lundi 14 octobre 2019
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Après le drame de la Préfecture de police de Paris, les services de renseignement vont être passés au peigne fin (Crédit photo: capture d'écran Cnews).
Après le drame de la Préfecture de police de Paris, les services de renseignement vont être passés au peigne fin (Crédit photo: capture d'écran Cnews).

Après le drame de la préfecture de police, la traque des personnels radicalisés

Existe-t-il des gendarmes radicalisés? La question sensible est reposée après l’attaque au couteau de la préfecture de police de Paris. Une inspection devrait permettre d’y voir plus clair.

La piste de la radicalisation est désormais privilégiée dans l’enquête sur le drame de la préfecture de police de Paris. Jeudi 3 octobre, un informaticien de la préfecture de police a tué au couteau trois policiers et un agent administratif. Un périple meurtrier stoppé grâce au sang-froid d’un gardien de la paix stagiaire. Avec son HK G36, il a abattu le forcené, Mickaël Harpon, affecté à la direction du renseignement. Le flottement des premières heures ne dure pas: le lendemain, le parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire.

Après ce drame, le Premier ministre a saisi l’inspection des services de renseignement. Outre un audit sur le service de renseignement parisien, la DRPP, l’inspection va recribler “l’ensemble des services de renseignement spécialement impliqués dans la lutte contre le terrorisme”. “Toute situation individuelle le justifiant devra donner lieu à réévaluation, précise Edouard Philippe. L’inspection des services de renseignement supervisera ce processus, vérifiera les outils et les procédures de détection, de signalement et de traitement.

Lire aussi sur L’Essor: Un nombre “faible” de cas de radicalisation dans les forces de sécurité

Les gendarmes concernés

L'écusson des analystes renseignement (Crédit photo:GT/L'Essor).
L’écusson des analystes renseignement (Crédit photo:GT/L’Essor).

Ce passage au tamis va donc concerner les gendarmes. Deux services devraient ainsi être particulièrement concernés. Il s’agit de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (Sdao) et le bureau de lutte anti-terroriste. Enfin, l’inspection va regarder de près le profil des gendarmes affectés au service central de renseignement territorial, une structure mixte Gendarmerie-Police.

L’opération mains-propres est à la hauteur du choc causé par l’attaque de jeudi dernier. Elle a lieu au cœur de la préfecture de police, dans l’un de ses services en pointe dans la lutte contre le terrorisme. Mickaël Harpon, en poste depuis 16 ans à la DRPP, bénéficiait en effet bénéficiait d’une habilitation au secret de la défense nationale! L’enquête devra dire s’il y a eu faute à la préfecture de police. En attendant, l’exécutif a rappelé une évidence. “La détection, le signalement et le traitement des processus de radicalisation est une priorité absolue dans les services de renseignement, détaille Edouard Philippe. Aucun signal ne peut être méconnu ni rester sans réponse.

Le dossier des enquêtes internes est sensible. Quelques chiffres sont déjà connus. L’an passé, le service national des enquêtes administratives de sécurité (Sneas) a ainsi mené 11.300 enquêtes sur des futurs gendarmes. Sept d’entres elles avaient donné lieu à un avis défavorable. Les gendarmes sont en effets scrutés à leur embauche par une enquête interne et une autre du Sneas.

Suivi des radicalisés accentué depuis 2013

A l'Assemblée nationale, ce mercredi 30 janvier (Capture d'écran: Assemblée nationale).
A l’Assemblée nationale, mercredi 30 janvier (Capture d’écran: Assemblée nationale).

“La Gendarmerie a accentué son suivi de la radicalisation en interne à partir de 2013, après avoir vu un ancien gendarme adjoint volontaire partir pour la Syrie”, rappelaient les députés Eric Poulliat (LREM) et Eric Diard (LR) dans un rapport sur le sujet. Un document qui remarquait que la détection de gendarmes radicalisés “est facilitée par la vie en caserne”. Si le chiffre précis de gendarmes suivi n’est pas connu, il serait, d’après la direction générale de la Gendarmerie nationale, “extrêmement faible”. Une menace interne sur laquelle le général de brigade Jean-Marc Césari, le chef du Sdao, s’était voulu rassurant.

