vendredi 29 mai 2020
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Le prototype de drone fiabilisé sur lequel planche la PME Hionos (Crédit photo: Hionos).
Le prototype de drone fiabilisé sur lequel planche la PME Hionos (Crédit photo: Hionos).

Avec le confinement, le drone prend son envol

Avec le confinement, le drone prend son envol. Il est utilisé massivement par les forces de sécurité intérieure pour faire respecter l’interdiction de déplacement.

Comme partout en France, les gendarmes de la compagnie de Palaiseau mettent en place des contrôles du respect du confinement lié à la pandémie de coronavirus Covid-19. (Photo L.Picard / L'Essor)
Un contrôle lors du confinement (Photo L.Picard / L’Essor)

Début du mois d’avril, dans la Haute-Maurienne. Un maréchal des logis-chef est aux manettes de deux drones. Sa mission? Débusquer des randonneurs qui braveraient le confinement. Les drones? “Ils tournent en permanence”, confie en région Occitanie le colonel Laurent Gerin, commandant en second du groupement de gendarmerie pour la région. “Le drone présente l’avantage de couvrir des zones beaucoup plus larges qu’une équipe au sol, il est un vrai atout pour la surveillance du confinement et la lutte contre le Covid-19”, explique l’officier supérieur à nos confrères de France bleu. Ici, les drones servent à surveiller les zones de villégiature, les berges des lacs et les bords des canaux.

Lire aussi: Face au Covid-19, les gendarmes plus que jamais sur le terrain

Le printemps du drone de surveillance

Ces exemples fleurissent ces jours-ci dans la presse régionale. Avec le confinement, les drones de la sécurité intérieure vivent leur printemps. Alors que la Gendarmerie devait boucler son expérimentation autour du drone du quotidien à la fin du mois d’avril, ils sont très employés depuis le début de la crise sanitaire. “La police judiciaire de Lille m’a confié qu’ils avaient fait une quarantaine d’heures de vol ces trois derniers jours”, confie à L’Essor Alexandre Thomas, le directeur de Flying Eye, un des fournisseurs des forces de sécurité intérieure. “C’est monstrueux”, ajoute-t-il. Habituellement, les drones volent en effet beaucoup moins. Autre illustration: la compagnie de Brest, qui utilisait son drone pour le survol des zones difficiles, par exemple lors de disparitions, emploie son joujou environ une heure et demie par jour.

Drones de la section de recherches de la Gendarmerie des transports aériens (GTA)
Drones de la section de recherches de la Gendarmerie des transports aériens  (Photo M.G/L’Essor).

Les drones ne sont pas des inconnus chez les gendarmes. Et ce depuis quelques années.  La section de recherches de la gendarmerie des transports aériens utilise un drone pour la première fois en 2014 pour son enquête sur le crash de l’avion d’Air Algérie. Le GIGN, friand d’innovation, teste aussi les appareils volants. La Gendarmerie comptera également sur le drone pour lutte, avec la SNCF, contre le vol de câbles. L’Arme fera finalement ses emplettes auprès du constructeur Novadem avec l’acquisition d’une vingtaine de drones.

Lire aussi: Novadem remporte un deuxième marché de drones de la Gendarmerie

Peu coûteux, le drone bien adapté à la surveillance du confinement

Quelles sont les raisons de cet engouement? Peu coûteux, accessibles aux personnels de terrain, les drones peuvent être employés pour surveiller de grands espaces. Les modèles équipés de haut-parleur permettent également de faire de la prévention avant la verbalisation, en appelant par exemple à la dispersion les rassemblements illégaux. Résultat, on se bouscule pour avoir de nouveaux drones. Ces deux dernières semaines, la société Flying Eye revendique une trentaine de commandes de drones venues des rangs de la direction de la sécurité publique de la Police nationale, de la Police de l’air et des frontières et de la pénitentiaire.

