dimanche 27 septembre 2020
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Voiture de police à Paris Opéra (S.Desmares/Essor).
Illustration (SD/Essor).

Un chauffard ayant tué des policiers sur le périphérique dans le box des assises

La cour d’assises de Paris juge à partir de mardi un chauffard qui, ivre et sans permis, avait tué en 2013 deux policiers en percutant leur voiture sur le périphérique parisien.

Brassard Police (SD Essor).

Obsèques nationales et marche blanche, l’affaire avait suscité un vif émoi: la cour d’assises de Paris juge à partir de mardi un chauffard qui, ivre et sans permis, avait tué en 2013 deux policiers en percutant leur voiture sur le périphérique parisien.
Hasard du calendrier, ce procès intervient peu après des manifestations de policiers en colère qui dénoncent notamment l’augmentation des violences à leur encontre après l’agression aux cocktails Molotov de deux des leurs, grièvement brûlés dans leur voiture le 8 octobre à Viry-Châtillon (Essonne).

Seul accusé dans le box, Malaminne Traoré, 25 ans, sera jugé pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entrainé la mort sans intention de la donner, un crime passible de 20 ans de réclusion.
Le parquet de Paris avait initialement ouvert l’information judiciaire pour “meurtres aggravés”, passible de la perpétuité, mais le juge d’instruction et la chambre de l’instruction n’ont pas suivi le ministère public, estimant que les faits “ne pouvaient suffire à caractériser l’intention de tuer”.

Le 21 février 2013, Boris Voelckel, 32 ans et Cyril Genest, 40 ans, tous deux policiers au sein de la Bac Nord parisienne ont été tués après avoir été percutés à l’arrière de leur voiture sur le périphérique, près de la porte de la Chapelle, par un 4X4 lancé à très vive allure qui avait été pris en chasse par la police dans l’ouest de la capitale. Un troisième policier, Frédéric Kremer, a été grièvement blessé dans cet accident survenu vers 06H00 du matin.

Le conducteur du Range Rover, qui sortait d’une discothèque, avait 1,4 gramme d’alcool par litre de sang, soit près de trois fois la limite légale, et était en défaut de permis. Il avait déjà été condamné à huit reprises, dont cinq fois pour des délits routiers, et avait effectué deux séjours en prison.

 Un crash à 150 km/h 

Le procureur de Paris François Molins avait le jour des faits accusé le chauffard d’avoir “délibérément” percuté le véhicule de police, soulignant “qu’aucune trace de freinage” n’avait été décelée et parlant d’une vitesse de l’ordre de 150 km/h.
La mort des policiers, tous deux faits chevaliers de la Légion d’honneur à titre posthume, avait provoqué une onde de choc au sein de la police. François Hollande avait exprimé sa “profonde émotion” alors que Manuel Valls, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait plaidé pour une justice “sévère, impitoyable” dans cette affaire. Des obsèques nationales avaient été organisées pour les deux policiers.

Un an après les faits, plus de 200 personnes avaient participé en février 2014 à une marche en hommage aux deux hommes.
“Aujourd’hui, les attentes des familles mais aussi des policiers de la Bac de nuit de Paris sont très simples: que l’auteur soit puni à la hauteur de la gravité de ce geste criminel, dans un contexte où les actes de conducteurs qui foncent sur les policiers ou les gendarmes se multiplient”, a expliqué à l’AFP Me Thibault de Montbrial, avocat de la partie civile.

Trois autres hommes ont été mis en examen dans ce dossier mais leurs procédures ont été disjointes et les dates de leurs procès en correctionnelle ne sont pas encore fixées. Le premier d’entre eux, Mehdi Benbassou, 20 ans au moment des faits, était passager du 4X4. Initialement mis en examen pour “complicité de meurtre”, il doit comparaître pour “détention, offre et cession de stupéfiants”.
Le deuxième, Grégory Agha-Mofor, est poursuivi pour avoir loué le 4X4 à Traoré, sachant qu’il n’avait pas de permis, et pour avoir établi un faux contrat de location. Il est reproché au dernier prévenu, Youcef Tafat, d’avoir servi de prête-nom à Traoré en prenant le contrat de location à son nom.

Le procès est prévu jusqu’au 2 décembre.
AFP

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