vendredi 4 décembre 2020
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L'association Lyne Guéroult, qui accueille 78 chevaux réformés de la Garde républicaine, ne cache pas son inquiétude face aux mutilations d'équidés. (Photo: Assoc. Lyne Guéroult)
L'association Lyne Guéroult, qui accueille 78 chevaux réformés de la Garde républicaine, ne cache pas son inquiétude face aux mutilations d'équidés. (Photo: Assoc. Lyne Guéroult)

Comment la pension des chevaux retraités de la Garde républicaine se protège face à la vague de mutilations d’équidés

Une vingtaine de départements touchés et une trentaine de cas de mutilations d’équidés depuis le début d’année. En Normandie, région du cheval, l’inquiétude grandit. Parmi les éleveurs et propriétaires, l’association Lyne Guéroult recueille les chevaux retraités de la Garde républicaine. Son président Daniel Guéroult raconte à L’Essor comment il s’adapte à la menace.

Oreilles coupées, organes génitaux prélevés, entailles… Depuis plusieurs semaines, le phénomène des mutilations d’animaux s’accentue un peu partout en France. Certaines conduisant jusqu’à la mort d’entre eux, majoritairement des chevaux ou des poneys. Dans le Calvados, à Cambremer, l’association Lyne Guéroult accueille les cheveux réformés de la Garde républicaine. Et le responsable ne cache pas son inquiétude.

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Plus de 100 boxes accueillent les chevaux à la retraite de la Garde républicaine. (Photo: Assoc. Lyne Guéroult)
Plus de 100 boxes accueillent les chevaux à la retraite de la Garde républicaine. (Photo: Assoc. Lyne Guéroult)

Les chevaux dorment à l’abri

“Tous dorment dans un box individuel, précise Daniel Guéroult, président de l’association et gérant de la pension. Avec ce qu’il se passe en ce moment, je ne pourrais pas dormir si je les savais dehors.” Depuis quelques jours, il travaille avec son équipe à renforcer la protection du haras qui s’étend sur plus de 16 hectares. “Nous mettons en place des systèmes de fermetures complémentaires avec des chaînes et des cadenas.”

“C’est une région d’élevage, confirme-t-il. L’inquiétude est réelle!” D’ailleurs, un de ses voisins possède deux poneys et deux chevaux qui, eux, dorment au pré. Daniel Guéroult prévoit de lui rendre visite pour savoir comment il s’organise.

Un besoin de sécurité face aux cas de mutilations

Malgré les mesures qu’il met en place, la crainte est toujours là. Il compte d’ailleurs l’exprimer au maire de sa commune. Car s’il accueille les anciens équidés de la Gendarmerie, aucun militaire de l’Arme ne lui a rendu visite depuis l’intensification du phénomène ces dernières semaines. “Nous serions plus rassuré s’ils pouvaient accentuer leur présence par ici pendant leurs patrouilles”, confie le protecteur des chevaux. En effet, la brigade de proximité de Cambremer fonctionne de pair avec celle de Villers-sur-mer. Une unité située à plus de 30 kilomètres de là. Il peut néanmoins compter sur la présence d’autres unités à proximité comme les pelotons de surveillance et d’intervention (Psig) de Lisieux et Deauville.

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78 chevaux réformés de la Garde républicaine

A ce jour, l’association accueille 78 chevaux réformés de la Garde républicaine. Après le décès d’Alençon, 33 ans, au début de l’été, le nouveau doyen affiche 28 ans. Le benjamin a quant à lui huit ans. Les plus jeunes chevaux sont souvent réformés par la Garde pour des incompatibilités au service. Par exemple, “lorsqu’ils n’adhèrent pas à la rigueur et la discipline militaire”. D’autres ont peur. “La vie parisienne, avec ses bruits incessants, les voitures… tout cela n’est pas naturel pour les chevaux.”

Lire aussi: La belle retraite des chevaux de la Garde républicaine (vidéo)

Certains chevaux doivent partir à la réforme parce qu’ils sont malades ou ne peuvent plus porter le poids d’un cavalier et son équipement. Ici, ils reçoivent des soins et souvent, retrouve une énergie et une vitalité perdue. “On ne leur demande rien. Ils ne sont pas attachés et peuvent gambader librement au milieu des pommiers, sur un sol mou, donc moins traumatisant”, précise Daniel Guéroult. Un cadre idyllique, d’où proviennent d’ailleurs une grande partie des montures du régiment de cavalerie de la Garde. Pas étonnant donc qu’ils récupèrent du poil de la bête.

LP

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