samedi 8 mai 2021
Accueil / A la Une / Le bilan contrasté de la Cour des comptes sur l’externalisation des gardes statiques
La Cour des comptes (Crédit photo: TouN
La Cour des comptes (Crédit photo: TouN

Le bilan contrasté de la Cour des comptes sur l’externalisation des gardes statiques

Le siège du Cnaps (Crédit photo: GT/L'Essor).
Le siège du Cnaps (Crédit photo: GT/L’Essor).

En dix ans, 291 équivalent temps-plein dédiés à la garde et à la surveillance de sites sensibles ont été restitués à la Gendarmerie. C’est la Cour des comptes qui vient de faire ce bilan, dans son rapport annuel, publié ce mercredi 7 février, en marge d’un chapitre cinglant pour la sécurité privée et son principal régulateur, le conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps).

Les magistrats de la rue Cambon y analysent le transfert de certaines missions de sécurité du public (la Police nationale et la Gendarmerie) vers le privé. Pour la Cour des comptes, le mouvement d’externalisation a été “conduit sans vision cohérente”. “Dans l’ensemble, le mouvement d’externalisation des missions de garde statique s’est accéléré à partir de 2015 dans un contexte de mobilisation intense des effectifs de policiers et de gendarmes“, relève le rapport.

 

Pas de stratégie coordonnée

Pour la Cour des comptes, ces externalisations ne s’inscrivent pas dans une “stratégie coordonnée et une méthode rigoureuse“. Au contraire, elles procèdent, estime-t-elle, “davantage de volontés spontanées, fondées sur la notion imprécise de “charge indue”, dénoncée avec force dans les forces de sécurité intérieure. Peu valorisées, ces missions qualifiées ironiquement en interne de “plantes vertes” font – c’est un euphémisme – peu rêver dans la Gendarmerie ou dans la Police. “L’externalisation présente pour principal intérêt de redéployer des effectifs de sécurité publique sur des missions plus proches de leur cœur de métier, c’est-à-dire davantage en adéquation avec leurs compétences et leurs qualifications“, notent ainsi les magistrats financiers.

Les gardes statiques sont cependant bien loin d’avoir toutes été transférées au secteur privé. En 2016, selon la Cour des comptes, 3.857 équivalent temps-plein de policiers et de gendarmes étaient affectés à ce type de mission, dont environ 2044 dans la Gendarmerie. “Ce nombre ne traduit pas la marge d’externalisation envisageable dans la mesure où il recouvre des points de garde de sensibilité variée et des missions de surveillance de nature très différente“, souligne la Cour des comptes. Pour autant, il est fort possible que ce mouvement d’externalisation se poursuive et que les activités de gardes statiques diminuent dans la Police et la Gendarmerie. Les nouvelles dispositions encadrant l’armement des agents de sécurité privée devraient, estime la Cour de comptes, conduire la Place Beauvau à “anticiper de nouvelles externalisations potentielles”.

Lire aussi sur L’Essor : En 2018, la nouvelle ère de l’armement dans la sécurité privée (actualisé)

Gabriel Thierry

Crowdfunding campaign banner

2 Commentaires

  1. Martin Gomes

    J’étais étonné de voir cet article bien complet, que l’externalisation peut toucher un tel domaine alors que dans la plupart des cas ce sont les entreprises qui externalisent leurs activités. Bien vu comme sujet!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.