vendredi 6 décembre 2019
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Paris, le 14 novembre. Policiers et journalistes devant la salle du Bataclan ou des hommes armés ont commis un véritable carnage la veille au soir. Photo: M. GUYOT/ESSOR
Paris, le 14 novembre. Policiers et journalistes devant la salle du Bataclan où des hommes armés ont commis un véritable carnage la veille au soir. Photo: M. GUYOT/ESSOR

Trois ans après le Bataclan, le rôle des militaires toujours en question

Tribunal de grande instance de Paris. (Illustration/MG/L’Essor).

On devrait connaître prochainement les suites données à la plainte pour non-assistance à personne en péril déposée par des victimes et familles du Bataclan. Les conseils à l’origine de la procédure, Mes Jean Sannier, Océane Bimbeau et Samia Maktouf, s’attendent à connaître la décision du parquet de Paris dans les prochaines semaines. Les trois avocats estiment qu’une intervention des militaires de la force Sentinelle, le 13 novembre 2015, aurait permis de sauver des vies. L’attaque de la salle de spectacle s’est soldée par la mort de 90 personnes.

L’autorité judiciaire peut ouvrir une enquête préliminaire, demander l’ouverture d’une instruction judiciaire ou classer la plainte sans suite. Dans ce dernier cas, les 17 victimes et ayants droit à l’origine de cette plainte devraient déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris.

Prêter leurs fusils d’assaut

Photo d’illustration (S.D/L’Essor).

Cette action en justice vise à comprendre pourquoi les militaires de la force Sentinelle présents à proximité du Bataclan ne sont pas intervenus. Le soir de l’attaque terroriste, le 13 novembre 2015, huit militaires du 1er régiment de chasseurs de Thierville étaient présents. Des policiers de la BAC de nuit du Val-de-Marne avaient été les premiers à intervenir dans la salle de spectacle. Ils avaient demandé en vain aux militaires d’engager une riposte ou de leur prêter leurs fusils d’assaut.

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La commission d’enquête de l’Assemblée nationale s’était penchée sur le rôle des militaires de Sentinelle. Auditionné, le gouverneur militaire de Paris avait déclaré ne pas avoir reçu de demande d’autorisation d’engagement des militaires de la part de l’autorité civile. Il précisait qu’il aurait refusé une telle demande , faute de plan d’action prédéfini.

La question de la responsabilité se pose, estime Jacques Bessy, président de l’Adefdromil. Quand vous avez des militaires armés à proximité et que vous ne les faites pas intervenir, cela pose question.” Même son de cloche dans un long article sur le blog personnel de l’historien Michel Goya. S’il estime que les critiques à l’envers des militaires sur le terrain relèvent d’un “mauvais procès”, le blogueur s’interroge sur le rôle du commandement et des politiques.

Le GIGN aux Célestins

Gendarmes du GIGN. Photo d’illustration (M.GL’Essor).

Des interrogations avaient également été émises sur le rôle du GIGN, placé en alerte à la caserne des Célestins. Une lettre anonyme avait fait part du regret de gendarmes du groupe de ne pas avoir été engagés au Bataclan. Le groupe d’intervention n’est toutefois pas concerné par la plainte déposée pour non-assistance à personne en péril. La direction générale de la Gendarmerie nationale avait, à ce sujet, affirmé qu’aucun élément ne venait accréditer un éventuel dysfonctionnement dans l’emploi du GIGN.

Lire aussi sur L’Essor : Grogne au GIGN : “aucun élément” sur un “dysfonctionnement” le 13 novembre (direction de la gendarmerie)

Gabriel Thierry.

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Un commentaire

  1. Albert

    Ils avaient des ordres tout simplement…c’est plus haut, beaucoup plus haut qu’il faut chercher…et tout le monde le sait.

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