“Dans toutes les professions, on trouve un certain nombre de déviances de droit commun, avait-il expliqué aux députés de la commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France. À un moment donné, les déviances peuvent sans doute prendre la forme d’un extrémisme idéologique. En tout état de cause, je ne rencontre pas de difficulté particulière. Fort heureusement, tous les professionnels qui sont entraînés au maniement des armes et à un usage légitime et raisonné de la violence ne peuvent pas être considérés comme des menaces. Ils sont là pour protéger les Français”.

Gabriel Thierry.

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4 Commentaires

  1. Guézennec

    Comment se fait-il que des médias se permettent de publier un nombre de radicalisés au sein de l’Arme, ou un chiffre aurait-il été diffusé par la DGGN.
    Bien sûr on ne connaît pas le nombre de radicalisés qui n’auraient pas été détectés.
    On n’entend donc tout et n’importe quoi, en fonction des journalistes (qui pour la plupart ne sont que des ronds-de-cuir qui ne quittent jamais leur fauteuil) et de la couleur politique de leurs employeurs.
    Confiance à tous les personnels dans ce domaine et qu’ils soient en alerte permanente; il en va de notre sécurité.

  2. Soussin

    Difficile de cerner ces personnels qui souvent agissent dans l’ombre et se font très rarement remarqués. Depuis quelques le recrutement se fait dans toutes les couches de la société. Ce «  mélange » impose plus de rigueur et plus de surveillance. Si a une certaine époque on se focalisait sur l’appartenance politiques des candidats, il convient maintenant de mettre l’accent sur cette problématique et ne pas hésiter à signaler tel comportement semblant suspect. Ne pas faire de vague… on va voir, le dire au chef et on a le temps…comportements à eviter.

  3. Le renseignement est devenu pauvre voire médiocre. Pourquoi ? Il y a une époque où les gendarmes départementaux allaient aux contacts de la population et collectaient ce précieux renseignement qui est une vraie arme redoutable pour qui la possède. Mr. PASQUA avait tout compris en instaurant son fameux service du S.A.C. Le saviez-vous ? A une certaine époque, jusqu’à 1999, j’étais au Groupement de Gendarmerie de l’Eure à Evreux. J’avais fais la connaissance du responsable du SAC de la Région Haute-Normandie. Les renseignements collectés font encore froid dans le dos aujourd’hui. Pourquoi ? Ce service était au courant des achats d’armes dans l’ex-RDA, une Kalatchnikov était achetée au prix de 500 francs. Le SAC savait, en ce qui concerne la vallée de Seine, qui était destinataire, à quel jour, à quelle heure et même le numéro porté sur ces fameuses caisses. Aujourd’hui où est stocké cet armement qui n’a pas quitté la France. A quoi est-il encore destiné ? Pour combien de temps ? Et, contre qui ? Dans quel but ? Ces distributions d’armes se faisaient, à partir de Paris, jusqu’à Le Havre. Toute la vallée de Seine était destinatrice. Et, Maintenant que fait-on après que ce service ait été dissous ainsi que les R.G, qui eux aussi étaient bien renseignés. Nos dirigeants ont voulu “acheter” la paix sociale. Oui, mais maintenant, à quel prix allons-nous le payer ? C.Q.F.D

  4. corbineau

    Bonjour,
    Je ne suis pas dans la police mais sensibilisé par ce drame qui va peut être reproduire la suspicion que j’ai connu du temps de la gestapo. On raconte tout et son contraire dans les médias, mais s’il est avéré ou non que l’individu dont on parle a pu communiquer des adresses de policiers, on devrait s’occuper en priorité de leur protection ainsi que de leur famille ; et de cela personne n’en parle !

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