dimanche 25 août 2019
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Le général de corps d’armée Richard Lizurey a été nommé directeur général de la gendarmerie nationale mardi lors du Conseil des ministres, succédant à Denis Favier. (Crédit photo : Major Fabrice Balsamo Sirpa gendarmerie)
Le général d’armée Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (Crédit photo : Major Fabrice Balsamo Sirpa gendarmerie)

Le budget de la Gendarmerie commenté par le général Lizurey

Alors que s’ouvrait l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2017 à l’Assemblée nationale, mardi 18 octobre, le général Richard Lizurey était auditionné par la Commission de la défense nationale et des forces armées. Le directeur général de la Gendarmerie a dressé le bilan de l’année 2016 et a évoqué les grandes lignes du budget de l’Institution pour 2017.

Voici les principaux points de son intervention :

  • Budget global : « Le budget 2017 est en hausse de 342 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 293 millions en crédits de paiement ». Les crédits du programme Gendarmerie s’élèveront en effet, en 2017, à 8,79 milliards d’euros en autorisations d’engagement (en hausse de 4 %, après une hausse de 4,7 % en 2016), et à 8,59 milliards d’euros en crédits de paiement (en hausse de 3,5 % après une hausse de près de 3% en 2016).
  • Effectifs : « 255 postes supplémentaires vont pouvoir être créés » . Parmi eux, 200 viendront renforcer les unités territoriales, 55 seront affectés aux antennes du renseignement territorial (ART). Par ailleurs, 144 effectifs supplémentaires, financés par EDF, iront renforcer les Pelotons spécialisés de protection de la Gendarmerie (PSPG), affectés à la sécurité des centrales nucléaires. En 2016, « les effectifs de la Gendarmerie ont augmenté de plus de 2.300 postes », a fait observer le général Lizurey, ajoutant que cela a permis de créer un escadron de gendarmerie mobile à Rosny-sous-Bois (EGM 20/1) et un cinquième peloton dans 22 EGM. Trois antennes supplémentaires du GIGN sont venues compléter le dispositif d’intervention, porté à six antennes en métropole et une à Mayotte. 50 Psig Sabre ont été créés en 2016, 50 autres le seront en 2017. 583 personnels sont venus renforcer les brigades territoriales, notamment dans les zones frontalières. Enfin, 7.000 gendarmes adjoints volontaires ont été recrutés.
  • Temps de travail : Menacée par des actions en justice, la Gendarmerie a dû retirer son instruction sur le temps de travail pour respecter la directive européenne 2003/88/CE. Un nouveau texte a été élaboré qui est entré en vigueur au 1er septembre. La mise en place de 11 heures de repos physiologique journalier par tranche de 24 heures est « d’une difficulté sans nom » a affirmé le général qui fait état d’une baisse de la capacité opérationnelle de la gendarmerie qu’il estime entre 3% et 5% de temps de service en moins, soit « 3.000 à 5.000 équivalents temps plein (ETP) ». Le DGGN précise que cette instruction temporaire n’est toujours pas en conformité avec la partie du texte européen qui impose une durée maximale de 48 heures de travail hebdomadaire. En effet, cela implique que « quand on assure une garde à vue de 96 heures on a quinze jours de repos ensuite », a-t-il déploré, estimant la directive européenne « un peu à contre courant au moment où nous devons tous nous mobilier contre le terrorisme ».
  • Brigades et proximité : En 2017, le Directeur général entend mettre l’accent sur les brigades territoriales, les « briques de base » de la Gendarmerie. Il souhaite leur confier une mission unique : aller à la rencontre de la population et des élus. « Une brigade classique aujourd’hui a la totalité du spectre missionnel : police de la route, police judiciaire, police administrative…, ainsi que toutes les charges administratives liées au fonctionnement d’une brigade. L’idée serait de retirer toutes ces missions, ou une grande partie, à certaines brigades pour leur donner du temps. Tout ce qui consomme du temps à la caserne a vocation soit à ne plus être fait, soit à être fait par quelqu’un d’autre, une unité spécialisée comme une unité de recherche pour la PJ, une unité motorisée pour la sécurité routière,…», a expliqué le général Lizurey.
  • Formation : Le DG a également fait état de l’ouverture d’une nouvelle école à Dijon sur l’emprise de l’ancienne base aérienne 102. La première compagnie d’élèves gendarmes, composée de 124 élèves, a intégré l’école en octobre. La formation en école est réduite à six mois pour les anciens militaires et à huit mois pour les personnes venues du civil.
  • Equipements : « 3.000 véhicules ont pu être commandés en 2016 » a rapporté le général. La tendance est la même pour 2017 avec un budget de 65 millions d’euros. 50.000 tablettes numériques ont été commandées dans le cadre de la mise en place du dispositif NeoGend. Les commandes de tablettes numériques font l’objet d’un programme commun à la Gendarmerie et à la Police. Les Psig Sabre ont été dotés de moyens de protection supplémentaires – casques et boucliers balistiques –, d’un armement – le fusil HK G36, et de véhicules Sharan.
  • Logements :  Le plan d’urgence pour l’immobilier, lancé il y a deux ans, a permis de consacrer 70 millions d’euros de crédits en autorisations d’engagement à des travaux destinés principalement à la mise aux normes des infrastructures immobilières et à la réfection de logements. 5.000 logements ont été refaits en 2016, 4.000 réfections sont prévues en 2017. « C’est un signe, envoyé au plus grand nombre possible d’unités, de l’effort que nous consentons pour les gendarmes et leurs familles », a soutenu le Directeur général.
  • Garde nationale : « L’année 2017 sera marquée par la montée en puissance de la réserve opérationnelle », a souligné le général Lizurey. Dans le cadre de la Garde nationale – regroupant les réserves de la Gendarmerie, de la Police et des armées – les réservistes de la Gendarmerie, aujourd’hui au nombre de 28.500, doivent atteindre les 40.000 d’ici à fin 2018. 4.000 réservistes de la Gendarmerie pourraient ainsi être déployés chaque jour d’ici à fin 2018. Un commandement aux réserves de la Gendarmerie a été créé le 1er novembre. Il remplace la délégation aux réserves.
  • Renseignement : 29 cellules d’observation et de surveillance ont été créées en 2016.  Composées de personnels qui agissent en civil, ces unités sont chargées de contribuer à la recherche du renseignement. Le général a expliqué que l’entrée en vigueur de la loi du 24 juillet 2015 sur le renseignement, a permis de confier à la Gendarmerie des capacités nouvelles : investigations grâces aux Imsi-catchers (valises permettant d’intercepter toutes les communications dans un endroit précis) et moyens d’intrusion électronique.

