurs avait été grièvement blessé. Les deux hommes avaient dû être rapatriés en France.

En 2015, deux gendarmes du GIGN blessés par balles à N’Djamena

Le 27 mars 2015, deux gendarmes du GIGN avaient été blessés par balles, également dans la capitale Tchadienne. Suite à cela, les militaires Français, en uniforme ou non, se déplaçant dans N’Djamena avaient dû le faire sans leurs armes. Ce qui posaient évidemment problème pour la protection rapprochée du commandant de la force Barkhane. En effet, s’il dispose d’une équipe de ce type, c’est bien parce qu’il existe un risque d’attenter à sa vie. Pendant plusieurs mois, cette situation particulièrement bancale s’est maintenue, empoisonnant les relations bilatérales, avant que les commandos ne puissent officiellement se déplacer avec leur arsenal.

Les armes parlent d’abord

La ville est réputée pour ce genre de faits au point que les ressortissants de Barkhane évitent soigneusement certains quartiers, notamment lorsque tombe la nuit. Certains militaires Tchadiens ont en effet la réputation d’avoir la gâchette facile. Le contexte sécuritaire explique en partie cette fébrilité, avec un coup d’Etat toujours possible. Mais leur manque d’expérience de ce type de situation en est aussi responsable. Dès qu’un véhicule est classé suspect, les armes parlent d’abord.

Missions variées pour les prévôts au Sahel

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Les prévôts sont implantés sur trois sites principaux de bande sahélo-saharienne (BSS). Tout d’abord à N’Djamena, où siège notamment le poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) de Barkhane et quelques avions militaires. A Niamey également, avec la base aérienne projetée. Enfin à Gao, la plus grosse implantation, avec plus de 2.000 hommes et femmes. C’est aussi le plus gros poste prévôtal de la BSS, avec 8 gendarmes et un chef de détachement, là où Niamey n’a que deux prévôts.

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Au Sahel, les missions des prévôts sont très variées. Elles vont de la protection de la force au mentoring des forces partenaires, en passant par les enquêtes judiciaires, comme lors de la collision de deux hélicoptères qui avait causé la mort de 13 militaires de Barkhane, en novembre dernier.

Jean-Marc Tanguy

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