Des premières commandes qui vont être suivies par un très gros marché. L’Intérieur, qui compte déjà près de 300 drones chez les gendarmes et une centaine chez les policiers selon l’agence de presse AEF, vient de lancer un appel d’offres pour 651 nouveaux drones à destination de la sécurité intérieure. La Place Beauvau attend ainsi 565 micro-drones, 66 drones et 20 nano-drones pour les policiers et les gendarmes. Le contrat devrait être conclu d’ici la fin juin.

Gabriel Thierry.

13 Commentaires

  1. Paul Bismuth

    C’est plutôt orienté contre “les gilets jaunes”, mais cela est opportunément recyclé:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/04/15/drones-21064.html

    L’expérience du contrôle des populations en Chine excite tous les gouvernements du monde:
    https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/coronavirus-la-chine-accroit-la-surveillance-de-la-population-20200214

    Les apparences de la démocratie pour une véritable dictature se mettent peu à peu en place:
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/post-democratie

  2. Fred

    Un petit article sur le sujet dans la revue Air et Cosmos:
    https://www.air-cosmos.com/article/la-place-beauvau-recherche-645-drones-22936

  3. Phil

    Le drône prend son envol et notre LIBERTÉ avec…

  4. retraité.

    Peut-être que ces outils (à défaut de bonnes jumelles) seront utilisés sur les plages, pour détecter les propriétaires qui ne respectent pas leurs animaux domestiques, de facto la salubrité publique, puisqu’ils les enjoignent parfois à évacuer à ces endroits les matières fécales (déjections canines etc.) sans les ramasser.
    Avec les marées, bonne baignade… !?

    Il est vrai que cela semble aussi plus du ressort des polices municipales lorsqu’elles existent !
    Peut-être existe-t-il d’ailleurs des statistiques à ce sujet (nombre de verbalisations) ?

    Dans la même lignée l’utilisation de ces appareils, pourrait permettre de constater précisément l’endroit des tapages nocturnes, lorsque la localisation est parfois difficile (immeuble etc…).
    Encore qu’à 68 euros, pour cette contravention de 3ème classe, le prix de cette amende forfaitaire, cela ne semble pas cher payé sans compter le déplacement pour la constater.

    “Ce tarif” ne permet pas non plus à nos forces de l’ordre lorsqu’elles sont sollicitées en la circonstance d’user de tous les moyens de coercition.
    Les parlementaires se pencheront peut-être sur le sujet pour augmenter le montant initial de cette contravention pour tapage nocturne (4ème classe ?), voire de la qualifier délit (amende et peine d’emprisonnement ?) ; lorsque celle-ci est réitérée dans la soirée ou la semaine ?

  5. Clément

    Il y a des levées de fonds importantes pour améliorer ces jouets:
    https://forcesoperations.com/internest-complete-son-premier-tour-de-table/

  6. Francis

    La solidité des réseaux et la rapidité avec laquelle ces solutions s’imposent sont au coeur des discussions:
    https://geointblog.wordpress.com/2019/02/05/comment-les-solutions-mobiles-transforment-les-operations-militaires/

  7. Dark Vador

    Si vous sacrifiez la liberté pour la sécurité, vous n’aurez aucune des deux:
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/03/30/en-france-l-etat-d-urgence-bouscule-l-etat-de-droit_6034889_1653578.html

  8. Fred

    Le monde d’Orwell est une bluette pour enfants vu ce qui est en train de se mettre en place:
    https://infoguerre.fr/2020/04/projet-de-tracage-numerique-stop-covid-droit-victime-de-guerre-sanitaire-covid-19/

  9. Fabrice

    L’Arme avait essayé des drones de la PME française Novadem. Les militaires de l’armée de terre ont l’air d’en être satisfaits:
    http://www.opex360.com/2020/05/05/larmee-de-terre-renforce-sa-flotte-de-micro-drones-avec-20-systemes-novadem-nx70-de-plus/

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