mercredi 23 octobre 2019
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Le capitaine Dominique Bogé, officier de liaison du ministère de l'Intérieur au dispositif national d'assistance aux victimes de cybermalveillance (crédit photo: GT / L'Essor).

Derrière la plateforme Cybermalveillance, la patte d’un gendarme

Acyma cybermalveillance sgdsn
Louis Gautier, le SGDSN, lors de l’annonce de l’extension de la plateforme. DR.

Les Hauts-de-France, d’abord, puis la France. La plateforme d’assistance aux victimes de cybermalveillance vient de franchir un cap important, ce mardi 17 octobre. Expérimentée depuis le mois de mai dans les Hauts-de-France, ce service est désormais étendu à tout l’Hexagone. Ce guichet unique doit permettre de mettre en relation cybervictimes et prestataires spécialisés, mais également de faire de la prévention dans ce domaine et d’aider à la création d’un observatoire du risque numérique.


A la manœuvre, un groupement d’intérêt public, Acyma, chargé de piloter cette plateforme. La structure est dotée d’un budget de 900.000 euros cette année, financé pour le moment par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Et parmi les six membres de cette structure, un gendarme, le capitaine Dominique Bogé. Il est l’officier de liaison du ministère de l’Intérieur.

Le site Cybermalveillance a rédigé des “fiches réflexes” sur différents types de cybercriminalité.

Par exemple, le capitaine a participé à la création des « fiches réflexes » de la plateforme. Destinées au grand public, elles visent à faciliter la compréhension d’un acte malveillant sur internet, de donner des pistes de solution…

Mais elles doivent également favoriser le dépôt de plainte, en précisant, pour un cas donné, la qualification de l’infraction pénale à prendre en compte. Du pain bénit pour les services de police et de gendarmerie, pas forcément à l’aise avec les formes juridiques de cette criminalité complexe.

Faciliter l’identification du problème

« Nous ne nous mêlons pas du dépôt de plainte, mais nous aidons la victime et les services de police et de gendarmerie à mieux identifier le problème », résume Dominique Bogé. Affecté depuis la création du groupement d’intérêt public à ce poste, après avoir commandé pendant quatre ans la brigade territoriale autonome de Jouars-Pontchartrain (Yvelines) ce capitaine issu du rang est un expert en cybercriminalité. Entré dans l’Institution comme gendarme auxiliaire, en 1988, cet ancien étudiant en droit exerce d’abord en brigade départementale.

Puis, en 2002, il intègre l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Ce passionné d’informatique est certes bon technicien, mais surtout officier de police judiciaire: deux qualités essentielles pour son recrutement. Au sein de l’Office, il côtoie des programmeurs, des spécialistes de différents systèmes d’exploitation… Il travaille sur des affaires sensibles : le scandale financier Cleastream, le dossier d’abus de confiance et de piratage Kerviel, ou encore la fuite, dans la presse, de la fiche de renseignement de Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace…

Capture d'écran de la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr.
Capture d’écran de la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr.

« Nous avons vu monter en puissance l’utilisation du numérique pour commettre des infractions, remarque-t-il. Les attaques sont de plus en plus sophistiquées, avec une hausse de la technicité et une augmentation de la puissance de calcul permettant ces attaques. » Une expérience qu’il met désormais au profit de la plateforme Cybermalveillance.

Les cinq mois de l’expérimentation dans les Hauts-de-France ont d’ailleurs été fructueux. 1120 prestataires de proximité sont désormais sélectionnés. Et les premières utilisations de la plateforme permettent de mieux comprendre les victimes d’actes de cybercriminalité. 83% des incidents déclarés sont relatifs à des virus, tandis que la moitié des incidents déclarés par des particuliers renvoient eux à la question des rançongiciels. Des statistiques indispensables aux services pour mieux prévenir et contrer cette nouvelle menace.

Gabriel THIERRY.

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