lundi 23 novembre 2020
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Un réserviste en mission de sécurisation pour la Toussaint, dans l'Orne (Crédit photo: compte twitter de la Gendarmerie de l'Orne).

Confinement, terrorisme: comment la Gendarmerie s’appuie sur ses réservistes

Ils sont près de 6.000 réservistes par jour sur le terrain. Une mobilisation inédite depuis l’attentat de Nice de juillet 2016.

Les réserves de la Gendarmerie sont en première ligne dans la double crise en cours, sanitaire et terroriste. Au total, l’Arme emploie 6.000 gendarmes réservistes par jour. Soit les 2.500 habituellement employés, et le renfort des 3.500 annoncé vendredi par Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur.

Un message du directeur général

Une mobilisation exceptionnelle soulignée par le patron des gendarmes, Christian Rodriguez, dans un message adressé vendredi aux gendarmes. L’intervention du directeur général faisait suite à une réunion par visioconférence avec les groupements, la chaîne de la concertation et les syndicats des personnels civils.

“La première priorité est de maintenir un niveau de vigilance maximale face à la menace terroriste et de se préparer à tout événement de haute intensité, a expliqué dans ce message le général d’armée Christian Rodriguez. La deuxième priorité, c’est l’accompagnement de la population pour la protéger du virus dans le cadre de cette période de crise sanitaire fragilisante.” Et de donner un conseil de prévention à ses troupes: “Prenez soin de vous et de vos proches, c’est essentiel”. L’Ame doit en effet de manière impérative préserver sa capacité opérationnelle. 

Les réservistes à disposition des préfets

Sur le terrain, les 3.500 réservistes supplémentaires vont effectuer des missions de surveillance. Concrètement, celles-ci peuvent prendre la forme de postes fixes. Mais également de rondes autour d’objectifs à sécuriser, tels que des écoles, des lieux de culte ou autres points sensibles.

Ces réservistes sont mis à disposition des préfets. Ils peuvent donc venir en renfort des groupements de Gendarmerie, mais également de la Police nationale. Certes, des patrouilles de gendarmes en zone Police, ce n’est pas inédit. En Île-de-France, notamment, les réservistes participent à la sécurisation des transports en commun depuis 2019. La Garde républicaine organise également des patrouilles pédestres rassemblant réservistes et gardes à Paris. Mais cela reste assez rare. Ce qui donne la mesure de la crise actuelle. “C’est une situation exceptionnelle”, rappelle-t-on à la direction générale.

Lire aussi: Covid-19: le “maximum” de gendarmes mobilisés

Dans un message sur le réseau internet Minotaur, le général de division Olivier Kim a rappelé aux réservistes l’importance des missions en cours. “La France est confrontée a une situation exceptionnelle : attentats terroristes conjugués à la résurgence de la crise épidémique. La mise en place du plan Vigipirate Urgence-attentat et la conjonction inédite des crises nécessitent que les unités d’actives de la gendarmerie soient renforcées et appuyées dans leurs missions. Je vous demande donc de bien vouloir fournir un effort significatif de disponibilité”, indique le commandant des réserves de l’Arme.

Changement de stratégie

Pour ce deuxième confinement, et face à une menace terroriste accrue, la Gendarmerie a changé de stratégie pour ses réserves. Pour le premier confinement, elle avait en effet limité leur emploi. Face à une crise qui s’annonçait longue, le commandement avait en effet décidé de garder les réservistes… en réserve. Le commandement s’était tout de même appuyé sur eux pour des missions ponctuelles, comme la sécurisation de la réouverture des bureaux de poste, début avril.

Lire aussi: Pourquoi la Gendarmerie ne fait pas (encore) appel à ses réservistes face au coronavirus

La mobilisation actuelle des réservistes s’explique bien évidemment par l’ampleur de la crise. Mais également pour des raisons financières. Les groupements ont en effet été invités à consommer leurs crédits budgétaires pour la réserve, dont le budget annuel se monte à 70 millions d’euros. Un effort bienvenu qui s’explique par deux raisons principales, selon une source bien informée. D’une part, le premier confinement a permis de faire une sorte de pause dans les dépenses de personnels de réservistes. D’autre part, le directeur général a rebasculé une importante enveloppe dédiée aux missions à l’international vers les missions sur le territoire national.

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Un commentaire

  1. rebillard

    quand on intercepte un véhicule on ne doit pas se positionner sur la chaussée

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