dimanche 29 novembre 2020
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Commission sur les attentats de 2015 : vers une force unique d’intervention spécialisée?

De l’imprimerie de Dammartin à l’Hyper Cacher, en passant par l’assaut au Bataclan: les opérations des forces d’intervention spécialisées (GIGN, Raid et BRI) lors des attentats de 2015 ont été “réussies”, estime la commission d’enquête parlementaire, qui soulève toutefois la question de leur éventuelle fusion.

L’efficacité des interventions des unités d’élite de la police et de la gendarmerie était l’un des principaux axes de travail de la commission d’enquête sur l’action de l’État face aux attentats parisiens, qui présentait mardi ses conclusions. Plusieurs critiques avaient visé notamment leurs délais d’intervention et l’assaut du 18 novembre par le Raid dans un appartement de Saint-Denis, en banlieue parisienne, où était retranché Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs des tueries du 13 novembre.

Les 36 policiers du Raid avaient tiré 1.200 cartouches et lancé 50 grenades offensives contre les jihadistes retranchés, équipés de gilets-explosifs, d’un pistolet 9 mm et de trois grenades qui avaient blessé cinq policiers. Mais pour le député socialiste et rapporteur Sébastien Pietrasanta, les policiers du Raid et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) parisienne ainsi que le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ont “fait preuve de courage et de professionnalisme”. Preuve de leur “efficacité”, “aucun otage n’a perdu la vie durant les assauts” de janvier et novembre 2015, “et aucun policier au sein des colonnes n’a été abattu”, explique le parlementaire.

Les unités d’élite ont montré “leur capacité à intervenir dans de brefs délais”, estime M. Pietrasanta, citant notamment l’arrivée de la première colonne de la BRI au Bataclan 15 minutes après avoir été alertée. Elles ont également prouvé “leur capacité à coopérer sur le terrain en se répartissant les tâches”, comme lors de la traque des frères Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo, dans l’Oise en janvier 2015 entre le GIGN et le Raid, ou au Bataclan le 13 novembre entre le Raid et la BRI.

Au-delà de ce satisfecit, le rapporteur n’élude pas “les rivalités qui existent depuis longtemps entre la police et la gendarmerie ou même au sein de la police”. En janvier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait fermement appelé les forces à travailler conjointement.

Course à l’intervention?

 La commission met un point final à la guéguerre entre services sur l’intervention au Bataclan par la BRI avec le soutien du Raid mais sans le GIGN.

La direction des opérations par le Raid “aurait vraisemblablement eu un effet limité pour ne pas dire nul sur la résolution de la crise”, estime Sébastien Pietrasanta, ajoutant qu’il n’était “pas nécessaire” de solliciter le GIGN. “Je ne suis pas convaincu que les choses auraient pu ne pas être faites autrement”, a toutefois commenté M. Fenech.

Le nouveau schéma d’intervention, annoncé en avril par Bernard Cazeneuve, pour être présent le plus vite possible en cas d’attentat de masse en faisant fi des rivalités territoriales, est salué par la commission. Avec toutefois un bémol: le rapporteur espère que cela “ne favorisera pas une forme de concurrence malsaine entre les forces”, dans “une course à l’intervention”.

“Pourquoi conserver dans notre pays trois forces d’intervention qui sont censées faire la même chose?”, s’est interrogé M. Fenech. “On nous dit culture, culture gendarmique, culture police. Mais quand va-t-on cesser de s’abriter derrière ces faux prétextes pour faire en sorte que, malgré les susceptibilités des uns et des autres, nous ayons une force unique d’intervention?”, a-t-il tonné.

Auditionné, le ministre de l’Intérieur s’était déclaré défavorable à une fusion des trois unités, quand les patrons des trois forces d’intervention y sont “hostiles”, selon M. Pietrasanta. Dans un premier temps, le rapporteur propose la “création d’un commandement unifié des trois forces pour piloter les opérations”. Puis il se prononce pour une augmentation des effectifs de l’Unité de coordination des forces d’intervention (Ucofi), une structure qui se compose actuellement de deux personnes, “ce qui est assurément trop peu”.

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