L'Essor

Avec 16.000 bénéficiaires, la prime Covid fait des heureux mais aussi des déçus

Comme partout en France, les gendarmes de la compagnie de Palaiseau mettent en place des contrôles du respect du confinement lié à la pandémie de coronavirus Covid-19. (Photo L.Picard / L'Essor)

La Gendarmerie vient de récompenser près de 16.000 gendarmes, d’active et de réserve, pour leur engagement durant la crise sanitaire. Un contingent limité pour la prime Covid-19 qui suscite quelques crispations en interne.

Ils sont 16.000 militaires, essentiellement des gendarmes d’active, mais aussi 49 réservistes. La Gendarmerie vient de faire le bilan, dans un message interne, de l’attribution dans ses rangs de la fameuse prime Covid. C’est le président de la République, Emmanuel Macron, qui avait annoncé la création de cette prime destinée aux fonctionnaires. Soit un gage de reconnaissance pour les personnels mobilisés durant la pandémie.

Lire aussi: Un troisième gendarme d’active décède de la Covid-19

Prime de 660 euros

Pour les gendarmes, le chèque de bonus s’élève à 660 euros dans la plupart des cas. L’attribution de cette prime a cependant viré au casse-tête pour la direction générale. L’exécutif a en effet fixé le nombre global de bénéficiaires à 15% de l’effectif total – le même ratio s’applique également pour les policiers. Alors que l’Arme compte environ 100.000 gendarmes, assistés de près de 30.000 réservistes. En clair: il y a donc eu peu d’élus.

Dans le détail, ce sont d’abord des sous-officiers (9.022) et des gendarmes adjoint volontaires (4.957) qui ont été les bénéficiaires de la prime. Le commandement a attribué le bonus à 746 gendarmes du corps de soutien. De même, 625 personnels civils, 575 lieutenants et capitaines, et donc 49 réservistes ont été récompensés. Aucun officier supérieur n’a touché la prime, ils ont en effet été exclus du dispositif.

Des déçus de la prime Covid

Si elle a fait 16.000 heureux, la prime a aussi fait des déçus. Et dans des brigades, des gendarmes ont pu s’étonner de ne compter aucun bénéficiaire.Dans mon groupement, c’est les plus jeunes gendarmes, donc ceux ayant la plus petite solde, qui ont été choisis, à condition d’avoir été engagés un minimum de temps sur les contrôles”, remarque un internaute sur twitter. Un autre, un gendarme adjoint volontaire de la gendarmerie de l’Air, s’énerve. “Donc la Gendarmerie donne une prime Covid à des mecs qui sont restés dans des bureaux pendant que ma brigade et moi on était sur le tarmac à contrôler les premiers expatriés de Chine et on ne nous donne rien?“, demande-t-il.

Contactée, la direction générale nous précise les critères d’attribution de la prime Covid. Ce sont “ceux du surcroît de travail généré par la pandémie et des sujétions engendrées”. “Toute latitude a été laissée aux échelons territoriaux de commandement pour identifier les personnels concernés”, précise l’Institution. “Dans certaines unités, c’est à celui qui a le plus verbalisé, dans d’autres c’est pour les gendarmes adjoint volontaires”, explique ainsi à L’Essor un sous-officier à propos de l’attribution de la prime. De même, des unités ont pu compter moins de 15%  de bénéficiaires, un ratio uniquement valable à l’échelle nationale. “Certains départements métropolitains et territoires ultramarins ayant été plus sévèrement impactés par la crise, ce seuil a été augmenté pour les groupements et Comgend, précise la Gendarmerie dans son message interne. Ainsi, tous les gendarmes ayant servi à Mayotte ont été récompensés.”

GT.

Exit mobile version