mardi 21 mai 2019
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Laurent Nunez, le directeur de la DGSI, lors des voeux de la Gendarmerie en janvier 2018 (Crédit photo: MG/L'Essor).
Laurent Nunez, le directeur de la DGSI, lors des voeux de la Gendarmerie en janvier 2018 (Crédit photo: MG/L'Essor).

Davantage de missions du GIGN pour la direction générale de la sécurité intérieure

C’est pour le moment une chasse gardée de la Police. A Levallois-Perret (Haut-de-Seine), au siège de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les gendarmes font figure d’oiseau rare. Un seul officier y officie, au titre du renseignement territorial ! Ce qui ne veut pas dire que gendarmes et agents de la sécurité intérieure ne travaillent pas ensemble. Laurent Nuñez, le directeur de la DGSI, a répondu par écrit aux questions de L’Essor sur les relations entre ce service secret et la Gendarmerie. Et notamment annoncé une volonté d’accroître les missions du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

Lire aussi sur L’Essor : Les espions du renseignement intérieur protégés par des gendarmes

Retrouvez dans l’édition de mars de notre magazine notre dossier spécial sur le renseignement et la Gendarmerie.

L’Essor : Concrètement, comment la DGSI travaille avec la Gendarmerie?

Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Photo d'illustration/ L'Essor).
Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Illustration/L’Essor).

Laurent Nuñez : La DGSI travaille avec la direction générale de la Gendarmerie nationale sur plusieurs thématiques. Nous sommes notamment associés aux investigations et suivis effectués par la DGGN sur certains dossiers qu’elle peut être amenée à suivre en fonction de sa compétence territoriale, dont l’ultra gauche violente et le suivi de la mouvance anarcho-autonome. La collaboration s’effectue dans d’excellentes conditions, tout comme d’ailleurs avec le service central de renseignement territorial.

Concernant la lutte anti-terroriste, la DGGN joue un rôle important en termes de détection de profils à risque qui remontent par le canal du SCRT, qui rassemble policiers et gendarmes. Par ailleurs, de nombreux préfets dans les territoires, et c’est une excellente chose, confient en groupe d’évaluation départemental le suivi d’objectifs radicalisés à la DGGN, qui aujourd’hui prend en compte près plus de 1.000 objectifs inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). La remontée d’informations de ces suivis s’effectue via le renseignement territorial qui fait des points réguliers de ces suivis en groupe d’évaluation départemental. Quand il apparait qu’un objectif entre dans le domaine de compétences de la DGSI (forte radicalisation et évolution vers un risque d’actions violentes), nous sommes saisis du suivi de cet objectif ou nous faisons jouer notre droit d’évocation. Dans tous les cas, ce qui importe, c’est de partager l’information dans le cadre de circuits courts et réactifs et c’est bien ce qui est fait entre nous tous, SCRT, DGSI, direction du renseignement de la préfecture de police de Paris et DGGN au travers du SCRT.

Un officier de gendarmerie est en poste à la DGSI, en tant qu’officier de liaison du renseignement territorial ? Envisagez-vous de recruter à l’avenir des gendarmes ?

La DGSI est une direction des services actifs de police et doit le rester. J’y tiens et pour nous c’est essentiel. J’y suis très attaché tout comme je suis très attaché à nos compétences judiciaires qui nous permettent, notamment en matière de lutte anti-terroriste, d’être systématiquement co-saisis des affaires ce qui nous donnent une vue d’ensemble des affaires et de la menace et nous permet ainsi d’être mieux à même de la parer. Maintenant, je n’oublie pas que la DGSI est aujourd’hui une direction autonome par ailleurs chef de file de la lutte anti-terroriste. Elle a donc vocation à travailler avec tout le monde.

Comment travaillez vous avec le GIGN?

Photo d'illustration (GIGN).
Une équipe du GIGN en surveillance Photo d’illustration (GIGN).

Le GIGN est sollicité par la DGSI pour mener un certain nombre d’opérations sous mon autorité et notamment des opérations de surveillance.

Ces missions se passent dans d’excellentes conditions et pour la plus grande satisfaction de tous. Il n’est pas question de revenir là dessus et j’en discute souvent avec le général Richard Lizurey, nous souhaitons au contraire accroître ses missions.

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