dimanche 27 septembre 2020
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Les sections de recherches de Bretagne et Nantes, aidées par les polices allemandes et roumaines, viennent de viser un réseau soupçonné de traite d'êtres humains (Crédit photo: DR).
Les sections de recherches de Bretagne et Nantes, aidées par les polices allemandes et roumaines, viennent de viser un réseau soupçonné de traite d'êtres humains (Crédit photo: DR).

Démantèlement d’un réseau de proxénètes dans le Val-d’Oise

Un réseau très structuré de proxénètes vient de tomber dans le Val-d’Oise. Sept de ses membres, qui prostituaient depuis deux ans des dizaines de jeunes femmes défavorisées, dorment en effet aujourd’hui en prison.

Avril 2019. Les gendarmes du Val-d’Oise ont vent de l’existence d’un réseau de prostitution dans le secteur de Beaumont-sur-Oise depuis 2018. Après plusieurs semaines d’investigations, la brigade de recherches (BR) de la compagnie de l’Isle-Adam confirme l’activité d’un réseau de proxénétisme d’ampleur nationale. Le groupement du Val-d’Oise et l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) sont alors co-saisis.

Lire aussi: Les sections de recherches de Bretagne et de Nantes font tomber un réseau de prostitution

L’enquête révèle que le réseau a pris naissance à Persan et Beaumont-sur-Oise. Tout en gardant une base arrière active dans le Val-d’Oise, il s’étend ensuite à la région parisienne. Puis à Tours, Bordeaux et Strasbourg. Les proxénètes agissent sur des périodes courtes pour ne pas attirer l’attention.

Proxénètes, logisticiens et hommes de main

Le mardi 4 février 2020, sous l’autorité d’une juge d’instruction du tribunal judiciaire de Pontoise, une opération mobilise une centaine de gendarmes et 18 enquêteurs de l’OCRTEH. Elle se solde par l’interpellation de 11 hommes et l’identification de 45 prostituées, dont certaines mineures. Les 11 hommes interpellés, issus de la région parisienne, âgés de 24 à 39 ans, sont déjà connus de la justice. Sept personnes du réseau sont alors mises en examen et placées en détention provisoire et trois sous contrôle judiciaire.

Les perquisitions permettent de saisir armes de poing, numéraire, de nombreux téléphones et produits stupéfiants.

Les neuf mois d’enquête ont donc permis d’identifier un réseau très structuré. Les quatre têtes de réseau ont mis à profit le savoir-faire acquis dans d’autres trafics pour évoluer vers le proxénétisme à grande échelle. Sous leurs ordres, d’autres hommes assurent la logistique: gestion des annonces sur des sites spécialisés dans le commerce du sexe; rotation permanente des lieux de passe (locations Airbnb, hôtels bas de gamme); transport et ravitaillement en nourriture et en produits stupéfiants des prostituées.

Des hommes de main assurent la sécurité des passes et leur surveillance, exerçant aussi des violences contre des prostituées. 6 à 10 clients par jour par prostituée, prix moyen d’une  passe de 100 euros, et jusqu’à 25 femmes prostituées simultanément: le volume financier généré dépasse plusieurs centaines de milliers d’euros.

Jeunes femmes en rupture

L’enquête a par ailleurs permis d’établir un profil commun à l’ensemble des prostituées: vulnérables psychologiquement, âgées de 17 à 22 ans, déscolarisées ou sans diplôme, en rupture familiale et sociale, et principalement issues de quartiers défavorisés de la région parisienne. Marchandises pour leur proxénète, elles pouvaient même être vendues à un autre proxénète pour 1.500 euros. Le mode de recrutement était bien rôdé: les jeunes filles se recrutaient entre elles sur les forums. Pour le quitter, elles devaient impérativement trouver une remplaçante.

PMG

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