jeudi 1 octobre 2020
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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de son discours aux forces de l'ordre le 12 octobre 2016 à l'Ecole militaire, Paris. Crédit : M.G/Essor.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de son discours aux forces de l'ordre le 12 octobre 2016 à l'Ecole militaire, Paris. Crédit : M.G/Essor.

Cazeneuve : « 2016, une année sans précédent pour les forces de sécurité intérieure »

Sécurité, délinquance, terrorisme : les forces de l’ordre ont été « mobilisées sur tous les fronts », a souligné ce mercredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve lors de son traditionnel discours devant gendarmes et policiers, qui avait cette année une tonalité particulière.

Un discours sous forme de bilan et d’hommage aux gendarmes et policiers mobilisés de manière croissante en 2016. En introduction, le ministre a adressé ses pensées aux policiers attaqués à coups de cocktails molotov à Viry-Châtillon (Essonne) par une quinzaine de personnes. « tout est mis en œuvre par nos services de police judiciaire pour retrouver et interpeller les auteurs de ces actes barbares : ils seront interpellés, jugés et sévèrement punis », a déclaré Bernard Cazeneuve. Pour le ministre, avec cette attaque et celle qui a visé les deux policiers assassinés à Magnanville « au motif qu’ils étaient l’un et l’autre des policiers, des serviteurs de l’Etat », « une nouvelle étape a été franchie »  dans la violence à laquelle policiers et gendarmes sont confrontés.

A cette occasion, il a rappelé que 14 policiers et gendarmes ont perdu la vie en service en 2015, 17 depuis le début de l’année 2016. Plus de 18.000 policiers et gendarmes ont également été blessés au cours de l’année 2015, et plus de 11.000 ces neuf derniers mois.

Bernard Cazeneuve estime que nous avons « changé d’époque »  et que le combat à venir, « de longue haleine, sera sans nul doute l’affaire d’au moins une génération » et ne connaitra «  aucune trêve ni aucune pause».

C’est pour cela, a assuré le ministre, que depuis 2012, « notre politique de sécurité n’a poursuivi qu’un seul et unique objectif : réarmer la France et la République ».

« Une politique de recrutements massif » 

Et Bernard Cazeneuve de poursuivre un discours mêlant adieux aux forces de l’ordre, témoignage de satisfaction à leur égard et, du même coup, bilan élogieux de sa politique. « D’ici la fin du quinquennat, a t-il réitéré, nous aurons recruté 9.000 policiers et gendarmes en plus », alors qu’entre 2007 et 2012 « plus de 13.000 postes avait été détruits » dans la Police et la Gendarmerie.

Un bilan qu’il présente d’ailleurs en miroir des attaques dont il fait l’objet dans le cadre des primaires de la droite dont, pince-sans-rire, il précise qu’elle portent bien leur nom.

Ces moyens supplémentaires, a t-il précisé, permettent de renforcer la sécurité dans la région de Calais où « plus de 240 policiers gendarmes sont arrivés au cours de ces dernières semaines ». Au total, plus de 2.100 gendarmes et policiers sont actuellement mobilisés face à la crise migratoire dans le Calaisis.

400 policiers et gendarmes doivent également arriver dans les territoires d’Outre-Mer entre fin 2016 et 2018, « pour faire face aux graves problèmes de violence et d’insécurité en Guadeloupe et en Guyane, mais également en Martinique ».

Le ministre a ensuite listé les dissolutions d’escadrons de gendarmerie mobile, la déflation des effectifs des CRS, ou encore la fermeture de quatre écoles de gendarmerie quand il peut se féliciter de la création d’un escadron à Rosny-sous-Bois (EGM 20/1), ou d’une école de sous-officiers de Gendarmerie à Dijon.

Un « puissant engagement » contre le terrorisme

Le ministre de l’Intérieur a rappelé les moyens mis en œuvre pour lutter contre le terrorisme, soulignant les nombreuses mesures administratives qui ont été prises et ont ainsi permis la saisie de près de 600 armes à feu, dont 75 armes de guerre.

« Face à la menace il était urgent de réformer notre dispositif de renseignement intérieur », a également déclaré Bernard Cazeneuve, rendant hommage à la DGSI et au SCRT « qui ont accompli un travail considérable pour lutter contre le risque terroriste ».

De même, le ministre a insisté sur la mise en place d’une coopération plus aboutie entre forces d’intervention dans le cadre d’attaque terroristes avec le Schéma national d’intervention (SNI) : « L’heure est à l’unité, à la mutualisation et à la coopération entre le GIGN, le Raid et la BRI ». Évoquant le « renforcement du maillage territorial » en matière de contre-terrorisme, il a ainsi mentionné la création de trois antennes du Raid à Montpellier, Toulouse et Nancy d’ici début décembre, après la mise en place, au mois de septembre, de deux BRI et de la DCPJ à Dijon et à Metz, et la création de quatre antennes du GIGN à Nantes, Reims, Tours et Mayotte.

« Les réserves conserveront leur statut et leurs prérogatives » 

Au soir même de l’annonce de la création de la future Garde nationale en Conseil des ministres, Bernard Cazeneuve n’a pas précisé davantage les contours de cette nouvelle entité. Il a toutefois souligné que cette Garde nationale « jouera un rôle de catalyseur » pour développer les réserves, « lesquelles conserveront leurs statuts et leurs prérogatives ». Il s’est voulu rassurant en évoquant « une gouvernance partagée entre l’Intérieur et la Défense ».

Du côté du ministère de l’Intérieur, l’objectif est de parvenir à mobiliser, d’ici fin 2018, 4.000 gendarmes et 1.700 policiers de la réserve opérationnelle, au quotidien.

Nathalie DELEAU/Matthieu GUYOT

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