samedi 31 octobre 2020
Accueil / A la Une / Comment les gendarmes vont travailler dans le nouvel office anti-stupéfiants
Les saisies de stupéfiants opérées par les divers services judiciaires et douaniers français et espagnols depuis le début des investigations en 2017 dépassent 2,7 tonnes.(Photo Gendarmerie nationale).

Comment les gendarmes vont travailler dans le nouvel office anti-stupéfiants

Avec la création de l’Ofast, la Gendarmerie va s’impliquer davantage au niveau central dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Adieu l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), bonjour l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Le ministre de l’Intérieur vient de dévoiler la nouvelle organisation anti-drogue française, ce mardi 17 septembre. Elle doit être opérationnelle d’ici la fin de l’année.

Lire aussi sur L’EssorLe colonel Jean-Philippe Reiland sera le “Gendarme” du nouvel office anti-stupéfiants

Pour les gendarmes, la nouvelle structure devrait être synonyme d’une implication à la hausse. Si les sections ou brigades de recherches travaillent déjà sur de nombreux dossiers de stupéfiants, les militaires traînaient la patte côté office central. Seulement cinq gendarmes travaillaient actuellement à l’Ocrtis.

Lire aussi sur L’Essor: Usage de stupéfiants : les gendarmes pour une amende forfaitaire

Plus de gendarmes

Un faible nombre, explique-t-on dans l’Arme, qui était la conséquence d’un désaccord sur les méthodes de travail. Si la Gendarmerie n’a pas encore précisément fixé le nombre de gendarmes qui devraient rejoindre l’Ofast, ce nombre devrait bien être revu à la hausse. La future structure comprendra environ 150 enquêteurs.

Reiland
Le colonel Reiland (capture d’écran You Tube France 3 Corse)

On connaît toutefois le nom de l’officier supérieur chef de file des gendarmes à l’Ofast à Nanterre. Il s’agit du colonel Jean-Philippe Reiland, le chef du bureau de lutte anti-terroriste (Blat). L’ancien patron de la section de recherches de Versailles vient d’être détaché à la mission de préfiguration.

On ignore actuellement ses futures fonctions. Il devrait diriger d’ici l’an prochain l’un des trois pôles du futur office. Le premier sera consacré aux territoires et à la prévention. Le second portera sur l’opérationnel. Enfin, le troisième pôle sera chargé de l’analyse stratégique et des relations internationales. L’Ofast comptera également 16 antennes territoriales.

Chef de file

La nouvelle agence anti-drogue française sera dirigée par la contrôleuse générale Stéphanie Cherbonnier, actuelle conseillère police judiciaire du directeur général de la police nationale. Samuel Vuelta-Simon, le procureur de Bayonne, sera son adjoint. “L’Ofast sera le chef de file unique de la lutte contre les trafics de drogue“, précise Christophe Castaner.

Une manière de tenter de repartir de l’avant après les démêlés judiciaires de l’ancien chef de l’office central des stups, François Thierry. La justice soupçonne l’ancien patron de l’Octris d’avoir protégé le trafic colossal d’un de ses informateurs, Sophiane Hambli, surpris en octobre 2015 par des douaniers à Paris.

Lire aussi sur L’EssorVers un retrait d’habilitation d’officier de police judiciaire pour l’ex-patron de la lutte antidrogue ?

Une “rupture de confiance, entre les magistrats et services de police, qui ne pouvait pas perdurer“, a commenté la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Plus de partage

Pour les gendarmes, la nouvelle structure doit être synonyme de “davantage de partage”, nous explique un des experts de l’Arme sur ce sujet. Les militaires espèrent ainsi que le nouvel office travaille davantage “dans une logique de complémentarité”, sur le modèle de l’office central de lutte contre la délinquance itinérante. En clair, que l’information circule plus pour lutter aussi bien contre les petits trafics ruraux que contre les réseaux internationaux.

Illustration de cette volonté d’échange d’informations: l’Ofast va s’appuyer sur de nouvelles cellules de renseignement opérationnel. Quatre ans après la création de la première cellule, à Marseille, 28 cellules vont être créées “dans les grandes aires urbaines”, indique la Place Beauvau. Des gendarmes devraient y être affectés, mais pas de manière systématique. “Ce qui est important, c’est que les informations circulent et que le lien soit fait”, commente-t-on dans l’Arme.

Gabriel Thierry.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.