lundi 23 novembre 2020
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Contrôles de Gendarmerie sur l'A6, au péage de Fleury-en-Bière en Seine-et-Marne (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Contrôles de Gendarmerie sur l'A6, au péage de Fleury-en-Bière en Seine-et-Marne (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Condamné pour des faits d’outrages, va-t-il effectuer ses TIG dans une résidence de gendarmes?

Une personne défavorablement connue des services de Gendarmerie peut-elle se voir demander, en guise de travaux d’intérêts généraux (TIG), de travailler dans une résidence de gendarmes? Inquiétante, cette nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre parmi les gendarmes de Nemours.

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Dans cette commune de Seine-et-Marne située en zone Police, figurent en effet un peloton autoroute (PA), une brigade motorisée (BMO) et un peloton de surveillance et d’intervention (Psig). Une quarantaine de militaires et leurs familles habitent dans une résidence hors casernement.

70 heures de TIG

Les esprits se sont échauffés lorsque ces unités ont reçu un message les informant de la venue d’un condamné pour une peine de 70 heures de TIG. Le message cite trois lieux, dont deux sont des locaux de services et le dernier la résidence privée. A la lecture du nom de la personne les gendarmes tiquent. “Il est très défavorablement connu, pour des faits avérés à l’encontre des forces de l’ordre”, explique un gendarme.

Pour ne rien gâcher, il a écopé de la peine de TIG pour des outrages. Autant dire que personne ne souhaite le voir dans les jardins de la résidence où jouent les enfants des gendarmes. “Nous ne remettons pas en cause la décision de justice”, confie l’un d’entre eux. “Mais sa  présence est incompatible avec nos lieux de vie”

La Gendarmerie valide les lieux des TIG

Du côté de la justice, on plaide non-coupable. Le procureur de la République de Fontainebleau, Guillaume Lescaux, rappelle que les modalités d’un TIG relèvent du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip). Surtout, “le conseiller d’insertion dispose d’une liste d’endroits qui sont habilités par la Gendarmerie elle-même”, explique le magistrat. En effet, c’est l’institution d’accueil qui valide les lieux où les condamnés réalisent leurs TIG. 

Le groupement de Gendarmerie aurait-il prévu de faire rentrer le loup dans la bergerie? Pas du tout, rétorque le lieutenant-colonel Ludovic Laporte “nous n’aurions jamais pris cette personne pour effectuer des TIG dans une résidence”. Et le commandant en second du groupement de Seine-et-Marne de détailler le système de sélection des potentiels condamnés à des TIG. “Nous avons trois niveaux de sélection, détaille-t-il. D’abord, le Spip nous propose une liste de personnes condamnées. Ensuite, au sein de cette liste, le responsable des TIG du groupement fait une première sélection en fonction des condamnations. Enfin, le groupement valide ces choix”.

Un accueil voulu par les gendarmes

Si le Spip a présenté le profil du condamné aux gendarmes, il n’aurait “jamais été retenu”, répète le lieutenant-colonel. Il précise que l’accueil de TIG est une volonté de l’Institution et non de la Justice. Au-delà de la repentance du condamné, le groupement y voit en effet une occasion d’améliorer le bien-être des militaires et de leurs familles en faisant réaliser de menus travaux par des personnes condamnées pour des faits mineurs.

MG

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Un commentaire

  1. CARADEC

    comme on dit chez nous : “un client qui est content est un client qui revient…….. la preuve

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