mercredi 20 mars 2019
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Le sénateur Yannick Vaugrenard (Capture d'écran Sénat).
Le sénateur Yannick Vaugrenard (Capture d'écran Sénat).

Budget : pour le sénateur Yannick Vaugrenard, “le compte n’y est pas”

L'hémicycle du Sénat - Illustration (DR)
L’hémicycle du Sénat – Illustration (DR)

Le compte n’y est pas.” C’est le constat, sans fioriture, du sénateur (PS) de Loire-Atlantique à propos du budget de la Gendarmerie. Ce mercredi 28 novembre, Yannick Vaugrenard a présenté aux autres sénateurs son avis sur le budget de la Gendarmerie pour l’année 2019. L’élu a appelé ses pairs de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat à voter un avis défavorable sur ces crédits.

Qu’il s’agisse des moyens de fonctionnement courant, des véhicules ou encore de l’immobilier, les crédits prévus ne sont pas à la hauteur des enjeux, relève le sénateur. Plus encore que les montants prévus, c’est la stratégie d’ensemble qui fait défaut.”

Un regard plus sévère

Le ton du sénateur s’est durci. L’an passé, il avait ainsi demandé aux sénateurs de la commission de voter un avis favorable “avec réserves”. Il jugeait alors les crédits proposés “globalement acceptables”. Une position modérée isolée au Palais du Luxembourg. Les autres rapporteurs pour avis tiraient, eux, la sonnette d’alarme.

Lire aussi sur L’Essor : Budget de la Gendarmerie : le cri d’alarme des sénateurs

Cette année, Yannick Vaugrenard s’inquiète tout d’abord de dépenses d’investissement en recul. Les crédits prévus, remarque-t-il, sont “inférieurs de plusieurs centaines de millions d’euros” à ceux réellement nécessaires pour le logement ou les véhicules des gendarmes.

Le sénateur passe également en revue la question des tâches indues, comme les gardes statiques. Elles accaparent les militaires pour des “missions périphériques” au détriment de leur présence sur le terrain. L’élu regrette enfin la perte d’équivalents temps plein avec l’application de la directive européenne sur le temps de travail. Les emplois perdus sont “loin d’être compensés par le plan de croissance des effectifs”.

Direction du numérique

Un dernier point inquiète particulièrement Yannick Vaugrenard. Avant de quitter le ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb a, cet été, missionné son secrétaire général pour une réforme d’ampleur. Ce dernier est chargé de mener une réforme des achats et la création d’une direction du numérique.

Deux services mixtes de la Gendarmerie et de la Police sont particulièrement concernés par cette réforme qui doit s’étaler sur un an. Ce sont le service de l’achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (Saelsi) et le service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure (STSI2).

Lire aussi sur L’EssorComment la Gendarmerie s’empare du numérique

Or, rappelle le sénateur, si les forces de sécurité disposent d’outils efficaces comme Neo ou le futur système de gestion des soldes Agorha, c’est grâce à l’efficacité et à la maîtrise des coûts de ces services. “Il est essentiel que le nouveau dispositif permette de capitaliser sur ces réussites reconnues”, avertit Yannick Vaugrenard. En clair, la recherche d’économies ne devra pas se faire au détriment de la proximité des services actuels avec le terrain.

Gabriel Thierry.

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