lundi 28 septembre 2020
Accueil / A la Une / Notre-Dame-des-Landes : les gendarmes se préparent à toutes les hypothèses (infographie)
Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Crédit photo: Vinci Airports).
Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Crédit photo: Vinci Airports).

Notre-Dame-des-Landes : les gendarmes se préparent à toutes les hypothèses (infographie)

Les gendarmes vont-ils faire leur retour sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes ? Ce mercredi 13 décembre, les médiateurs nommés par le gouvernement vont rendre leur copie sur ce projet controversé d’aéroport en Loire-Atlantique. Selon l’AFP, ce rapport ne devrait pas donner “de recommandation nette entre l’optimisation de Nantes-Atlantique, au sud de l’agglomération, ou son déménagement à Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord. Chaque terme sera particulièrement scruté”.

Lire aussi sur L’Essor : ND-des-Landes : pour l’exécutif, l’heure de la décision a sonné

La ZAD, en 2012 (Crédit photo Non à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes).
La ZAD, en 2012 (Crédit photo Non à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes).

Pour les gendarmes, il y a trois options sur la table. Premièrement, le statut quo : rien ne bouge. Deuxièmement, une autorisation de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et une évacuation de la ZAD, la “zone à défendre” des opposants où s’est créée une nouvelle société avec différentes activités : culture de légumes, apiculture et même une boulangerie. Troisièmement, un feu rouge sur ce projet et une évacuation de la zone où résident les opposants. Trois options sensiblement différentes : la seconde s’annonce sous très haute tension, tandis que la troisième pourrait, elle, être moins conflictuelle.

La Gendarmerie se prépare

Pour le moment, rien n’est donc fixé. Mais la Gendarmerie se prépare à une éventuelle demande de l’exécutif. “Nos plans sont en constante évolution”, explique un haut gradé à L’Essor. Dans tous les cas, la Gendarmerie va mobiliser toute sa panoplie de ses moyens : escadrons de gendarmerie mobile, matériels (hélicoptères, drones, véhicules blindés).

Ce serait alors une opération de grande envergure. On parle dans les rangs, en cas d’expulsion pour construire l’aéroport, de la mobilisation de plusieurs dizaines d‘escadrons de gendarmes mobiles, de 2.000 à 3.000 hommes, selon les chiffres communiqués par des sources internes à L’Essor. Sans compter des compagnies de CRS, éventuellement appelées à sécuriser des villes proches de Nantes et Rennes, et des spécialistes de police judiciaire, pour constater d’éventuelles infractions. L’emprunt à l’armée de Terre de moyens matériels lourds, de type engins du génie, poids-lourds, ou hélicoptères,  n’est pas exclu.


Afficher une carte plus grande

La tâche s’annonce délicate. Depuis près de huit ans, les gendarmes font face à un mouvement hétéroclite. Ce sont des agriculteurs, des élus de tendance écologiste, et bien sûr, les plus médiatisés, les “zadistes”, ces opposants issus de l’ultra-gauche qui n’hésitent pas à faire le coup de poing. Pour les gendarmes, ces derniers ont mis en place “un système militaire de défense et de combat” dans la zone. “Le noyau dur des zadistes constitue une vraie menace car ils ont des armes et des explosifs et la volonté de tuer”, observe un haut responsable du ministère de l’Intérieur.

Une opération à risques

Illustration (MG/L’Essor).

La principale inquiétude des gendarmes, c’est le risque de morts et de nombreux blessés de part et d’autre. “La difficulté, c’est que nous allons faire face à deux types d’opposants très différents : les premiers, pacifistes, qui veulent protéger la nature, et les seconds, issus de l’ultra-gauche, qui veulent en découdre”, analyse un cadre de gendarmerie mobile.

L’heure tourne pour une opération de rétablissement de l’ordre. Car celle-ci sera nécessairement très gourmande en effectifs. “Il suffit qu’il y ait une poussée de fièvre quelque part en France pour que les effectifs s’envolent et ne soient plus disponibles”, souligne le général (2S) Bertrand Soubelet, ancien directeur des opérations et de l’emploi. Un des scénarios d’intervention prévoit une évacuation pour le mois de janvier. Les dossiers chauds ne manquent pas pour les gendarmes, tels que la construction contestée du site d’enfouissement nucléaire de Bure et le référendum à venir en Nouvelle-Calédonie. Sans compter les événements imprévus, tels qu’un attentat de masse ou une catastrophe majeure. Le timing s’annonce donc très serré.

Pierre-Marie Giraud et Gabriel Thierry

Retrouvez ci dessous une frise chronologique rappelant les neuf dates clés du maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes:

Crowdfunding campaign banner

6 Commentaires

  1. SAMSON Roland

    Une solution simple ayant l’avantage d’éviter des dégâts collatéraux pourrait être de remplir les réservoirs de deux ou trois bombardiers d’eau avec du lisier qui ne manque pas en Bretagne et ensuite de bombarder les Zadistes.

  2. RIGAILL

    Puisque des actes de violence extrême sont attendus pourquoi le GIGN et ses tireurs d’élite ne sont t-ils pas envisagés? Pas une seule du sang de nos collègues ne doit être versée!

  3. O'Roch

    Ils sont plus que paranos et inversent les roles les pandores. Jusqu’à preuve du contraire, lors des mouvements sociaux ou ecologistes ce sont eux qui ont tué et pas les défenseurs des terres ou des droits
    Pas ailleurs, quelque chose m’échappe. On est en train de découvrir que le contrat signé sous Sarkozy avec Vinci comporte des clauses abusives (les mêmes dans tous les contrats “PPP”) qui spolient la collectivité au profit des multinationales. Ici, une poignée de résistants preservent les intérêts du contribuable et ce sont eux qui sont criminalisés.
    Laissons ce territoire vivre à son rythme, des choses nouvelles s’y developpent. Jusqu’à l’opération César pilotée par Valls et Ayrault ( qu’on n’entend d’ailleurs jamais sur les sujets “sociaux” -ce qui explique la mue du PS en LREM), les occupants du site ne faisaient chier que Vinci … dont le contrat est verolé a la base.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *