vendredi 13 décembre 2019
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Un enquêteur de l'Oclaesp (Crédit photo: GT/L'Essor).
Un enquêteur de l'Oclaesp (Crédit photo: GT/L'Essor).

Comment les gendarmes de l’Oclaesp ont été mobilisés sur le diagnostic judiciaire du Mediator

Le procès du Mediator débute ce lundi 23 septembre à Paris. L’audience devrait durer huit mois. Une enquête suivie de près par les gendarmes de l’Oclaesp, cosaisis sur ce dossier.

Près de neuf ans après les premières investigations, la 31e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris va juger 25 prévenus sur ce dossier phare de santé publique. La justice les soupçonne d’escroquerie, de tromperie, et d’homicides et blessures involontaires.

Rôle majeur de l’Oclaesp

L'écusson de l'Oclaesp (Crédit photo: GT/L'Essor).
L’écusson de l’Oclaesp (Crédit photo: GT/L’Essor).

Et dans cette enquête, les gendarmes de l’Oclaesp ont joué un rôle majeur. La justice avait saisi les militaires à l’ouverture de l’enquête préliminaire, en décembre 2010. Puis, après l’ouverture d’une information judiciaire, les gendarmes de l’Oclaesp seront de nouveau sollicités par les magistrats. La division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff) sera également mobilisée sur ce dossier.

Lire aussi sur L’Essor: La Gendarmerie en première ligne contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (actualisé)

Au cœur des investigations, le Mediator, l’un des médicaments vedette des laboratoires Servier, accusé d’avoir conduit au décès suspect de trois malades. Ses risques ont été dénoncés il y a neuf ans par la pneumologue Irène Frachon dans un livre choc qui précèdera de quelques jours les premières plaintes. Cet antidiabétique, retiré du marché en 2010 par les autorités européennes, était commercialisé depuis 1976.

Le Mediator, 30 mois d’enquête

Au fort de Montrouge, le siège de l’Oclaesp, cinq enquêteurs ont été mobilisés sur ce dossier. L’office, dirigé par le général de brigade Jacques Diacono, travaillera pendant trente mois sur le sujet. Une durée somme toute classique pour les enquêteurs. Les chiffres de l’enquête sont eux explicites sur l’ampleur du travail accompli. En tout, selon nos informations, près de 1.000 pièces de procédures et 200.000 documents ont été exploités par les cinq enquêteurs.

Illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)
Illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)

Selon l’ordonnance de renvoi, les magistrats demanderont plus particulièrement aux gendarmes de se pencher sur les faits de tromperie aggravée et d’escroquerie à l’assurance-maladie. Les gendarmes ont ainsi enquêté sur la découverte du médicament et auditionné leurs inventeurs. De même, ils ont réalisé des perquisitions chez le fabricant du médicament, Servier. Enfin, ils ont entendu plusieurs victimes, des visiteurs médicaux et des médecins ayant prescrit le produit.

Aujourd’hui, la justice estime le nombre de victimes à près de 5.000. Seule la moitié se sont constituées parties civiles pour le moment. “Le Mediator était le coupe-faim du pauvre”, analyse Me Emilie Chandler, l’une des 376 avocats mobilisés sur cette affaire. “Ce sont des victimes très vulnérables, poursuit cette juriste spécialisée dans les dossiers de santé. Elles ne se sont pas forcément constituées partie civile et ne savent pas qu’elles peuvent être couvertes par l’aide juridictionnelle.” Une faculté ouverte jusqu’aux réquisitions du parquet à l’audience.

Gabriel Thierry.

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