lundi 21 septembre 2020
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Photo d'illustration (Crédit photo: Pixnio).
Photo d'illustration (Crédit photo: Pixnio).

Cybercriminalité: les nudes, ces atteintes à l’intimité qui inquiètent les gendarmes

Les spécialistes de la prévention juvénile s’alarment du phénomène des nudes chez les adolescents. Le principe? Un jeune peu conscient du danger envoie à un autre ses selfies dans le plus simple appareil. Mais l’indélicat les partage ensuite avec d’autres, parfois sur les réseaux sociaux. Parfois baptisée revenge porn ou pornodivulgation, la pratique est, de toute façon, illégale

Les gendarmes observent malheureusement de plus en plus ces atteintes à l’intimité. “C’est un fléau”, estime ainsi l’adjudante-cheffe Jessica Dubois. “C’est par exemple une jeune femme qui envoie des photos dénudées à son petit ami du moment, poursuit la commandante de la brigade de prévention de la délinquance juvénile des Yvelines. Ces photos vont ensuite faire le tour de la classe.”

Bien souvent, les auteurs déclareront avoir partagé les photos “pour rire” ou “sans penser aux conséquences”. Pourtant, les auteurs d’une pornodivulgation, quand elle porte sur des paroles ou images présentant un caractère sexuel, risquent une peine de deux ans d’emprisonnement et de 60.000 euros d’amende. Pour les victimes, elle prend souvent la forme d’une campagne de harcèlement et d’humiliation terrorisante.

Lire aussi: Comment les gendarmes font face à une cybercriminalité toujours plus massive

“Ma fille est détruite”

Exemple avec ce témoignage relayé il y a presque un an par nos confrères de 76actu. La publication de photos dénudées d’une adolescente de 15 ans a brisé la quiétude d’une famille normande. Aux premières photos diffusées sur le réseau social Snapchat, ont succédé des fake, des fausses images. Résultat ? “Ma fille est détruite”, s’indignait son père. “Elle ne voulait plus aller à l’école, cela a tourné dans tout le lycée”, poursuivait sa mère.

Un dangereux phénomène également observé par Emmanuel, enquêteur N-Tech en Haute-Normandie. “Le plus souvent, c’est la victime qui diffuse la photo. Elle oublie parfois par exemple que certains groupes sur WhatsApp sont publics”, note-t-il. D’autres victimes pensent à tort être protégées par la destruction automatique des contenus sur le réseau social Snapchat. “De nombreux utilisateurs font des captures d’écran”, avertit-il, permettant ainsi une diffusion ultérieure d’une photo intime.

Programme de sensibilisation

Dans les Yvelines, les gendarmes de la brigade de prévention de la délinquance juvénile ont justement imaginé un programme de sensibilisation pour contrer le dangereux phénomène des nudes. En complément du permis internet pour les écoliers du primaire, ils ont mis sur pied, avec l’aide de l’association e-enfance, un parcours ludique accessible sur tablette à destination des collégiens. En deux heures, les adolescents, rassemblés par groupes de trois, explorent des modules interactifs centrés sur la protection des données, le cyberharcèlement ou les fake news. “Le collégien est placé en situation d’immersion : il sera à la fois en situation de témoin, auteur et victime”, précise Jessica Dubois.

Une initiative, dénommée Protect (Programme territorial éducation à la cyber-tranquillité), bienvenue. Car le pire est peut-être à venir avec l’émergence de nouveaux logiciels permettant de truquer facilement vidéos et photos. “Même avec des bases de cybersécurité, des jeunes peuvent être victimes”, s’inquiète Marie-Dominique Calvez. Cette spécialiste est réserviste à la cellule de coordination des cybermenaces en région Occitanie. Elle est également chef de projet dans une association de prévention dans la cybersécurité, Wocsa.

Lancée il y a deux ans, l’innovation des gendarmes des Yvelines pourrait bien faire aujourd’hui école. La direction générale étudie en effet son déploiement au niveau national. Le projet a été ainsi évoqué, au titre des bonnes idées pour lutter contre les violences familiales, lors du dernier séminaire des gendarmes consacré à la déclinaison dans l’Arme du Grenelle des violences conjugales. Affaire à suivre.

Gabriel Thierry.

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2 Commentaires

  1. francois

    C’est flagrant, le nombre de followers du profil @Claire Castel sur Twitter qui raffolent des nudes quotidiens d’autres profils Twitter. Sachant que @Claire Castel diffuse des photos de mineurs non consentants et non prévenus de la diffusion des photos sur son compte et son site personnel. Cela vaut une enquête par les services appropriés. C’est l’anarchie sexuelle, tout est permis dans l’exhibition.

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