mardi 20 août 2019
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Quand “Charlemagne” un résistant ancien ténor entonne le chant des partisans avec des élèves gendarmes (Vidéo et diaporama)

Le devoir de mémoire est essentiel pour les élèves gendarmes de la 1ère compagnie de l’école de Gendarmerie de Dijon (11ème promotion) et ils l’ont prouvé le 3 septembre en installant un mât des couleurs à la ferme du Leuzeu à Fleurey-sur-Ouche, sur la trace des maquisards.

Un acte symbolique voulu par les élèves.

Le 3 septembre 2018, la première compagnie a marché jusqu’à la ferme du Leuzeu, sur la commune de Fleurey-sur-Ouche (21) emportant avec eux un mât des couleurs. Le but faire à nouveau flotter le drapeau français dans ce lieu où s’est déroulé une bataille opposant 80 maquisards à 400 miliciens en 1944.

L’idée a germé après une marche ayant conduit les élèves à la ferme du Leuzeu. Là, ils rencontrent Charlemagne Cometti qui a combattu au Leuzeu alors qu’il avait 17 ans et était résistant.Il est le dernier survivant du groupe de maquisards.

Une phrase notamment les marque : “Jeune, moi à ton âge, je me battais pour défendre le drapeau français ici !”.

Tous se posent la question : comment perpétuer le devoir de mémoire en ce lieu ? L’idée de deux élèves gendarmes Thomas E. et Mehdi A. est de faire à nouveau flotter le drapeau sur la ferme du Leuzeu, où une association remonte les murs et remet les lieux en état. Tous les élèves adhérent à cette idée et une petite cellule soutenue par le capitaine Christian Stephan, commandant de compagnie et l’adjudant chef Pradel, se charge de faire aboutir le projet.

Les couleurs de la France flottent à nouveau sur le Leuzeu

Le 3 septembre le mat des couleurs a été installé à la ferme en présence du colonel Eric Spillmann, commandant en second de l’école de Gendarmerie de Dijon,  de Pascale Gallion, maire de Fleurey-sur-Ouche, de Christian Paris, maire d’Urcy,  de Jean Malfroy président de l’association “Les amis du Leuzeu”, de Charlemagne Cometti, et des membres de l’association “Les amis du Leuzeu.”

C’est Charlemagne Cometti, le dernier des résistants du Leuzeu qui a hissé les couleurs. 

Les élèves gendarmes ont entonné la Marseillaise puis le chant des partisans, accompagné de “Charlemagne”, artiste de chant lyrique qui n’a rien perdu de sa voix.

Le dernier résistant vivant du Leuzeu : Charles Cometti.

Charles Cometti, né en janvier 1927, rejoint le maquis grâce à un bûcheron pour lequel il travaille  fin 1943. Il a alors moins de 17 ans. Il rejoint le FTP, 1ère compagnie du groupe Liberté et se voit confier un fusil mitrailleur (FM 24/29). Ce groupe faisait des actions de sabotage dans les environ de Mirebeau-sur-Bèze, notamment en gênant le trafic ferroviaire des allemands.

Au printemps 1944, le groupe s’installe à la ferme du Leuzeu. 

Le récit de “Charlemagne” fourmille de détails : “Nous étions 7 cantonnés au dessus de la ferme. Au 1er parachutage vers Saulon-la-Chapelle, une demoiselle Céline Fournier nous a confectionné des foulards et des bagues en cuivre pour que nous nous reconnaissions. A l’attaque de Gevrey-Chambertin, un camarade a déserté puis plus tard, c’est lui qui, le 30 juillet 1944, au lever du jour, a guidé les miliciens vers la ferme du Leuzeu. Nous étions environ 80 résistants au Leuzeu sur les 540 du groupe Liberté. Environ 400 miliciens ont attaqué la ferme du Leuzeu. Les combats se sont déroulés de 6 heures 15 à 18 heures dans les bois alentours et nous sommes sortis vainqueurs de cette bataille.”

Après la guerre, Charlemagne Cometti a rejoint le théâtre de Dijon comme ténor professionnel et sa carrière de chanteur d’opéra l’a conduit sur de nombreuses scènes et même dans des pays africains pour une tournée dans les années 50.

Il a gardé sa voix et a accompagné les élèves gendarmes qui ont entonné le chant des partisans au cours de la cérémonie.

Les élèves ont offert l’insigne de leur promo aux autorités présentes et à M. Cometti.

JF Cortot

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