lundi 27 janvier 2020
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Alexandre Benalla interpellant violemment un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe (5e arrondissement) (photo : capture d'écran de la chaîne YouTube/T.Bouhafs)
Alexandre Benalla interpellant violemment un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe (5e arrondissement) (photo : capture d'écran de la chaîne YouTube/T.Bouhafs)

Après l’affaire Alexandre Benalla, l’IPGN appelle au renforcement de l’encadrement des observateurs

Gérard Collomb, interrogé par la commission des Lois sur l'affaire Alexandre Benalla (Capture d'écran Assemblée nationale)
Gérard Collomb, interrogé par la commission des Lois sur l’affaire Alexandre Benalla (Capture d’écran Assemblée nationale)

Un brassard dédié, une charte ou encore un encadrement adapté. La mission de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) vient de rendre son rapport sur l’accueil des observateurs extérieurs des activités de police, ce vendredi 26 juillet, soit seulement sept jours après la commande du ministre de l’Intérieur. Ses propositions majeures – le brassard et la signature d’une convention accompagnée d’une charte – ont été immédiatement validées par Gérard Collomb.

En une semaine, les trois policiers de la mission d’inspection se sont attelés à comprendre comment les deux hommes mis en cause ont pu se retrouver au cœur d’une opération de maintien de l’ordre, le 1er Mai. Alexandre Benalla, le chargé de mission de l’Elysée, et Vincent Crase, employé par La République en marche, sont au coeur d’une polémique après la diffusion d’une vidéo les montrant en train d’agir de façon musclée place de la Contrescarpe à Paris.

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Pas d’information du cabinet

La cour de l’Elysée

Ce jour-là, seul Alexandre Benalla, également lieutenant-colonel dans la réserve opérationnelle au titre des spécialistes, avait demandé à pouvoir assister à un service d’ordre. Si sa demande apparaît justifiée par ses missions à l’Elysée, elle ne semble pas avoir été traitée de manière rigoureuse. Le cabinet du préfet de police n’était en effet pas informé ! Deuxième surprise : le 1er Mai, le chargé de mission arrive à la préfecture de police de Paris accompagné par Vincent Crase, affecté outre ses fonctions à La République en marche à la réserve de l’Elysée. Le major encadrant cet hôte de prestige “ne demande pas d’explication, compte tenu du ‘statut’” de l’observateur, explique la mission d’inspection dans son rapport de 31 pages.

“Le positionnement hiérarchique insuffisant du fonctionnaire référent illustre la nécessité de formaliser dans une note cadre les grands principes qui doivent présider à l’accueil d’observateurs dans les services et leur présence lors d’interventions”, souligne la mission d’inspection. Et lorsqu’Alexandre Benalla décide d’intervenir, place de la Contrescarpe, vers 18h, le major censé l’encadrer ne lui barre pas la route. “Bien qu’embarrassé par la tournure que prenaient les choses”, ce dernier “ne concevait pas, compte tenu de son grade, faire la moindre observation à celui qui était, à ses yeux, un personnage de première importance”, explique l’IGPN.

Confusion

A l’image du major, les policiers présents sur la place ne réagissent pas. Alexandre Benalla présente en effet un brassard de police à son bras, Vincent Crase est lui armé. Autant d’éléments qui sèment la confusion pour les policiers de la compagnie républicaine de sécurité. “Les CRS n’ont pas prêté d’attention particulière à l’intervention de ces deux civils, d’expérience ils savent qu’il n’est pas rare que des effectives en civils interviennent à l’occasion d’opération de maintien de l’ordre”, relève la mission d’inspection.

Elle propose à ce sujet que les observateurs, en Police ou en Gendarmerie, soient désormais équipés d’un brassard distinct. “Cette nécessité est encore renforcée lorsque l’observateur est porteur d’équipements de protection – nécessairement ceux en dotation dans les services – susceptibles d’entretenir la confusion sur son statut exact”, explique la mission d’inspection. De même, l’IPGN milite pour la signature d’une convention avant toute intégration d’un observateur dans un service de Police ou de Gendarmerie. L’absence de participation de l’observateur à l’activité de police “doit être mentionnée” dans cette convention, insiste la mission d’inspection.

