samedi 6 juin 2020
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Le général d'armée Christian Rodriguez (Capture d'écran Linkedin).
Le général d'armée Christian Rodriguez (Capture d'écran Linkedin).

Confinement: l’avertissement de Christian Rodriguez aux gendarmes

Le patron des gendarmes Christian Rodriguez vient de mettre les points sur les “i”. Dans un message publié dimanche 22 mars sur l’intranet des gendarmes, il revient sur le confinement. Un avertissement qui intervient après l’audioconférence menée avec les cadres vendredi.

Le directeur général de la Gendarmerie nationale, Christian Rodriguez, passe en revue les troupes à l'occasion de la cérémonie nationale d'hommage aux morts de l'Arme. (Photo: L.PICARD/L'ESSOR)
Le directeur général de la Gendarmerie nationale, Christian Rodriguez (Photo: L.PICARD/L’ESSOR)

L’objet de cette clarification? Le lieu de confinement des militaires. C’est la mesure phare du gouvernement pour faire face à la propagation du coronavirus covid-19. Le général d’armée Christian Rodriguez a logiquement appelé vendredi les gendarmes à rester dans leurs logements quand ils sont en repos ou en quartier libre. Seules exceptions à cette règle, les motifs impérieux, comme la garde alternée. Or, et c’est une particularité des gendarmes, leur domicile est le logement concédé par nécessité absolue de service. En clair, c’est leur logement de fonction, c’est-à-dire la caserne.

Lire aussi: Confinement: les coups de gueule des gendarmes

Le rappel de Christian Rodriguez a aussitôt fait tousser dans les rangs. Car de nombreux militaires ont un second logement. Ces derniers n’ont parfois “rien conservé dans leur logement de fonction, ni micro-ondes ni canapé”, signale à L’Essor un gendarme de l’association Eunomie. Même émoi du côté de GendXXI. L’association professionnelle nationale militaire a appelé à une clarification.

“Les directives prises ne doivent pas porter atteinte inutilement à la capacité des militaires à trouver des temps de pause indispensables pour se ressourcer en famille, écrit-elle sur son site internet. Si l’on peut comprendre qu’un gendarme disposant d’un logement familial (double résidence) trop éloigné de la caserne ne peut raisonnablement le rejoindre, nombreux sont ceux dont la proximité est compatible avec les restrictions actuelles.”

Christian Rodriguez: “En conscience et en responsabilité”

Le questionnement a visiblement été si fort qu’il a fallu que le patron des gendarmes en personne poste ce rappel sur l’intranet des militaires. Dans ce message, le général d’armée fait de la pédagogie sur les différences qui peuvent exister entre personnels sur le confinement. Comme par exemple entre un gendarme ayant un logement personnel à dix km et un soignant ou un personne de l’état-major. “Le soignant ou le personnel de l’état-major n’a pas le choix, rappelle le général d’armée. Il est obligé de faire ces 10 km parce qu’il n’est pas logé par l’Etat.” 

Mais après l’explication de texte, le général d’armée a été clair en filant une métaphore explicite à propos des militaires qui s’affranchiraient du confinement. Ces derniers agiraient “comme le motocycliste qui fait des contrôles vitesse quand il travaille et qui roule à 180 lorsqu’il est en repos ou en quartier libre”. “Vous connaissez ma position, conclut-il sur l’intranet des gendarmes. Je laisse chacun de nos personnels agir en conscience et en responsabilité.” 

GT.

8 Commentaires

  1. Sandrine LEGOFF

    Là …. alors là ….. ???

    Il faut qu’un des plus haut gradé de la gendarmerie intervienne séchement pour rappeler à toute la troupe qu’ils doivent naturellement et sans exceptions lorsqu’ils sont en repos ou en quartier libre, respecter strictement les consignes de confinement que le gouvernement applique à la population.

    Pauvre de nous.
    L’Arme qui perd son âme.

  2. Olish

    Il ne s’agit pas de gendarmes qui se « baladent » mais de trajets concernant leurs logements persos qui ne sont jamais loins et qui n’affectent pas le coté operationnel.Il y a t-il quelqu’un dans l’institution qui fait 100km/jour en ce moment ou qui vit a une telle distance de son affectation?je ne crois pas…Quel est le soucis si on quitte son logement perso pour rejoindre son unité via son vehicule,à moins que le pot d’echappement diffuse le covid19?on en parle de l’interdiction de porter le masque? Ne parlez pas de choses qui vous dépassent en sortant des punch-lines dignes d’un collabo sous l’occupation.Et surtout ,surtout,ne parlez pas de l’ « ame »gendarmique qui s’effaçe grace à des gens comme vous

    • Ybor

      De même quelle difficulté y a t-il quand un citoyen quitte son domicile avec son chien dans sa voiture, qu’il ne s’éloigne pas, se retrouve dans un endroit désert, sans promiscuité, se fait contrôler par une équipe de Gendarmes et ce citoyen prend une prune pour avoir oublié d’établir la fameuse feuille dérogatoire… Et donc, ceci appelle la question suivante : le Gendarme qui quitte la brigade pour se rendre chez lui, doit-il, n’étant plus en service commandé, renseigner et avoir sur lui le fameux document dérogatoire, en général, ils partent habillés en civil ; de même s’il est de repos et qu’il veut faire des courses, accompagner son épouse, balader son chien, ou bien faire un peu d’exercice !?

      • claude 34

        Bonne question .
        Dans ces cas là , comme quand l’un d’eux est contrôlé en excès de vitesse , suffit-il de dire pour échapper à la prune et au reste : “je suis de la maison ” ?

  3. LAHERY

    Le DGGN semble admettre que des militaires qui sont censés occuper un logement concédé par nécessité absolue de service ne l ‘occupent pas, s’éloignent de leur caserne, traverse la ville, rencontrent d ‘autres personnes dans ce moment de confinement. Étonnant!!

    • Naoned 46

      Effectivement
      La suppression de l’avantage en nature prévu par l’article 82 du code des impôts me semble nécessaire pour ceux qui désobéissent à l’obligation de résider en caserne alors que cela est prévu au statut
      Petite question annexe quid de la sécurité des locaux de service et notamment de l’armement si par exemple ( vécu) 7 militaires de l’unité sur 8 logent dans une maison externe
      Quand à la mauvaise qualité des logements qui pourrait justifier cette situation elle existe vraiment mais elle n’est pas dégradée partout et pourtant certains vivent hors caserne pour d’autres motifs avouables ou non

    • Ybor

      D’où ma question ci-dessus !?

  4. Fred

    Les gendarmes peuvent simplement répondre sur la question de la qualité des bâtiments dans lesquels ils sont censés héberger leurs familles:
    https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/social-grande-enquete-nationale-condition-militaire-logement-213450

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