jeudi 24 septembre 2020
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Capture d'écran d'I2 Analyst's Notebook d'IBM (Anacrim-ANB)
Capture d'écran d'I2 Analyst's Notebook d'IBM (Anacrim-ANB)

Anacrim, le logiciel derrière le rebondissement de l’affaire Gregory

Le gros coup de pouce informatique d’Anacrim. L’affaire Gregory, une des affaires les plus mystérieuses des années 1980, vient de connaître un nouveau rebondissement après le placement en garde à vue de trois membres de la famille Villemin, ce mercredi 14 juin. Derrière ce nouvel épisode judiciaire dans cette affaire ouverte en 1984 après la découverte du cadavre de Grégory Villemin, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, un logiciel, Anacrim. De source proche du dossier, on explique que les enquêteurs ont repassé cette affaire au tamis du logiciel, permettant de faire apparaître des « éléments troublants ».

Des pistes à explorer

Autant de nouvelles pistes, ouvertes par Anacrim, à explorer aujourd’hui pour les enquêteurs pour leur permettre « de refermer des portes » . Concrètement, les enquêteurs ont, avec cet outil informatique, reconstitué la chronologie du crime pour repositionner dans l’espace et le temps les protagonistes de cette affaire. Cet outil informatique mis en place au sein du Service central du renseignement criminel et de toutes les sections de recherches « accompagne les enquêteurs de la gendarmerie traitant des dossiers criminels les plus complexes et notamment les affaires non élucidées », relève Le Parisien, le journal qui a révélé l’apport d’Anacrim dans cette affaire. Dans la Gendarmerie, Anacrim est utilisé depuis près de 20 ans.

Dans une interview à l’AFP, le colonel Didier Berger, le chef du Bureau des affaires criminelles, souligne l’aide apportée par le logiciel. Il apporte « une vision globale de la procédure et permet de distinguer la logique qui se dessine au travers de la commission d’un fait criminel ou délictuel ». En tout, près de 400 analystes sont formés à ce logiciel. Il existe en réalité plusieurs versions d’Anacrim dans la Gendarmerie, utilisées pour autant d’usages. En 2014, la Cnil recensait cinq traitements de fichiers déclarés de logiciels de rapprochement judiciaire à des fins d’analyse criminelle. L’un, Mercure, est utilisé par la Police Nationale. Tandis que les quatre autres, Anacrim-ATRT, Anacrim-ANB, qui devait alors être remplacé par Anacrim-NG, et Anacrim-IVC sont mis en œuvre par la Gendarmerie nationale.

L’aide de l’informatique

« Ce sont des outils de traitement de la complexité qui permettent à la fois l’analyse de données complexes (du fait de leur nature ou de leur volumétrie) et leur représentation sous une forme simplifiée », souligne la Cnil. Plus précisément, Anacrim-ATRT permet l’exploitation automatisée de relevés bancaires et de documents téléphoniques, Anacrim-IVC l’identification de victimes de catastrophes, et Anacrim-ANB l’analyse et la représentation visuelle de données. En clair, cette version du logiciel peut faire apparaître des réseaux de relations, des enchaînements chronologiques d’évènements, « afin de mettre en évidence des contradictions entre certaines données ou de confirmer certains faits ».

Capture d'écran du logiciel Coplink (IBM).
Capture d’écran du logiciel Coplink (IBM).

L’informatique n’a pas fini d’assister les enquêteurs. Outre son outil d’analyse de données, le site du constructeur du logiciel, IBM, présente toutes les fonctionnalités de sa suite logicielle dédiée aux forces de police, IBM I2 Coplink. Recherche de pistes d’enquête à l’aide de photos d’identification, avec un navigateur Web sur des périphériques mobiles, dans des zones géographiques précises, intervention en cas de personne en danger, ou encore assistance pour les véhicules abandonnés, des personnes suspectes, le vol à l’étalage… IBM, surnommé « Big Blue » dans le milieu de la high-tech, ne manque pas d’idées pour assister les forces de l’ordre.

Gabriel Thierry

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