samedi 23 février 2019
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Un soldat au cours d'un exercice de cyber-défense, aux Etats-Unis (crédit photo: Un soldat au cours d'un exercice de cyber-défense, aux Etats-Unis (crédit photo: Coast Guard Academy).
Un soldat au cours d'un exercice de cyber-défense, aux Etats-Unis (crédit photo/Coast Guard Academy).

Comment les armées vont s’entraîner à la cyberguerre avec l’exercice Defnet

Son nom de code est Defnet, pour “Defence network” (défense du réseau). L’exercice phare de cyberdéfense des armées revient dans quelques jours pour sa cinquième édition. Lancé en 2014, il se déroulera du 12 au 23 mars. Il a pour objectif de préparer la défense à une cyberattaque majeure. Clin d’œil très geek, l’état-major des armées a annoncé l’exercice par la publication d’un tweet énigmatique pour les non-initiés.

L’exercice a été présenté lors du point presse hebdomadaire du ministère des Armées, jeudi 8 mars, par le nouveau “Mr Cyberdéfense”, du ministère des Armées. Le général de division Olivier Bonnet de Paillerets est le patron, depuis septembre 2017, du commandement de la cyberdéfense de l’état-major des armées. “L’entraînement est la vraie réponse, assure-t-il, compte-tenu de l’évolution très rapide des scénarios d’attaque, de leur complexité, et de leur sophistication.”

Et ce haut gradé de détailler une partie de sa vision dans ses nouvelles responsabilités. “Le couple formation-entraînement est au cœur de ma politique de professionnalisation des chaînes de cyberdéfense, précise-t-il. L’entraînement a une vertu évidente : cela montre collectivement la maturité des techniques opérationnelles. Il a une deuxième vertu : cela met en place des procédures et créé de l’interopérabilité entre les organisations. Enfin, sa troisième vertu est de permettre d’évaluer le niveau de professionnalisation et de réorienter la formation.”

Attaque étatique

Le scénario prévu pour l’exercice de cyberdéfense de mars, “purement défensif”, n’a pas été précisément communiqué à la presse. L’exercice 2015 avait simulé de multiples attaques de groupes de hackers “luttant contre la France pour des raisons idéologiques”. Cette année, actualité et tensions internationales obligent, l’exercice va porter sur la simulation d’une attaque majeure d’un “groupe étatique”.

Un scénario “fictif”, “plausible”, qui “reproduit des événements récents intervenus dans le monde”, ont précisé les armées. L’exercice pourrait s’inspirer d’attaques informatiques emblématiques de l’année 2017 comme Wannacry (chiffrement d’ordinateurs et demande de rançon) ou NotPetya (sabotage de systèmes informatiques).

Lire aussi sur L’Essor : La France muscle sa cyberdéfense

L’exercice doit ainsi permettre d’affûter les réponses du commandement dans sa planification et sa conduite des mesures défensives, entraîner la chaîne opérationnelle à répondre à une attaque et reconquérir un réseau, améliorer la coopération entre les armées et aguerrir une cinquantaine de réservistes de la cyberdéfense.

En tout, 560 personnes seront mobilisées (310 spécialistes et 250 étudiants) sur plusieurs sites militaires français, à Brest, Mont-de-Marsan, Paris, Rennes, Rochefort, et Toulon, et dans 17 écoles et établissements d’enseignement supérieur. Ils devront répondre ensemble à une quarantaine d’incidents, tels que la prise de contrôle à distance d’un réseau ou des compromissions.

Des entreprises partenaires – par exemple les industriels de la défense Airbus et Thales – fourniront quant à elles les cinq plateformes de simulation reproduisant des systèmes militaires et des automates industriels. Et pour la première fois, des pays étrangers participeront à l’exercice. Il s’agit de la Belgique, du Botswana, des Emirats arabes unis, de Singapour, de l’Inde, de la Malaisie et du Qatar. Preuve que dans la cyberguerre, la France n’est pas seule.

Gabriel Thierry

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