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8 Commentaires

  1. GERSTER

    Je ne connais pas le nouveau directeur mais je pense exactement comme lui. Chacun son travail et ses spécialités. Après 34 ans de service dont 25 ans en unités de recherches, je comprends que ce personnel doit pouvoir récupérer. Avant on était excessif dans le manque de récupération maintenant on risque d être excessif dans l autre sens et alors la Gendarmerie n aura plus d intérêt pour nos politiques et ce sera la fusion avec la police nationale. J arrête mon commentaire ne voulant pas refaire la Gendarmerie mais je serais tellement heureux que les personnels de brigade se rapprochent de leur population. En retraite je suis très heureux d être proche de la brigade et de la population où je vis.

    • CAUX

      Pour répondre à GESTER, vous avez de la chance d’être proche de votre brigade. Je suis également en retraite depuis 05 ans, et je n’ai rencontré les personnels de ma brigade locale qu’à 02 reprises. La première fois ce sont eux qui sont passés à mon domicile pour récupérer ma carte professionnelle que l’on avait oublié de me retirer. La seconde fois, je me suis présenté à la brigade pour y effectuer une procuration? J’ai rédigé celle-ci debout dans le hall d’accueil…. Tout se perd, dommage. J’ai eu l’occasion aussi d’écrire au Groupement auquel je suis rattaché pour les informer que je souhaitais entrer dans la réserve. C’était fin 2011 : j’attend toujours une réponse. Le plus drôle, c’est que je ne suis même pas en colère. C’était une simple remarque.

