L'Essor

Contaminés par le Covid-19, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir

Contaminés, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Photo d'illustration (Pixabay)

Contaminés, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Photo d'illustration (Pixabay)

Contaminés par le Covid-19, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Le premier a été touché par la maladie il y a quinze jours, la seconde il y a un mois. Deux témoignages forts.

A sa demande, nous ne donnerons ni son nom, ni son âge, ni son grade, ni son affectation. Confiné chez lui dès les premiers symptômes du virus , il sort pour la première fois ce jeudi. Guéri, il raconte à L’Essor ces deux semaines de maladie, alors que la Gendarmerie vient d’ enregistrer un premier décès dans ses rangs du au Covid-19. Celui d’un maréchal des logis-chef de 51 ans, père de trois enfants. Ce sous-officier est décédé mercredi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), l’une des plus grandes casernes de gendarmerie de France. Dans l’Hexagone, le coronavirus a déjà tué plus de 1.100 personnes.

Lire aussi: Un gendarme décède des suites du coronavirus Covid-19

Perte du goût et de l’odorat

Photo d’illustration. Crédit photo: SNCF / © Philippe Fraysseix.

Je suis en très bonne santé et sportif”, assure le gendarme rescapé du virus. “Je pense avoir contracté le Covid-19 dans les transports en commun au tout début de la semaine du lundi 9 mars“. En trois ou quatre jours, il ressent “très vite des très importantes courbatures, de très grosses céphalées, des montées en température jusqu’à plus de 40° et la perte du goût et de l’odorat“. Au sixième et septième jours, “viennent de très grosses quintes de toux avec une gêne respiratoire”.

Dès le début, le médecin lui conseille de se claquemurer seul dans une chambre. Sa femme et ses trois enfants sont là également dans l’appartement. Il porte un masque en permanence et prend ses repas seul. Il observe scrupuleusement les gestes barrières ainsi que toute la famille. Le médecin lui prescrit du paracétamol. “Le Covid-19, ce n’est pas une grippette mais bien une grippe à la puissance 10. J’étais très faible et pas capable de la moindre activité”, ajoute-t-il. “Je n’ai jamais été aussi malade de toute ma vie”.

Le 13e jour, “l’amélioration a été très nette“. Ce gendarme retrouve le goût – “l’odorat va revenir”-  et ne souffre plus de céphalées. De brèves quintes de toux hachent encore ses propos. Il pense reprendre son poste dans quelques jours. Mais il tient à insister: “Pour lutter contre l’épidémie, il faut respecter les consignes de confinement et limiter au maximum ses mouvements à l’extérieur”.

Contaminés, ce gendarme et cette civile appellent à rester chez soi

L’entrée du site de Maisons-Alfort (Capture d’écran Google Maps).

Restez chez vous !“, enjoint-il à chacun. Un conseil impératif relayé aussi depuis le Loir-et-Cher à deux heures de route de Paris. “Car tout le monde peut attraper ce virus”, résume Claire-Lise Heid, 58 ans, infectée par le Covid-19 et guérie. Cette femme dynamique occupe le poste de secrétaire gérante du Club des sports et des loisirs à la caserne de Maisons-Alfort. C’est l’endroit du décès mercredi du sous-officier de Gendarmerie. “J’ai sans doute due être contaminée le 24 février”, dit-elle à L’Essor. A la caserne, lors d’une répétition de la chorale. Ou dans le train puisqu’elle effectue des allers-retours réguliers entre Maisons-Alfort et son domicile dans le Loir-et-Cher.

Trois jours plus tard, voilà les premiers symptômes. “J’étais frigorifiée, avec des courbatures dans les jambes et un peu de fièvre“, se souvient-elle. Soignée actuellement pour un cancer du sein, elle “s’inquiète” et reste confinée chez elle dans le Loir-et-Cher. Le 5 mars, Claire-Lise Heid appelle le Samu car elle se sent un “peu fébrile“. Le lendemain, elle est détectée positive au Covid-19 et hospitalisée à Orléans. Sa température montera jusqu’à 39,5°. Les médecins lui donnent un “peu d’oxygène”. Elle sort finalement guérie de l’hôpital le 18 mars.

J’ai eu très peur parce que les médecins ont du suspendre mon traitement pour mon cancer du sein“. Ils reprendront début avril. “Les autorités sanitaires et le gouvernement ont pris les mesures de lutte contre le coronavirus avec du retard“, assure cette dame. Elle insiste: “On ne risque pas rien avec le Covid-19. Chacun peut l’attraper et le transmettre”. Elle déplore “l’inconscience de ceux qui veulent sortir à tout prix sans respecter les règles de confinement”.

Pierre-Marie Giraud