L'Essor

Clarisse Agbegnenou se confie en toute sincérité

Clarisse Agbegnenou espère maintenant décroche l'or olympique. (Crédit-photo : facebook/CNSD)

Française la plus titrée de l’histoire (quatre titres de championne du monde, deux médailles d’argent, cinq titres européens), Clarisse Agbegnenou a d’ores et déjà marqué le judo de son empreinte. La jeune femme de 28 ans, également maréchal des logis-chef au sein de la Gendarmerie, démontre surtout une force de caractère rare.

Dans dans un long entretien au magazine féminin Elle, elle se confie avec beaucoup de sincérité sur sa carrière et ses ambitions. Mais aussi sur la place des femmes dans le sport de haut niveau où sur ses engagements associatifs.

“Eternelle insatisfaite”, Clarisse Agbegnenou enchaîne les victoires

La jeune Clarisse a découvert le judo à l’école avant que ses parents l’inscrivent dans un club pour canaliser son énergie. “Ce n’était pas une vocation sportive, précise-t-elle, mais j’y trouvais mon compte en me dépensant”. Ce n’est que bien plus tard que la possibilité d’une carrière de haut niveau commence à se profiler. “Lorsque je suis entrée à l’INSEP [Institut national du sport et de l’éducation physique, ndlr.], je me suis mise à penser que je pourrais en vivre”. Et pour cause. “Eternelle insatisfaite”, elle enchaîne les victoires sur les tatamis et fini par dominer toutes ses concurrentes dans sa catégorie des -63 kg. La médiatisation de ses exploits n’en sera pas moins tardive. La judokate a en effet le sentiment d’avoir dû s’entrainer dur pour être reconnue à l’égal des hommes. Soit, quatre titres de championne du monde pour bénéficier d’une certaine exposition médiatique. “Forcément, je pense qu’en tant que femmes, on doit en faire toujours plus pour qu’on parle de nous”, estime celle qui est également la marraine de l’opération “Sport féminin toujours”.

Ce qui ne l’empêche pas d’être “fière” de son parcours qui en fait un modèle pour le sport féminin, notamment pour la jeune génération. Elle confie recevoir énormément de messages d’enfants et de parents lui demandant des conseils. “Avoir ces retours me touche et me donne envie de faire plus (…). On a une image à tenir et si on peut montrer de belles choses et les faire rêver avec nous, c’est avec plaisir”.

Gendarmes et sportifs ont les “mêmes valeurs”

Comment concilie-t-elle sa carrière de sportive de haut niveau et son métier de gendarme ? Pour elle, ces deux activités sont liées “car elles ont les mêmes valeurs”. “On défend la nation et la patrie, dit-elle. On a les valeurs du respect, du code moral…”. En poste au Centre national des sports de la Défense (CNSD), elle précise cependant qu’elle se sent davantage sportive de haut niveau que gendarme puisqu’elle bénéficie d’un contrat d’insertion professionnelle et qu’elle a “la chance de pouvoir vivre de son sport”. Mais une carrière de sportive n’est pas éternelle. Elle a donc repris des études, pour préparer sa reconversion. Elle aimerait “devenir coach de vie (…) parce que je pense que lorsqu’on se sent bien mentalement, on se sent bien physiquement”.

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En attendant, il lui reste au moins un dernier défi à relever. Elle qui rêvait de l’or olympique en 2020 – la seule médaille manquante à son palmarès – a “très mal vécue” le report des JO de Tokyo. “Les JO c’était un rêve et ça l’est toujours. J’étais vraiment près du but. On était tous près du but et ça nous a coupé l’herbe sous le pied.” Il a fallu se réadapter physiquement et mentalement. D’autant plus que, pandémie oblige, de nombreuses compétitions et stages d’entrainement ont été annulés. Pas idéal pour une préparation. “Je pense que mentalement, je n’aurais jamais été aussi forte que maintenant avec tout ce qu’il s’est passé. Cette période a été un mal pour un bien”, affirme aujourd’hui cette athlète qui “aime aller toujours plus loin”. Jusqu’à la plus haute marche du podium à Tokyo, l’été prochain ?

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