mardi 16 juillet 2019
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Jean-Dominique Nollet, le chef du C3N (Crédit photo: GT/L'Essor).
Jean-Dominique Nollet, le chef du C3N (Crédit photo: GT/L'Essor).

Cybercriminalité: un quart d’affaires en plus pour le C3N

Un quart d’affaires en plus. En 2018, le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la Gendarmerie n’a pas chômé. Le troisième rapport de la délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces, publié ce mardi 9 juillet, permet de tirer le bilan pour 2018 de cette unité de pointe de l’Arme.

Les geeks de la Gendarmerie ont ainsi suivi 160 enquêtes en 2018, contre 127 affaires ouvertes en 2017. Un travail judiciaire qui a permis l’identification de 156 suspects. Le C3N a également réalisé 43 missions d’appui judiciaire, 55 environnements numériques et 184 rapprochements judiciaires. Au titre de son animation du réseau Cybergend, l’unité a enfin, à près de 2.600 reprises, assisté des enquêteurs spécialisés de l’Arme.

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58 moneros pour le C3N

La casquette du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L'Essor).
La casquette du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L’Essor).

Les gendarmes du C3N ont par exemple été mobilisés sur une attaque informatique liée au logiciel de minage cryptomonnaie Monero. L’enquête, débutée à la fin de l’année 2017, a mis au jour le piratage de serveurs utilisés par l’Etat à des fins de production de cette cryptomonnaie.

Les 58 moneros saisis – soit au cours actuel, plus de 5.000 euros – seront attribués au C3N au titre des biens non réclamés. Une prise de guerre qui correspond à l’un des domaines d’excellence des cybergendarmes. Le service de renseignement de Bercy, Tracfin, avait ainsi annoncé vouloir travailler avec les douanes et le C3N, les deux “services d’enquête en pointe sur le sujet” des cryptoactifs.

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Autre affaire qui a mobilisé les cybergendarmes: la vente d’identifiants (mails, pseudos ou mots de passe) de messageries, comptes clients ou cartes bancaires par l’administrateur du site Wolfshop. Interpellé en juillet 2018 dans les Hauts-de-France, ce site du darkwek aujourd’hui fermé comptait près de 2.800 clients. Deux dossiers, déjà évoqués dans nos colonnes –l’arrestation d’un vendeur de logiciels espions et une escroquerie au faux support technique– ont également marqué l’année 2018.

Près de 68.000 plaintes

Un gendarme du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L'Essor).
Photo d’illustration (Crédit photo: GT/L’Essor).

Comme l’an passé, les gendarmes ont été actifs sur le front du typo-squatting. Cette fois-ci, c’est la Gendarmerie qui était directement visée avec deux noms de domaine. Ces derniers, gendarmerie-gouv.fr et gendarmerie-interieur-gouv.fr, pouvaient induire en erreur des internautes: l’adresse du site officiel de l’Arme compte des points séparateurs et non des tirets.

En tout, la Gendarmerie a compté en 2018 67.890 plaintes pour des cyberinfractions, soit une hausse de 7%. Une augmentation “plus modérée” qu’en 2017, note le ministère de l’Intérieur, qui avait alors enregistré une hausse de 32%. Près du trois quart des cyberinfractions relevées en 2018 sont des escroqueries. Enfin, la Gendarmerie a traité 246 plaintes suite à des ordinateurs infectés par un rançongiciel.

Gabriel Thierry

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