lundi 17 juin 2019
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Gérard Sullet au congrès de l’UNPRG 2018 à Agde (Photo DC/L’Essor)

Affaire Benalla : “Arrêtez le piston et les passe-droits” lance le secrétaire général de l’UNPRG

L’affaire Benalla continue de susciter des réactions au sein de l’Arme. Nous publions à la demande de notre partenaire, l’UNPRG, première association de gendarmes avec 30000 membres, le point de vue suivant de Gérard Sullet, secrétaire général national.

L’affaire Benalla vient de démontrer de manière on ne peut plus criante la résilience des passe-droits à tous les niveaux de décision. La nomination de ce personnage, issu d’on ne sait où, comme officier de la réserve opérationnelle spécialisée de la  gendarmerie met en exergue l’iniquité de ce recrutement. Un  recrutement qui n’a aucune logique dans la sélection des candidats et dont on se demande ce que cela apporte au service de la Gendarmerie.

En effet, chacun de nous, retraités de la Gendarmerie, connait des sous-officiers, mais surtout des officiers de la réserve dont on se demande d’où ils sortent et comment ils ont été nommés ?

L’agacement des personnels d’active sur ce sujet est aussi perceptible et ne fait qu’empirer devant la mise en cause de ce monsieur Benalla, lieutenant-colonel de réserve. Très soucieux des principes de sélection et de formation,  les personnels de l’arme ne peuvent pas supporter ces nominations à des grades supérieurs sans connaitre leurs vraies compétences. A 26 ans est-on féru  de maintien de l’ordre, sans avoir jamais servi dans l’arme, si ce n’est en tant que gendarme adjoint de réserve?

La réserve attire des personnes  soi-disant  expertes dans les domaines juridiques, des nouvelles technologies, de la communication, des finances ou de l’immobilier, entre autres. Pourquoi pas ! Le problème est dans cette attribution de grades, hors cadre de l’active, certes,  mais grades quand même.

Alors, quand on connait les exigences de sélection et de formation des officiers de la Gendarmerie, on a du mal à entendre l’énoncé des grades de certains.

En tous cas, cette affaire Benalla aura le mérite de démontrer que la sélection des officiers réservistes dans  la société civile répond souvent à une demande d’autorités qui veulent “honorer” leurs serviteurs. Comment refuser lorsque cette demande émane d’autorités dont notre commandement est hiérarchiquement dépendant ? Pas possible. Au final cela peut amener à des situations, comme celle du 1er mai 2018 (même si monsieur Benalla n’intervenait pas en tant que réserviste de la Gendarmerie)  où certains se sentent investis de pouvoirs qu’ils n’ont pas. D’où – par  leur manque de formation –  le sentiment qu’ils ont agi en toute impunité. On peut même dire que ce monsieur Benalla s’est pris pour un spécialiste du maintien de l’ordre avec des unités de police qui ne pouvaient pas s’opposer à son intervention.

Au total, cette affaire doit nous amener à revoir cette composante de la réserve dans sa sélection et aussi dans sa formation. On ne peut pas supporter l’attribution de grades à des hommes qui n’ont pas la culture de notre service et pour le simple fait qu’ils ont servi des autorités, même supérieures.

Alors, on doit se poser la question de la pertinence de conserver,  pour le moins dans sa forme actuelle,  ce modèle de sélection.

Gérard SULLET

Secrétaire général national de l’UNPRG

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7 Commentaires

  1. Demarsy

    Complètement d’accord avec le secrétaire genral

  2. Bonjour,
    Bel article. En effet comment le Général d’Armée Lizurey à t’il pu nommer Lieutenant Colonel un gars comme Benella! En osant dire que c’était pour les compétences de ce gars!
    Très grave de servir ces politicards. Gardons une morale!

    • flashlook

      “”comment sont nommés les généraux ?
      je vous laisse méditer sur ce sujet hautement philosophique ,, !
      quant a la nomination au grade de lieutenant colonel GN du sus nommé benalla MEME de réserve on est la chez “” UBU ROI ”
      il a foutu la honte a toute la gendarmerie nationale !

      • FLEUROT

        ils sont nommés en conseil des ministres, ceci explique cela, en clair “simple renvoi d’ascenseur !

  3. Hirondelle

    Il est tout a fait patent de s’interroger sur le concept et dispositif de la réserve citoyenne et notamment de sa composante la réserve spécialisée tout en ne la confondant pas avec celle de la réserve opérationnelle.
    Il n’y a en effet que dans cette dernière que les personnels recrutés accèdent à des grades qui peuvent les placer en situation d’exercice de l’autorité qu’ils confèrent et qui font l’objet d’une parution au JORF, du moins pour les officiers.

    Il conviendrait donc de ne pas mélanger les genres notamment par l’apparente assimilation accordée en réserve citoyenne avec un grade ‘’ad honores’’.
    Il existe dans les rangs de cette réserve des personnes , dont l’expérience de psychologie du terrorisme ou d’expert en aéronautique entre autres, profite à l’action de la gendarmerie sans qu’elle puisse réellement s’en passer.

    Il apparaît nécessaire de reconsidérer la réelle nécessité de l’attribution du grade ‘’ad honores’’ et les critères d’assimilation tout en s’interrogeant sur sa pertinence au regard du principe habituel qui veut que ‘’la fonction prime le grade’’. En effet, le gendarme dans son action quotidienne est régulièrement confronté à des responsables civils ou militaires d’un position hiérarchique supérieure à la sienne sans qu’il ne soit pas entendu et écouté.

    Enfin, il convient de rappeler à titre d’exemple que M. Sardou et Drucker figurent dans les rangs de la réserve citoyenne depuis 2009 et leur adoubement au titre de l’armée de l’air.
    L’animateur télévision a été filmée dans un reportage sur les PGHM, avec une composante de l’uniforme de gendarme et galon de poitrine de colonel (assimilation RC) sans qu’il n’y ait eu à l’époque une quelconque ‘’bronca’’ de la part du public ou des gendarmes !

    Tout comme en matière d’enquête criminelle il convient de s’intéresser à qui et à quoi devait profiter la médiatisation de l’épisode Benalla !

  4. SERRAT

    Je suis bien d’accord avec vous et j’ai été estomaqué quand j’ai entendu les arguments du général Lizurey justifiant cette nomination que je qualifierai outrageuse pour les militaires de la gendarmerie.

  5. Michel LAURENT

    on a bien vu un sous ministre nommé “colonel” puis finir devant le tribunal pour ivresse…

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