mercredi 1 avril 2020
Accueil / A la une / Ces gendarmes qui s’engagent dans les élections municipales
Un bureau de vote sur le plateau de Satory.
Un bureau de vote sur le plateau de Satory. (M.GUYOT/ESSOR)

Ces gendarmes qui s’engagent dans les élections municipales

Qui sont les gendarmes qui s’engagent aux élections municipales? A Vierzon, Christophe Doré est un exemple rare. Si cet officier de Gendarmerie est élu, il devra faire un choix entre sa fonction actuelle et celles de conseiller municipal.

A notre connaissance, c’est le seul officier à être tête de liste dans une commune de cette taille, soit plus de 25.000 habitants. L’officier espère, avec sa liste sans étiquette, apporter un vent nouveau à la sous-préfecture du Cher. L’actuel numéro 2 du groupement de gendarmerie mobile d’Orléans a dévoilé sa liste fin février. On y retrouve également un gendarme à la retraite, Frédéric Bernard.

Selon la direction générale, six officiers d’active et un officier général sont candidats aux élections municipales. Le nombre de sous-officiers candidats n’est en revanche pas connu au siège des gendarmes, la comptabilité étant régionale. Le général de brigade Claude Loron, chargé de mission au service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure, est ainsi en 21e position de la liste “Nevers pour tous” du maire (LREM) sortant Denis Thuriot. En congé spécial, il quittera, selon nos informations, le service actif en cas d’élection. Les autres exemples de militaires en service actif candidats sont plus rares. A Cambrai, le lieutenant-colonel (Air) Stéphane Maurice se présente. Et à Languidic, dans le Morbihan, deux militaires d’active, sans plus de précision, sont présents sur la liste du candidat Laurent Duval.

Loi de programmation militaire

Même rares, ces candidatures rappellent que cette année, l’élection est encore plus ouverte aux militaires d’active. Depuis le 1er janvier, ils peuvent en effet être être élus conseillers municipaux des villes de moins de 9.000 habitants. C’est la loi de programmation militaire 2019-2025 qui a introduit cette possibilité. Le législateur a cependant prévu quelques restrictions. Pour des communes de cette taille, les fonctions de maire ou d’adjoint sont interdites aux militaires à moins de demander un détachement. Enfin, les gendarmes ne peuvent être conseillers municipaux dans les communes situées dans leur ressort depuis moins de six mois. Pour s’y retrouver, la direction des ressources humaines du ministère des Armées a d’ailleurs publié un guide.

Le général d'armée David Galtier, inspecteur général des armées-Gendarmerie (Ph PM Giraud/ESSOR
Le général d’armée David Galtier, inspecteur général des armées-Gendarmerie (Ph PM Giraud/ESSOR

Au contraire des militaires d’active, les retraités sont nombreux à s’être présentés aux élections. “Quand vous avez servi la République pendant quarante ans, c’est un prolongement de votre envie de s’engager”, signale à L’Essor le général d’armée (2S) David Galtier. L’ancien inspecteur général des armées Gendarmerie (Igag) est tête de liste à Marseille dans les 13e et et 14e arrondissement, sur la liste de Martine Vassal (LR).

Richard Lizurey à Chartres

Autre officier prestigieux en seconde section à s’engager? Richard Lizurey, l’ancien patron des gendarmes. Il est aux côtés de Jean-Pierre Gorges, le maire divers droite de Chartres candidat à sa réélection. Tandis que le général de corps d’armée (2S) Jacques Grandchamp est candidat à Publier-Amphon (Haute-Savoie), tout comme le général de division (2S) Nicolas Géraud à Rabastens (Tarn).

Lire aussi: David Galtier s’engage dans la bataille des municipales

Plusieurs autres généraux à la retraite sont également présents sur des listes ailleurs en France. Le général d’armée (2S) Roland Gilles, à Albi, le général de corps d’armée (2S) Alain Giorgis à Rochefort, et le général de division (2S) Jacques Vire au Plessis-Robinson apportent leur expertise à des candidats. De même, en Bretagne, le général de division (2S) Jean-Luc Favier est présent à Saint-Malo, tout comme le général de brigade (2S) Michel Coat à Quiberon.

De nombreux anciens gendarmes aux élections municipales

Ces neuf officiers étoilés ne doivent pas éclipser l’engagement d’anciens gendarmes moins galonnés dans les élections municipales. L’ancien gendarme Jean-Paul Neu est ainsi candidat à sa réélection à Lambach, en Moselle. Egalement retraité, François Bordin se présente à Lourmais, en Ille-et-Vilaine. Tout comme Christian Brémond, à Teurthéville-Bocage dans la Manche. Philippe Renaud, auparavant à la tête de la brigade locale, brigue lui la mairie de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir). Enfin, à Saint-Malo, il y aura un duel de gendarmes avec le face-à-face entre le colonel (ER) Philippe Miailhes, soutenu par le Rassemblement national, et Jean-Luc Favier.

Benoît Kandel
L’ancien patron des gendarmes des Alpes-Maritimes Benoît Kandel (Photo D.C/L’Essor)

A Nice, le colonel (ER) Benoît Kandel, candidat de la droite et des indépendants fait face au maire sortant Christian Estrosi. Le capitaine (ER) Jean-François Charrat, de l’association professionnelle nationale de militaires Gendarmes et citoyens, est candidat à La Verdière (Var), tout comme le capitaine (ER) Pascal Monchaux à Saujon (Charente-Maritime). Enfin, plusieurs officiers sont soutenus par le Rassemblement national, tels le lieutenant-colonel (ER) Jean-Michel Cadenas à Laval, le lieutenant-colonel (ER) Jean-Marc Menichini à Signes, et le maréchal des logis-chef (ER) Stéphane Vincent à Palavas-les-Flots.

D’autres anciens gendarmes, pas têtes de liste, sont appelés en renfort. C’est le cas du célèbre premier directeur d’enquête de l’affaire Gregory, Etienne Sesmat, qui apporte son aide à Collioure, dans les Pyrénées-Orientales.  Le sous-officier Alban Larrègle est lui aussi en lice au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), sur la même liste que Jacques Vire, précédemment cité. Le retraité Jean-Paul Laurès se représente à nouveau sur la liste du mairie sortant à Vergezac (Haute-Loire). A Plouha, dans les Côtes d’Armor, Eric Duval peut compter sur deux anciens gendarmes, Didier Le Polès et Pierre Planchenault.

Lire aussi: Affaire Grégory: un arrêt de la Cour de cassation “minimaliste” pour Etienne Sesmat

Militaires ou policiers se présentent également aux élections municipales

Non exhaustive, cette énumération prouve que les élections municipales concernent de près les gendarmes. Si une simple recherche dans un moteur de recherche laisse penser que leur engagement est conséquent, difficile en revanche, en l’absence de statistiques, de prouver que ces derniers se mobilisent plus que d’autres anciens militaires.

Le général de corps d’armée (2S) Patrick Marengo est ainsi candidat (LR) à sa succession à Royan (Charente-Maritime). A Carpentras, dans le Vaucluse, l’ancien major général de l’Armée de terre, le général de corps d’armée Bertrand de La Chesnais, conduit une liste de droite. Enfin, au Touquet (Pas-de-Calais), l’ancien commissaire divisionnaire de police Hervé Pierre espère ravir la cité balnéaire chère à Emmanuel Macron. Premiers éléments de réponse pour tous ces candidats dimanche prochain, avant le second tour fixé au dimanche 22 mars.

GT.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *