mercredi 25 novembre 2020
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Des gendarmes mobiles dans une opération de maintien de l'ordre lors du mouvement des gilets jaunes en avril 2019 (Photo: GT/L'Essor)
Des gendarmes mobiles dans une opération de maintien de l'ordre lors du mouvement des gilets jaunes en avril 2019 (Photo: GT/L'Essor)

Ce que change le nouveau schéma national du maintien de l’ordre pour les gendarmes

L’Intérieur vient enfin de rendre public les grandes lignes de son nouveau schéma national du maintien de l’ordre, annoncé en mars 2019.

Ce document de doctrine devait, expliquait l’ancien locataire de la Place Beauvau, Christophe Castaner, “répondre aux nouvelles formes de violences”. De même, il devait suggérer des “changements profonds dans la communication, faire évoluer nos tactiques et nos modes d’action”, et enfin s’appuyer “sur l’innovation et les progrès technologiques”.

Dix-huit mois plus tard, que reste-t-il de ces intentions ? Le nouveau ministre, Gérald Darmanin, a dévoilé ce vendredi les lignes du nouveau schéma à l’occasion de l’installation de la nouvelle patronne des CRS, Pascale Régnault-Dubois. Sans vraiment de changement majeur mais avec de petites inflexions.

Hausse des effectifs

La nouvelle doctrine s’accompagne d’un renforcement des moyens. Ainsi, 300 postes de gendarmes mobiles vont être créés. Les mobiles sont particulièrement choyés, puisqu’ils bénéficient de près de 60 % de la hausse des effectifs annoncés.

Le général d’armée (2S) Jean-Régis Véchambre, l’un des experts associés aux travaux du ministère, avait déploré dans nos colonnes la fonte des effectifs de la Gendarmerie mobile sur ces quarante dernières années. Alors même, rappelait-il, que les “effectifs professionnels sont la condition principale d’un rapport de force dissuasif évitant le recours à la force”. La hausse des effectifs va peut-être enfin pouvoir donner un peu de répit aux gendarmes mobiles. “Avec la crise sanitaire, nous avons été beaucoup mobilisés sur les patrouilles, note l’un d’entre eux. Pour certains, il y a eu des problèmes pour prendre ses repos.”

Lire aussi: Déontologie, maintien de l’ordre: ce qui peut être amélioré chez les gendarmes

Equipement

Gendarmes et policiers vont également se partager 300 véhicules neufs, sept engins lanceurs d’eau, 270 véhicules de reconnaissances, cent camions, 130 véhicules de commandement et dix porte-drones. On ignore la répartition de ces moyens entre les forces. L’utilisation des drones équipés de caméras devrait toutefois passer par l’adoption, au parlement, d’un nouveau “cadre juridique adapté”. On notera par contre que le ministre n’a pas abordé le sujet du remplacement des blindés de la Gendarmerie, les fameux VBRG.

Toujours côté équipement, la Place Beauvau a décidé de mettre au rebut la grenade à main de désencerclement. La GMD est une grenade à effet de souffle. C’est une arme de première catégorie. Elle projette lors de son explosion 18 plots en caoutchouc. Utilisée pour se dégager ou en cas de légitime défense, elle sera remplacée par un nouveau modèle “offrant moins de projections en hauteur, dès ce samedi”. “Fallait-il retirer l’arme ou être plus vigilant sur son utilisation, à savoir bien la jeter par le bas ?, s’interroge le gendarme mobile que nous avons interrogé. Nous devons quand même maintenir l’ordre. Il faut que nous puissions montrer que nous sommes là. Les manifestants violents n’ont plus peur du tout.”

Quant à l’emploi du lanceur de balle de défense, il va changer mais seulement pour les policiers de la sécurité publique. L’usage du LBD sera en effet désormais “assorti d’un superviseur pour mieux évaluer la situation d’ensemble et désigner l’objectif”. C’est déjà la pratique en vigueur chez les gendarmes mobiles.

Sommations plus explicites avec le nouveau schéma national du maintien de l’ordre

Le maintien de l’ordre à la française va aussi passer désormais par des sommations “plus explicites et totalement modernisées”. La technique de la nasse, parfois décriée, pourra toujours être utilisée. Mais elle sera “strictement encadrée” et “circonscrite dans le temps”. Une annonce saluée par l’association professionnelle GendXXI. “Encore et toujours, le maintien de l’ordre doit être une mission réservée aux professionnels”, remarque l’APNM.

Si le port de cagoule est toujours proscrit pour les unités de maintien de l’ordre – hors renseignement -, le ministre de l’Intérieur souhaite interdire la diffusion des visages non floutés des personnels. “Cette mesure doit les protéger ainsi que leurs proches, indique Gérald Darmanin. Trop d’agressions, je sais, existent en dehors du service.”

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3 Commentaires

  1. Blaf

    La répartition des moyens entre police et gendarmerie ?? ne cherchez pas : comme d’habitude 80% pour la police, 20% pour la gendarmerie… mais rassurons nous, il va y avoir un superviseur qui pourra créer une commission dont les conclusions feront l’objet d’un rapport, ce qui permettra de réagir rapidement à une situation de maintien de l’ordre…
    On arrête pas le progrès !!

  2. DRAILLET

    Jusqu’à aujourd’hui la GENDARMERIE est un corps militaire que fait elle au sein du ministère de l’intérieur !!!!!!!!!!

    • Alain Dumait

      En effet : “La Gendarmerie nationale est une force armée française chargée des missions de police et placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Contrairement aux policiers, ses membres sont des militaires. Héritière de la Maréchaussée, la Gendarmerie est l’une des plus anciennes institutions françaises”. (Wikipédia)

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