mardi 20 août 2019
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(Photo/SD/L'Essor).

Affaire Adama Traoré : vers un non-lieu pour les gendarmes ? (interview)

Le dossier judiciaire de la mort d’Adama Traoré « se dirige vers un non-lieu », estime Me Caty Richard, dans une interview à L’Essor. Il y a près d’un an, trois gendarmes tentaient d’interpeller ce jeune homme de 24 ans, décédé le 19 juillet 2016 lors de son arrestation à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Depuis, souligne leur avocate, les trois hommes n’ont été ni mis en examen, ni entendus sous le statut de témoin assisté. Pour le moment, la justice dégage donc leur responsabilité dans cette affaire. Une marche est prévue le 22 juillet prochain pour “rendre justice à Adama” .

L’Essor : Un an après, où en est-on dans l’enquête sur les causes de la mort d’Adama Traoré ?

Me Caty Richard. Crédit photo: DR.
Me Caty Richard. Crédit photo: DR.

Caty Richard : Mes clients n’ont été ni mis en examen, ni entendus sous le statut de témoin assisté. Je n’ai donc pas eu accès à la procédure. Toutes les fuites à la presse dans ce dossier ne peuvent être faites que par la partie civile, et sont donc à prendre avec précaution. La partie civile, après avoir parlé d’homicide, de passage à tabac, s’accroche aujourd’hui au terme d’asphyxie, car il ne leur reste plus que cela pour ne pas perdre la face.

L’Essor : Comment expliquez-vous alors le décès d’Adama Traoré ?

Caty Richard : Mes clients n’ont commis aucun geste de violence face à un individu qui s’est soustrait à trois reprises à l’interpellation, dont deux fois avec violence. Il faisait chaud, Adama Traoré avait couru, et il était certainement en état de stress. Avait-il effectivement une faiblesse cardiaque, comme cela a été évoqué ? Tout cela est à prendre en considération. L’asphyxie peut avoir un caractère mécanique ou physiologique.

L’Essor : Aujourd’hui, quel est l’état d’esprit de vos clients ?

Caty Richard : Ils sont toujours sereins en leur âme et conscience. Mais comment ne pas penser à cette affaire avec une partie civile qui continue à crier au loup ? Ils vivent aujourd’hui comme une injustice ce qui est déclaré, et l’acharnement médiatique dont ils continuent à faire l’objet… Il est regrettable de n’entendre, le plus souvent, qu’un seul son de cloche dans ce dossier.

Propos recueillis par Gabriel THIERRY.

La mort d’Adama Traoré devenue un symbole des violences policières. Un an plus tard, pour ses proches, son décès est un exemple de la stigmatisation des jeunes hommes des quartiers populaires. L’affaire est également marquée par la défiance vis-à-vis des autorités, alimentée par les circonstances de la mort et l’annonce tardive du décès. La famille d’Adama Traoré estime que ce dernier est mort des suites d’un « placage ventral », la technique controversée qu’ont employée les gendarmes pour le maîtriser. Les médecins, eux, relient cette asphyxie à des fragilités de santé antérieures déclenchées « à l’occasion d’un épisode d’effort et de stress », sans conclure sur la responsabilité du geste des militaires. (Avec AFP).

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