jeudi 21 mars 2019
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Le colonel Nicolas Duvinage, le chef du C3N (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Le colonel Nicolas Duvinage, le chef du C3N (Crédit photo: GT/ L'Essor).

L’année chargée des geeks de la Gendarmerie

Thierry Delville, le délégué ministériel aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces, au FIC 2018 (Crédit photo: GT/L'Essor).
Thierry Delville, le délégué ministériel aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces (Crédit photo: GT/L’Essor).

127 affaires ouvertes pour le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la Gendarmerie, 370 saisies par des unités du département informatique-électronique de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale… L’année 2017 a été chargée pour les experts en informatique de l’Arme. La délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces vient publier son deuxième état de la menace liée aux numérique, ce jeudi 21 juin. Un document riche d’enseignements sur l’activité des experts numériques de la Gendarmerie. Passage en revue de cinq affaires sur laquelle l’unité a travaillé entre 2016 et 2017.

Apologie du terrorisme

Ses 27 vidéos appelaient violemment au terrorisme. Elles n’ont pas échappé à l’attention du C3N. Et surprise : en investiguant pour retrouver l’auteur, les gendarmes sont tombés sur un détenu du centre de détention de Val-de-Reuil (Eure). Pour dissimuler son identité, le détenu utilise différentes cartes téléphoniques SIM prépayées et boîtiers téléphoniques. Pas suffisant pour échapper aux limiers du C3N. Puni à une peine pour vol avec violence ayant provoqué la mort, cet homme de 42 ans occupe ses journées en publiant des vidéos d’armes, d’exécution de prisonniers ou d’entraînement, le tout en appelant à faire “mieux” que l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016. Il sera de nouveau condamné, en novembre 2016, à 15 mois de prison ferme pour apologie du terrorisme et provocation directe à un acte de terrorisme.

Des noms de domaine trompeurs

Les noms de domaine achetés pouvaient prêter à confusion avec ceux de l’Etat. La gendarmerie a ouvert une enquête en octobre 2016 sur le dépôt de noms de domaine internet suite à un signalement de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et d’un ministère. La crainte des autorités ? Que ces adresses internet soient utilisées pour “envoyer des faux emails à des autorités ou agents de l’Etat”, explique la délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces. “Toutes les mesures de sûreté ont été prises par l’Anssi et le ministère concerné pour prévenir la réalisation de telles attaques”, poursuit-elle.

Stupéfiants et cartes bleues

Ecusson Cyber gendarme
Photo d’illustration (D.C/L’Essor).

Les gendarmes du C3N ont peut-être mis la main sur un gros poisson du darknet. En juillet 2016, des enquêteurs repèrent des éléments d’identification d’un vendeur de stupéfiants prétendus et de numéros détournés de cartes bancaires. Le trafiquant présumé affiche un historique impressionnant de près de 59.000 avis de consommateurs, soit, estiment les gendarmes, un chiffre d’affaires délictuel d’au moins 800.000 euros. Plus d’un an plus tard, plusieurs suspects sont interpellés chez eux. Les gendarmes saisissent plusieurs véhicules de luxe (une Ferrari et un Porsche Cayenne) ainsi que 30.000 euros. L’affaire est toujours en cours.

Le fichier TAJ

On trouve de tout sur internet. Même des données de police. En explorant le web, le C3N a mis la main sur un service payant de consultation du fichier TAJ (traitement des antécédents judiciaires), un fichier à l’accès pourtant sévèrement contrôlé. Deux suspects ont été entendus le 19 septembre 2017 et leurs équipements numériques saisis. L’un des deux avait déjà été condamné pour une fausse alerte à la bombe sur la Tour Eiffel et pour l’obtention frauduleuse de données personnelles par faux appels téléphoniques à un commissariat de police.

Les fuites du bac 2017

Des sujets et des corrigés des épreuves expérimentales du bac Physique-Chimie vendus vingt euros, une semaine avant le début des épreuves du bac 2017. Les petites annonces d’Alex9775 n’ont vraiment pas plu à l’Education nationale. Elle a déposé plainte, le 6 juin 2017, auprès de la Gendarmerie. Un an après, les investigations se poursuivent. Les experts du C3N ont certes adressé une demande de coopération judiciaire aux autorités néerlandaises. Mais l’enquête s’annonce difficile, une complexité déjà relevée dès les premiers jours de cette affaire par le blog spécialisé L’ingénu-ingénieur”. “Les premiers éléments d’enquête recueillis démontraient que le suspect a pris d’importantes précautions techniques d’anonymat (utilisation de serveurs d’anonymisation sur internet, suppression de son compte Facebook, etc)”, remarque la délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces.

Gabriel Thierry.

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