mercredi 1 avril 2020
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Des techniciens d’identification criminelle au sein de la force Barkhane (Crédit photo: Jean-Marc Tanguy)
Des techniciens d’identification criminelle au sein de la force Barkhane (Crédit photo: Jean-Marc Tanguy)

Comment travaillent les techniciens d’identification criminelle de la force Barkhane

Deux gendarmes, techniciens d’identification criminelle au sein de la force Barkhane, opèrent au Sahel au coeur de la lutte antiterroriste. Voici comment ces experts travaillent.

En matière d’identification criminelle, les forces armées peuvent tout d’abord compter sur un laboratoire de pointe. C’est l’équivalent, toutes proportions gardées, d’un mini-IRCGN déployé sur le théâtre des opérations. Son nom? Le CIEL, le Counter-IED exploitation laboratory. En français, le laboratoire d’exploitation contre les engins explosifs improvisés. Comme en Gendarmerie, ses résultats alimentent plusieurs bases de données, dont Cithare, utilisée par tous les experts de la filière déminage.

Ce laboratoire travaille sur les engins explosifs improvisés. Il faut “comprendre le mode de fonctionnement,  les possibilités du dispositif, et identifier les adversaires”, explique le chef de la structure, issu de l’arme du Génie. “Notre mission cherche à renforcer la protection de la force Barkhane, l’attaque des réseaux adverses, et l’appui à la judiciarisation”, poursuit-il. L’officier supérieur peut compter dans cette tâche sur un gendarme, en temps normal affecté à la brigade de recherches de Toulouse. Des militaires anonymes, eu égard à leur activité très sensible.

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L’organisation des techniciens d’identification criminelle de Barkhane

Mais si ce militaire est en charge de l’exploitation des éléments recueillis sur le terrain, ce sont d’autres techniciens de scène de crime, regroupés dans une structure appelée la Weapons intelligence team, qui traquent les indices. On y retrouve notre second gendarme. Avec ses collègues, ils interviennent après les démineurs qui doivent s’assurer d’une absence totale de danger, comme un sur-piégeage. Les techniciens d’identification criminelle de Barkhane consignent leur travail sur des procès verbaux afin de permettre l’utilisation des éléments découverts par la justice.

Les spécialistes de la Weapons intelligence team sont chargés du recueil tactique des indices, que l’engin explosif improvisé ait explosé ou non. Les prélèvements de terre doivent avoir lieu dans et à proximité des cratères. Le moindre indice, comme un composant électronique servant au déclenchement ou un fragment de l’engin, doit être collecté. Cette mission très sensible est la deuxième au Sahel de ce gendarme. Ancien mobile à Sélestat, en Alsace, il a servi aussi bien en Guyane qu’en Nouvelle-Calédonie. Une fois dans la départementale, l’Arme l’a formé à l’identification criminelle en 2013.

Mais le primo intervenant peut être aussi un soldat de Barkhane ou des forces spéciales Sabre. Le commandement a formé les soldats à opérer avec des équipements de recueils d’indices. Sans toutefois polluer une scène. L’une des premières préoccupations que les soldats doivent garder en tête, rappelle le chef des experts. Un travail compliqué pour les militaires: l’urgence de la situation est souvent la contrainte la plus directe. Entre gestion médicale des éventuels blessés et la situation militaire environnante, il y a déjà fort à faire.

Jean-Marc Tanguy.

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