lundi 28 septembre 2020
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La une du Dauphiné Libéré à la suite des aveux de Nordahl Lelandais dans l'affaire Maëlys (Crédit photo: AV/L'Essor).
La une du Dauphiné Libéré à la suite des aveux de Nordahl Lelandais dans l'affaire Maëlys (Crédit photo: AV/L'Essor).

Comment les enquêteurs de la Gendarmerie veulent capitaliser sur la cellule Ariane

Inauguration PJGN
Le pôle judiciaire de la Gendarmerie, à Pontoise.

La cellule Ariane essaime. Le bon travail du groupe d’enquêteurs du service central de renseignement criminel (SCRC) du pôle judiciaire de la Gendarmerie a donné des idées à la sous-direction de la police judiciaire de l’Arme. Dans la foulée de la cellule Ariane, créée en janvier 2018 pour étudier le parcours de vie de Nordahl Lelandais, mis en cause dans deux affaires criminelles, l’Institution a décidé de créer une unité permanente dédiée aux cold-case.

Le général Lecouffe ( Photo Mario Sinistraj/Gendarmerie Nationale)

“Nous nous sommes rendus compte qu’il y avait du travail pour une cellule permanente” sur ces affaires non élucidées, explique le général Jean-Philippe Lecouffe, le sous-directeur de la police judiciaire. Le nom de cette structure dédiée aux investigations d’affaires non-résolues, placée au sein du SCRC, est toujours à l’étude. Elle devrait rassembler des enquêteurs permanents, comme ceux d’Ariane, pressentis pour la rejoindre. La nouvelle unité devrait aussi pouvoir compter, en cas de besoin, sur le renfort de nombreux enquêteurs de la Gendarmerie.

Retour d’expérience

En un an de travail, le retour d’expérience des sept enquêteurs de la cellule d’Ariane, supervisée par le colonel Laurent Chartier, est précieux. Les gendarmes estiment par exemple qu’il faut ouvrir la réflexion sur la durée de conservation des données au vu des enquêtes de plus en plus anciennes qui sont rouvertes. Enfin, les militaires finalisent la rédaction d’un guide de bonnes pratiques à destination des enquêteurs travaillant sur des disparitions. Il s’agit de pouvoir faciliter un éventuel travail, des années après la première enquête, sur un dossier.

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Avis de recherche de la SR d'Orléans
Avis de recherche de la section de recherches d’Orléans.

Au quotidien, la nouvelle unité sera saisie par un magistrat ou des enquêteurs, par exemple à la suite d’avancées technologiques permettant un nouveau regard dans un dossier. L’an dernier, l’affaire de la petite martyre de l’A10 avait ainsi été résolue grâce à de nouvelles avancées autour de l’ADN.

Selon la Gendarmerie, la création d’une telle unité ne devrait pas faire doublon avec l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), chargé lui d’enquêtes toujours ouvertes, qui abrite également un groupe dédié aux cold-case. L’association Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD), impliquée dans les enquêtes autour de Nordahl Lelandais, militait elle aussi pour la création d’une structure pérenne après Ariane. Mais à travers une structure commune “entre la Police, avec l’Office central pour la répression des violences aux personnes, et la Gendarmerie”, nous avait expliqué son vice-président, Bernard Valezy.

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Quarantaine de dossiers retenus

Aujourd’hui, les enquêteurs de la cellule Ariane ont épluché près de 900 dossiers, des homicides non résolus, des disparitions inquiétantes et des affaires de cadavre non identifié. Une quarantaine d’affaires les ont intrigués et retransmis aux enquêteurs ou signalés à la justice. “On est revenus leur dire que nous estimions qu’il y avait des choses intéressantes à retravailler, précise Jean-Philippe Lecouffe. Mais aucun dossier n’amène formellement et judiciairement Nordahl Lelandais à être mis en cause.”

Ces affaires variées ont toutes en commun d’être relativement récentes, jusqu’au début des années 2010 et proches des lieux où Nordahl Lelandais a vécu, en Rhône-Alpes. Un quart d’entre elles concerneraient des mineurs. Les enquêteurs d’Ariane ont également retracé le parcours du maître-chien, poursuivi dans l’affaire de la petite Maëlys et du caporal Arthur Noyer, dans un rapport transmis à l’automne aux deux juges d’instruction en charge des affaires où il est mis en cause. La création de la nouvelle unité dédiée aux cold-case ne sonne toutefois pas le glas de la cellule Ariane. Même un peu moins nombreux, les enquêteurs poursuivent leur travail de fourmi.

Gabriel Thierry

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