dimanche 22 septembre 2019
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Gardes républicains mobiles à cheval dans les années 1930 à Paris (Photo : cliché LCPC éditions Xavier Richer)
Gardes républicains mobiles à cheval dans les années 1930 à Paris (Photo : cliché LCPC éditions Xavier Richer)

Quand le ministre de l’Intérieur ressuscite les gardes mobiles à l’Assemblée

L’appellation fleure bon les années trente. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a parlé, ce lundi 3 décembre lors de son audition devant l’Assemblée nationale, de “gardes mobiles” au lieu de gendarmes mobiles.

Le ministre était auditionné au sujet des graves incidents survenus à Paris le 1er décembre lors de la manifestation des “Gilets jaunes”.

Lire aussi sur L’Essor: Gilets jaunes : 37000 gendarmes engagés et 12 blessés samedi 

Gendarmes mobiles, équipés d'un casque bleu (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarmes mobiles, équipés d’un casque bleu (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

 “Je voudrais rappeler que nous avions, en 2008, 31 167 gardes mobiles et CRS dans notre pays. Nous en avons aujourd’hui 26 800”, a précisé M. Castaner aux députés. Mais il y a bien longtemps – depuis 1954 – que les gendarmes mobiles ne s’appellent plus officiellement “gardes mobiles”.

Le ministre de l’Intérieur n’est pas le seul à faire la confusion. Dimanche matin, sur Europe 1, Benjamin Griveaux a lui aussi évoqué “un garde mobile”. Une imprécision remarquée par l’un de nos internautes du forum de l’Essor.

On a tous en tête les images de ce garde mobile qui, hier, se fait attraper et commence à se faire lyncher sous l’Arc de Triomphe (…) là où, il y a quelques semaines à peine, on célébrait la paix, on célébrait la fin de la guerre”, a ainsi déclaré le porte-parole du gouvernement.

CRS, reconnaissables à leur casque noir orné de bandes jaunes (Ph:M.GUYOT/ESSOR)
CRS, reconnaissables à leur casque noir orné de bandes jaunes (Ph:M.GUYOT/ESSOR)

Las, il ne s’agissait ni d’un garde mobile, ni même d’un gendarme, mais bien d’un policier, probablement issu des compagnies d’intervention de Paris. Les bandes bleues qui ornent son casque permettent de le distinguer des CRS, qui portent des bandes jaunes, contrairement à ce qui est mentionné dans cette vidéo du Parisien. Pour être très complet, précisons que les casques des policiers sont noirs, quand ceux des gendarmes mobiles sont bleus.

Ce policier chanceux faisait partie d’un groupe dont l’un des membres était équipé d’une caméra de poitrine. La vidéo de leur intervention offre une immersion saisissante au coeur des affrontements. 

 

Pierre-Marie Giraud (avec MG)

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2 Commentaires

  1. Fougasse

    En fait, le nom de Garde mobile a officiellement disparu en 1940 (et non pas en 1954) lorsque la Garde républicaine mobile a été dissoute sur exigence des Allemands. Elle a été remplacée par la Garde jusqu’en 1944 puis par la garde républicaine jusqu’en 1954, date à laquelle elle a pris le nom de gendarmerie mobile (source Wikipédia – ou tout autre bouquin bien documenté sur la gendarmerie).

    Même si le nom de garde républicaine mobile avait disparu, j’imagine que ceux qui avaient l’habitude ont continué à parler de garde mobile pendant et après la guerre – mais je n’étais pas là pour voir ça.

    Pour mémoire, le nom de garde mobile avait déjà été utilisé pour parler d’un autre corps (qui ne faisait pas partie de la gendarmerie) dès le 19e siècle.

  2. JFC

    Les journalistes aussi ont des problèmes pour différencier les gendarmes et les policiers, mais ce sont majoritairement des citadins. Pour eux le gendarme c’est un mec en bleu qui les enquiquine quand ils partent en vacances.

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