mardi 1 décembre 2020
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Contaminés, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Photo d'illustration (Pixabay)
Contaminés, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Photo d'illustration (Pixabay)

Contaminés par le Covid-19, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir

Contaminés par le Covid-19, un gendarme et une civile racontent leur combat pour guérir. Le premier a été touché par la maladie il y a quinze jours, la seconde il y a un mois. Deux témoignages forts.

A sa demande, nous ne donnerons ni son nom, ni son âge, ni son grade, ni son affectation. Confiné chez lui dès les premiers symptômes du virus , il sort pour la première fois ce jeudi. Guéri, il raconte à L’Essor ces deux semaines de maladie, alors que la Gendarmerie vient d’ enregistrer un premier décès dans ses rangs du au Covid-19. Celui d’un maréchal des logis-chef de 51 ans, père de trois enfants. Ce sous-officier est décédé mercredi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), l’une des plus grandes casernes de gendarmerie de France. Dans l’Hexagone, le coronavirus a déjà tué plus de 1.100 personnes.

Lire aussi: Un gendarme décède des suites du coronavirus Covid-19

Perte du goût et de l’odorat

Photo d'illustration : des usagers des transports en région Île-de-France. Crédit photo: SNCF / © Philippe Fraysseix.
Photo d’illustration. Crédit photo: SNCF / © Philippe Fraysseix.

Je suis en très bonne santé et sportif”, assure le gendarme rescapé du virus. “Je pense avoir contracté le Covid-19 dans les transports en commun au tout début de la semaine du lundi 9 mars“. En trois ou quatre jours, il ressent “très vite des très importantes courbatures, de très grosses céphalées, des montées en température jusqu’à plus de 40° et la perte du goût et de l’odorat“. Au sixième et septième jours, “viennent de très grosses quintes de toux avec une gêne respiratoire”.

Dès le début, le médecin lui conseille de se claquemurer seul dans une chambre. Sa femme et ses trois enfants sont là également dans l’appartement. Il porte un masque en permanence et prend ses repas seul. Il observe scrupuleusement les gestes barrières ainsi que toute la famille. Le médecin lui prescrit du paracétamol. “Le Covid-19, ce n’est pas une grippette mais bien une grippe à la puissance 10. J’étais très faible et pas capable de la moindre activité”, ajoute-t-il. “Je n’ai jamais été aussi malade de toute ma vie”.

Le 13e jour, “l’amélioration a été très nette“. Ce gendarme retrouve le goût – “l’odorat va revenir”-  et ne souffre plus de céphalées. De brèves quintes de toux hachent encore ses propos. Il pense reprendre son poste dans quelques jours. Mais il tient à insister: “Pour lutter contre l’épidémie, il faut respecter les consignes de confinement et limiter au maximum ses mouvements à l’extérieur”.

Contaminés, ce gendarme et cette civile appellent à rester chez soi

L'entrée du site de Maisons-Alfort (Capture d'écran Google Maps).
L’entrée du site de Maisons-Alfort (Capture d’écran Google Maps).

Restez chez vous !“, enjoint-il à chacun. Un conseil impératif relayé aussi depuis le Loir-et-Cher à deux heures de route de Paris. “Car tout le monde peut attraper ce virus”, résume Claire-Lise Heid, 58 ans, infectée par le Covid-19 et guérie. Cette femme dynamique occupe le poste de secrétaire gérante du Club des sports et des loisirs à la caserne de Maisons-Alfort. C’est l’endroit du décès mercredi du sous-officier de Gendarmerie. “J’ai sans doute due être contaminée le 24 février”, dit-elle à L’Essor. A la caserne, lors d’une répétition de la chorale. Ou dans le train puisqu’elle effectue des allers-retours réguliers entre Maisons-Alfort et son domicile dans le Loir-et-Cher.

Trois jours plus tard, voilà les premiers symptômes. “J’étais frigorifiée, avec des courbatures dans les jambes et un peu de fièvre“, se souvient-elle. Soignée actuellement pour un cancer du sein, elle “s’inquiète” et reste confinée chez elle dans le Loir-et-Cher. Le 5 mars, Claire-Lise Heid appelle le Samu car elle se sent un “peu fébrile“. Le lendemain, elle est détectée positive au Covid-19 et hospitalisée à Orléans. Sa température montera jusqu’à 39,5°. Les médecins lui donnent un “peu d’oxygène”. Elle sort finalement guérie de l’hôpital le 18 mars.

J’ai eu très peur parce que les médecins ont du suspendre mon traitement pour mon cancer du sein“. Ils reprendront début avril. “Les autorités sanitaires et le gouvernement ont pris les mesures de lutte contre le coronavirus avec du retard“, assure cette dame. Elle insiste: “On ne risque pas rien avec le Covid-19. Chacun peut l’attraper et le transmettre”. Elle déplore “l’inconscience de ceux qui veulent sortir à tout prix sans respecter les règles de confinement”.

Pierre-Marie Giraud 

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6 Commentaires

  1. Fred

    Cette impuissance de l’Etat est voulue et purement idéologique. On sacrifie la santé de la population française au nom de l’ultralibéralisme. Des procédures sont en cours:
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/25/coronavirus-le-sommet-de-l-etat-redoute-de-devoir-rendre-des-comptes_6034430_823448.html

  2. BRETON mAURICE

    Retraité, je béni toutes ces personnes qui mettent en jeu leur santé pour nous protéger. Une partie de nos gouvernants on failli dans leurs obligations de protection pour des motifs inavouables ou par incompétence.

    A vous tous, de fond de mon cœur, merci.

  3. Pascal

    A la suite de l’épidémie de paludisme qui mit hors de combat 60 000 hommes de l’Armée d’Orient en 1916 sur le front de Salonique, les services sanitaires de l’armée française traitèrent plusieurs centaines de milliers d’hommes avec de la quinine ( la chloroquine est une quinine réalisée par synthèse chimique).
    Le paludisme fut vaincu, sans doute la plus belle victoire de cette période, car elle ne fit que sauver des vies.

    Un siècle plus tard, la quinine est décriée, au nom de quels intérêts ?

  4. Paul Bismuth

    Sans surprise, il y des décès et un nombre de contaminations élevé dans l’Arme vu l’absence de protections:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/04/26/473-gendarmes-testes-positifs-au-coronavirus-21103.html

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