    • mutoi83

      L’évolution de la Gendarmerie est telle qu’effectivement une fusion avec la police nationale est à prévoir dans les années à venir. Les gendarmes veulent vivre comme les gens du privé alors qu’ils s’accrochent au statut militaire après avoir “craché” sur la vie en caserne. J’ai vécu 35 ans en caserne et je m’y suis toujours senti bien et en sécurité. L’avenir ne nous le cachons pas sera le statut civil ( pourquoi dire que les gendarmes sont des militaires, ils n’ont plus aucun rapport avec l’armée telle qu’on la conçoit) avec l’abandon des casernements. Quel est l’intérêt de continuer à loger des gendarmes alors que ceux ci ont oublié que le logement était une compensation de la disponibilité. Je connais des gendarmes qui habitent avec leur famille à 40 km de la caserne ne séjournant dans le logement de fonction que 5 jours tous les 15 jours et sans famille ! une chambre suffirait d’où des économies. Retirer les missions aux BT. cela va donner du temps effectivement mais si en cas de besoin ce sont d’autres gendarmes qui interviennent on se pose la question de maintenir autant d’unités. J’ai lu ci-dessous qu’en 14 mois un retraité avait eu une visite, en ce qui me concerne en 14 ans aucune visite alors que je suis allé la première année présenter mes voeux à l’unité ! Dans mon secteur j’ai entendu des gens dire ” les gendarmes on ne les voit jamais où alors c’est pour demander leur route car ils sont perdus” cela est grave. Un officier supérieur m’a fait cette réflexion : ” avant nos gendarmes faisaient un travail remarquable mais ne savait pas le faire savoir, maintenant on sait surtout le faire savoir”.
      Je ne suis pas aigri, j’ai tourné la page et je souhaite malgré tout du fond du coeur me tromper, j’ai confiance dans nos généraux mais quelle est encore leur liberté de manoeuvre vis à vis du politique ?

  2. MJC

    Je vois qu’on se rapproche de plus en plus du fonctionnement de la police. Je suis d’accord avec GERSTER, avant on a abusé de la disponibilité du personnel, combien de 12/15H par jour effectué dans ma carrière (j’en ai aucun regret j’ai adoré mon métier) et maintenant ne risque t-on pas de basculer dans l’abus inverse ? J’ai rencontré cette semaine une patrouille de ma brigade locale, ils étaient pas contents de ce nouveau mode de fonctionnement, de l’ancien non plus d’ailleurs car ils ont plus le temps de passer nous voir. Après 36 ans de gendarmerie, je suis parti un peu déçu de voir tous ces changements qui ne sont pas forcément dans le bon sens quoiqu’en donne la première impression. J’apprécie la retraite et regrette de ne pas voir nos gendarmes (une fois en 14 mois, pour prendre mes coordonnés au tout début). Aucune invitation en 14 mois (Inspection, Ste geneviève, hommage aux morts ou autres). Une lettre du président des retraités m’a souhaité la bienvenue dans l’Aude et le passage prochain d’un délégué à mon domicile, après 14 mois, j’attends encore. Bref je vais cesser mon commentaire car on va croire que je suis aigri, non pas du tout car j’ai tourné la page mais on doit connaitre ce qu’est réellement les relations de l’après activité avec la gendarmerie …………

    • CHAMBERT

      les temps ont changé, certes pas toujours en bien, mais il faut vivre avec son temps, la base du recrutement n’est plus la même non plus et quand à la Ste Geneviève il faut se rappeler que de les évènements ne permettent pas toujours de faire ce que l’on veut surtout ces dernières années et les cérémonies ont du être annulées. Et puis en retraite on a aussi le temps d’aller à la rencontre de nos camarades d’active ………..NON???
      Bonne fin d’année à tous

  3. DB

    Je dis peut-être une bêtise, mais les réservistes pourraient aussi parfois organiser la Sainte Geneviève en se manifestant auprès des compagnies?
    C’est vrai qu’ils ont plus le temps de créer du lien je pense, plutôt que ceux qui ont encore la tête dans le guidon, et qui vont encore avoir une réforme des retraites dans quelques mois… Non?

  4. CLLT

    Les gendarmes à la rencontre de la population locale ça me fait bien rire. Après tente ans de boutique et cinq ans de retraite, jamais vu. Il est exact que les brigades font du boulot qui ne leur revient pas, je pense à la police de la route : que font les edsr entre autre ? Pour ma part je suis à fond pour une force de police unique en France. Çà marche très bien dans d’autres pays il n’y a pas de raison pour que ça ne marche pas chez nous. La gendarmerie n’a plus de raison d’exister. La France est très en retard (comme d’habitude) dans sa gestion des forces de l’ordre. Moi non je ne suis pas aigri, mais je terminerai en marquant ma désapprobation totale sur la remise de la cravate de la légion d’honneur au général lizurey, qui même pas après trois mois de boulot se voit attribuer cette haute distinction sans aucun motif valable. C’est un pied de nez et un manque de respect notoire à l’égard de certains de ses subordonnés qui triment comme des esclaves et pour avoir quoi : que nenni.

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