jeudi 1 octobre 2020
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Une souscription pour publier le récit de son grand-père gendarme durant la guerre d’Indochine

Un journal de guerre rédigé quotidiennement durant la guerre d’Indochine (1946-1954) et plus de 400 photos minutieusement légendées : c’est le précieux témoignage que Sébastien Noguera, a hérité de son grand-père gendarme. Ce designer graphiste fait appel au « crowdfunding » (financement participatif) pour financer la publication de ce récit.

 

« Depuis tout petit, il me racontait des histoires de cette guerre d’Indochine , raconte Sébastien Noguera.  Il y a quelques années, Bernard Crombèke, son grand-père gendarme – décédé en 2015 à l’âge de 90 ans –  lui a laissé ses archives : un carnet de guerre rédigé quotidiennement de janvier 1949 à mars 1951 et plus de 400 clichés datés et légendés. Dans la famille, poursuit Sébastien Noguera, j’étais un des seuls à m’intéresser à cette guerre et presque personne n’était au courant qu’il avait tenu un carnet ».

Le recours au crowdfounding

Avec pour objectif de faire revivre l’un des rares témoignages de gendarmes sur cette période, ce fils et petit-fils de gendarme vient de lancer un projet de financement participatif sur la plateforme « Kisskissbankbank ». Le but est de parvenir, en l’espace de 40 jours, à rassembler entre 20.000 et 30.000 euros afin de pouvoir transcrire, maquette, publier et diffuser un livre témoignage reprenant le récit de Bernard Crombèke.

Ce type de financement repose sur les dons des internautes. En l’occurence, Sébastien Noguera offre des contreparties en fonction du montant du don consenti : cartes postales, affiches, livre dédicacé, … Mais pour cela, la condition à remplir est d’atteindre 20.000 euros de dons minimum, de manière à faire aboutir le projet.

Une récit alimenté quotidiennement

Bernard Crombèke est né le 6 février 1925 à Tatinghem, dans le Nord-Pas-de-Calais. Il devient gendarme en 1945. Quand il quitte Marseille pour l’Indochine, le 31 janvier 1949, il a 23 ans. Comme des milliers d’autres jeunes gens de son âge, il doit partir au front rejoindre les forces françaises en conflit avec le Viêt Minh depuis deux ans et demi. « Dans son carnet, on retrouve toutes les étapes de son trajet du port de  Marseille jusqu’à Saïgon, à bord du Pasteur, le paquebot qui les a amenés jusque là-bas », souligne Sébastien Noguera.

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Son grand-père appartient alors à la 3e Légion de marche de la Garde républicaine, qui est en garnison à Bentré, dans le Sud de l’Indochine. Chauffeur, il effectue « énormément de trajets » à bord d’un Dodge 6×6 et rencontre, à l’époque, des personnalités comme le général de Lattre de Tassigy, commandant en chef du Corps expéditionnaire français en extrême-orient (CEFEO) de décembre 1950 à janvier 1952.

« Il a tout gardé, affirme Sébastien Noguera. Il a conservé plus de 400 photos, on y voit le quotidien des habitants, la vie des commerces, les localités traversées ».

A plusieurs reprises, Bernard Crombèke frôle la mort. « Une fois, il reçoit une grenade dans le dos. Une autre fois, il traverse en camion un pont de fortune et celui-ci s’écroule juste après le passage du camion qui le suivait », relate le petit-fils du gendarme.

Il revient en métropole en 1951. « Durant tout son voyage du retour, il explique qu’il est content de rentrer chez lui. Mais quelle déception une fois arrivé sur le port de Marseille ! », mentionne Sébastien Noguera. En effet, personne n’attend le gendarme et les autres militaires, aucun officiel ne fait le déplacement. Le récit s’arrête sur un « bon steak » pris dans la brasserie d’à côté et le retour en train vers la caserne.

Si le projet de financement participatif fonctionne à hauteur du montant attendu, le livre devrait sortir en mai 2017. Sébastien Noguera envisage également la réalisation d’un web-documentaire pour donner du relief et de l’interactivité au récit de son grand-père.

Nathalie DELEAU 

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Un commentaire

  1. senechal

    J ai une grande admiration pour ces gens qui ont participe a la guerre d Indochine malgré l opposition destructrice de certains partis politiques qui sonr responsables de la mort de certain des combattants. les gouvernements n ont pas soutenus leur effort surhumain . Ce sont des braves entre les braves et j en profite pour saluer le general Bigeard acteur de ce drame.

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