Port d’arme

Les deux observateurs du 1er Mai avaient enfin une dernière particularité. Au moins l’un d’entre eux, Vincent Crase, était armé. Il est d’ailleurs poursuivi pour port prohibé d’une arme à feu de catégorie B. Ce dernier a bien été autorisé à détenir une arme pour le gardiennage des locaux d’En marche. Mais cette autorisation était devenue caduque en juin 2017. Alexandre Benalla détenait pour sa part une autorisation en bonne et due forme, après plusieurs refus successifs. L’IGPN relève toutefois un “point de fragilité de la base légale” de l’arrêté lui permettant de porter une arme lié au statut de l’Elysée.

Si l’inspection générale de la police nationale n’a pas retrouvé trace d’incidents liés à des observateurs dans la Police ou la Gendarmerie, elle rappelle cependant que la direction centrale des CRS a pour règle de n’incorporer aucun observateur dans une phase opérationnelle. De même, dans la gendarmerie mobile, les observateurs ne sont conviés qu’aux seules formations se déroulant à Saint-Astier – 132 personnes ont été ainsi accueillies de septembre 2017 à juin 2018.

Gabriel Thierry

6 Commentaires

  1. flashlook

    le colonel lavergne chef du GSPR auditionné par la commission d enquête du sénat a déclaré
    que mr A Benalla ne génait pas le GSPR qu il n y avait jamais eu aucun probleme “a sa connaissance ”
    contrairement aux déclarations des deux représentants syndicalistes de la police qui eux ont affirmé que les rapports étaient ” exécrables”””

    • POYAULT jean claude

      Comme retraité de l Arme, permetez moi de vous dire que je ne crois pas un seul mot comme beaucoup d autres de ces déclarations Gendarmico politique……
      Nous sommes descendus bien bas…..très bas…sous le NIVEAU de!a mer……..

      Parlons aussi du Général de l Élysée qui suite aux dernières photos de la presse était bras dessus bras dessous avec l intéressé ce qui est fortement contradictoire si cela est vérifié suite aux déclarations sous serment……

      je n en dirai pas plus…..

      VIVE LA GENDARMERIE NATIONALE QUE J AI CONNUE ET VIVE LA FRANCE QUE J AI CONNUE……

    • MARECHAL

      Ancien de l’Arme (36 ans de service), je suis assez septique de l’affaire Benalla. Un homme qui a autant de protection de la part de l’Elysée, peut se permettre des inactions gratuites. Il sait très bien l’affaire sera étouffée. Pourquoi avait-il un casque MO? Pourquoi avait -il un brassard “Police”? pourquoi avoir un véhicule “Police”? Pourquoi avoir dirigé des policiers, pour la frappe 24 heures avant? Vu à la télévision en direct. Qui va répondre aux questions restées en suspend?

  2. TREVISIOL ALAIN

    J’aimerais bien savoir pourquoi il fallait que M.BENALLA soit dans le car des bleus pour que l’horaire soit respecté ? Et d’une manière plus générale en quoi consistait ses missions à l’Elysée ? Qund on nous parle de coordination je ne peux pas croire que pour coordonner l’action de responsables hauts gradés de la police et de la gendarmerie dans la sécurité du président on ait besoin d’un “gamin” de 26 ans sans aucune autre formation que celle de réserviste de notre arme !

    • vincent charles

      oui vous avez raison!!!!!entierement d’accord avec vous!!!! ici VINCENT du tchad, comment allez vous?Si vous avez mon mail vous pouvez m’envoyer un mot!!! merci

    • clavel

      bonjour -question hors sujet mais importante pour moi -me connaisez vous

      christian clavel BT PIETROSELLA merci

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