mercredi 24 avril 2019
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Un véhicule blindé à roues de la Gendarmerie en manoeuvre au Centre d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier en Dordogne (Ph: CNEFG)
Un véhicule blindé à roues de la Gendarmerie en manoeuvre au Centre d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier en Dordogne (Ph: CNEFG)

Avec les Gilets jaunes, les vieux engins blindés de la Gendarmerie trouvent une nouvelle jeunesse

Véhicules blindés à roues de la Gendarmerie en manœuvre au Centre national d’entraînement des forces de Gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Crédit photo: M. GUYOT/ESSOR).

Sa silhouette était largement inconnue il y a encore une semaine du grand public. Elle est désormais familière pour les téléspectateurs. L’engagement des véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG) ce samedi 8 décembre n’est pas passé inaperçu. Les quatorze engins déployés de manière inédite dans les rues de la capitale ont frappé les esprits. En témoigne les nombreuses réactions à propos du véhicule arborant un drapeau européen sur son flanc, ou les moqueries envers l’engin dénommé Hermès à l’instar de la marque de luxe.

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Quelques jours après la manifestation, c’est l’heure du bilan. L’utilisation de ces engins a incontestablement produit un effet psychologique et dissuasif qui a joué en faveur du maintien de l’ordre. L’arrivée des blindés dans la capitale a été “une manière de marquer la haute intensité de la crise, observe ainsi auprès de L’Essor le colonel (ER) Philippe Cholous, un spécialiste qui a quitté il y a peu le Groupement blindé de la gendarmerie mobile (GBMG). C’était le dernier recours avant l’armée qui n’était pas souhaitable.”

Une protection

Gendarmes mobiles à Paris en 2016 (Crédit: MG/L'Essor)
Gendarmes mobiles à Paris en 2016 (Crédit: M.GUYOT/L’Essor)

Sur le plan tactique, les blindés bleus ont protégé l’action des forces mobiles, en les accompagnant dans leurs manœuvres. L’utilisation de deux véhicules a par exemple été remarquée sur les Champs-Elysées, confie une source à la direction générale. Et, de manière plus générale, ils ont permis aux unités mobiles de ne pas être à découvert. Pour Philippe Cholous, c’est une capacité clé. “Ils ont sécurisé des forces de l’ordre qui sont justement très fortes quand elles peuvent s’adosser à des bâtiments ou des rues”, explique-t-il.

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Déjà très utiles, les véhicules blindés n’ont cependant pas montré ce samedi l’étendue de leurs capacités. D’une part, ils n’ont pas utilisé leur diffuseur de gaz lacrymogène, capable de saturer l’équivalent d’un terrain de football en quelques secondes. Ce gaz ne diffère pas de celui utilisé par les gendarmes mobiles à pied, contrairement à ce qu’a affirmé l’hebdomadaire Marianne. D’autre part, nous rapporte-t-on, sur décision de responsables de “haut niveau” la mitrailleuse de 7,62 mm et le lance-grenade de 40 mm pouvant équiper les engins ont été laissés au garage de Satory.

La question du renouvellement

Le ministère de l'économie et des finances (Crédit photo: Fred Romero / Flickr).
Le ministère de l’économie et des finances (Crédit photo: Fred Romero / Flickr).

L’utilisation des blindés dans les rues de Paris donne aujourd’hui du grain à moudre aux partisans du renouvellement de cette capacité, une demande réitérée en vain chaque année depuis une bonne décennie. Son coût global est estimé dans une fourchette de 50 à 100 millions d’euros. La situation est en effet critique pour ces engins entrés en service en 1974. Seuls 36 d’entre eux, soit la moitié de ces engins, sont désormais mobilisables en métropole. Faute de pièces détachées, les mécaniciens cannibalisent des blindés pour maintenir en état les autres. Quant au blindage, il laisse largement à désirer. Bien que renforcés de plaques de surblindage, les équipages en Nouvelle-Calédonie ont régulièrement des sueurs froides, comme en janvier 2017 où trois gendarmes ont été blessés par les éclats d’une balle de gros calibre de chasse qui avait pénétré dans l’habitacle.

A Irma, Notre-Dame-des-Landes, et dans de nombreuses autres opérations, l’emploi des blindés a été décisif, note cependant un cadre de l’Arme. A Paris, leur action a également été très positive. Elle démontre la nécessité absolue de renouveler notre flotte.” Un besoin, en particulier, se dessine: celui d’engins blindés équipés d’une lame pouvant, comme le 8 décembre, dégager des objets incendiés sur la chaussée. Un message auquel devrait être désormais sensible l’Elysée.

Gabriel Thierry (avec Pierre-Marie Giraud)

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Un commentaire

  1. Patrick DESNOYER

    J’ai passé mon permis VBRG, et je n’ai jamais compris pourquoi lors de manifestations dures, les Ministres de l’Intérieur n’ai jamais osé les faire sortir. Il est vrai que les Politiques sont des grands frileux. Quand avant les événements de Notre Dame des Landes, on utilisait les grenades OF pour se dégager, c’était parfait. Mais il aura fallu ce drame pour nos chers politiques de gauches baissent leur pantalon. Et nous pendant ce temps là, on en prends plein la gueule.

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