jeudi 22 octobre 2020
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L’école de Gendarmerie de Dijon dont on voit ici l’un des bâtiments (Photo D.C/L’Essor)

Collomb annonce un plan de rénovation et de sécurisation des casernes de gendarmerie

Le budget sécurisation des casernes, dont trois ont été attaquées en 2017 se montera à 15 millions d’euros par an (2018, 2019 et 2020) a annoncé mercredi à Paris Gérard Collomb. Le ministre de l’Intérieur qui a parlé d’un “projet d’ampleur” présentait la programmation immobilière sur trois ans (2018, 2019, 2020) pour la Police et la Gendarmerie au commissariat central du XIV ème arrondissement de Paris dont les locaux sont particulièrement vétustes.

Dans le cadre de cette programmation triennale,  la Police (29 opérations) bénéficiera de 196 M€ d’euros par an à partir de 2018 (+ 5% par rapport à 2017) et la Gendarmerie de 101 M€ d’euros ( + 9 % par rapport à 2017) cette année puis de 105 M€ en 2019 et 2020. Soit 47 opérations pour la Gendarmerie permettant entre 2018 et 2020 de rénover 9700 logements dans 38 départements, trois régions d’outre-mer ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie.

Interrogé par L’Essor sur le cas de la caserne Delpal de Satory, (près de Versailles),  qui regroupe 26 bâtiments soit 427 logements très vétustes, le major général,  le général de corps d’armée Christian Rodriguez,  a précisé qu’un budget de 10 Millions d’euros sera alloué pour des travaux débutant fin 2019.

Quatre sites seront rénovés, l’école de Dijon-Longvic  (25,7 Millions),  qui sera notamment dotée d’un  champ de tir, la caserne Courrège de Toulouse (4,5 M€ ) qui accueille l’état-major de la région et un escadron, la caserne Castelnau de  Chaumont où est implanté un escadron (4,6 M€ pour 122 logements) et la caserne Joffre de Lorient qui abrite la compagnie (4 M€ pour 31 logements). Bâtie au début des années 1970, la caserne domaniale Rathelot à Nanterre, qui abrite le 1er régiment d’Infanterie de la Garde républicaine et leurs familles doit ainsi faire l’objet d’une opération de rénovation d’envergure d’un montant de 52 millions d’euros.

Le logement des gendarmes, problème récurrent

L’entretien, la rénovation et, depuis quelques années, la sécurisation des casernes, restent un problème récurrent pour le quotidien des gendarmes et de leurs familles. Infiltrations d’eau, effondrement de faux-plafonds, isolation contre le froid et le bruit inexistante, sanitaires d’un autre âge … : tous les gendarmes et leurs familles ont connu à un moment ou un autre des logements inconfortables ou carrément vétustes. Au 1er juillet 2017, la Gendarmerie occupait 3.782 casernes, soit un total de 76.294 logements.

Parmi ces casernes, 661 appartiennent à l’État et comprennent 30.483 logements. La moyenne d’âge des logements atteint 44 ans et celle des locaux de service 51 ans. Par le passé, les travaux de maintenance préventive de ces casernes n’ont pas pu toujours être menés, faute de crédits disponibles et de nombreux points noirs se sont ainsi développés sur le parc immobilier domanial de l’Etat.

Le plateau de Satory est la plus grande caserne de gendarmerie de France avec 1400 logements dont la caserne Delpal. Celle-ci reste le symbole du mal-logement pour des milliers de gendarmes du groupement blindé de gendarmerie mobile et du GIGN et leurs familles. Cette caserne compte plusieurs bâtiments de cinq étages construits dans les années 1930. Dans cette emprise, des centaines de logements, mal ou pas entretenus, sont encore pour certains à la limite de l’insalubrité. Certains sont également très mal isolés et des gendarmes doivent dépenser une petite fortune pour se chauffer correctement.

La rénovation a un coût

Car la rénovation des logements a un prix comme en témoigne la rénovation imminente de logements au siège du groupement de gendarmerie de Charente-Maritime à Lagord dans la banlieue de La Rochelle. La rénovation de 88 logements répartis sur 16 bâtiments de trois étages construits il y a plus de 40 ans, va démarrer dans les prochaines semaines. Trois ans de travaux sont prévus pour un budget total de 6,5 millions d’euros : isolation thermique et phonique, remplacement des équipements sanitaires, remise aux normes électrique et de sécurité incendie, sécurisation des habitations.

En 2015, le gouvernement avait mis en œuvre un plan d’urgence, doté d’une enveloppe annuelle de 70 millions d’euros pour les années 2015, 2016 et 2017. Par ailleurs, suite à l’attaque terroriste de Magnanville en juin 2016 au cours de laquelle un couple de policiers avait été tué à leur domicile, des crédits supplémentaires ont été prévues pour la sécurisation des casernes (1 million d’euros en 2016 et 15 millions en 2017). Ces mesures actives et passives, proposées par les commandants territoriaux, portent en priorité sur le renforcement des enceintes (rehausse de clôtures, barreaudage, amélioration de l’éclairage), sur les conditions d’accès aux locaux de service (mise en place d’alarmes) et sur les logements (mise en place de digicodes). Ces crédits permettent également de financer la mise en place de dispositifs de vidéo-protection.

PMG

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