vendredi 22 novembre 2019
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Exercice d'interpellation d'un peloton d'intervention de gendarmes mobiles (Photo M. Guyot/Essor)

Trois gendarmes placés sous le statut de témoin assisté dans l’affaire Adama Traoré : leur avocat s’exprime

Mâitre Rodolphe Bosselut, avocat de deux des trois gendarmes ayant interpellé Adama Traoré (Photo DR)

L’affaire Adama Traoré n’en finit pas. Malgré leur mise hors de cause par un rapport d’expertise dans la mort du jeune homme décédé en juillet 2016 après son interpellation dans le Val d’Oise, les trois gendarmes ayant procédé à son interpellation n’en ont pas encore fini avec la justice.

Entendus mardi et ce mercredi par les juges en charge d’une information ouverte mécaniquement à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile pour “non assistance à personne en péril“, ils ont été en effet placés sous le statut de témoin assisté.  

Quand on sait qu’ils étaient convoqués en vue d’une éventuelle mise en examen par le magistrat, cette décision ne peut que les rendre optimistes sur l’issue du dossier!

Dans un communiqué – lire ci-dessous- les trois avocats des gendarmes écrivent que “les militaires ont été tous les trois placés sous statut de témoin assisté, en l’absence d’indices graves ou concordants de nature à justifier leur mise en examen au titre de l’infraction de non-assistance à personne en péril”.

“Les gendarmes vivent très mal leur mise en cause” 

Il n’empêche, même si cette décision conforte leurs déclarations, “les gendarmes vivent très mal leur mise en cause” confie à l’Essor M° Rodolphe Bosselut qui défend deux des trois militaires dans le cadre de la protection fonctionnelle accordée par la direction générale de la Gendarmerie.

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“Ils ont tour à tour été présentés comme des assassins, comme des agents des forces de l’ordre racistes, violents puis dénués d’humanité en ne portant pas assistance à Adama Traoré” assène le pénaliste.

S’érigeant contre le “monopole de la parole qu’elle s’est arrogée depuis deux ans” l’avocat estime “que la partie civile évoque un dossier médiatique qui n’est pas conforme au dossier judiciaire”.

Le dossier met clairement hors de cause les gendarmes” martèle M° Bosselut. Pour lui, “faire de cette affaire  un étendard pour dénoncer les violences policières est une grosse erreur “.

D.C

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Le communique des avocats des gendarmes en intégralité

Hier et aujourd’hui, les gendarmes qui ont mené l’interpellation de M. Adama Traoré ont été entendus par les juges d’instruction en charge de l’affaire. Ils ont pu ainsi confirmer la teneur de leurs précédentes auditions en qualité de témoin, faites durant l’enquête. Au terme de leur audition individuelle, les militaires ont été tous les trois placés sous statut de témoin assisté, en l’absence d’indices graves ou concordants de nature à justifier leur mise en examen au titre de l’infraction de non-assistance à personne en péril. Cette triple décision des deux juges d’instruction est fondée sur l’ensemble des éléments objectifs recueillis dans le cadre de l’enquête, notamment du rapport d’expertise collégial médico-légal du 14/09/18 qui a dit que le décès de M. Traoré résultait de l’évolution naturelle d’un état antérieur au décours d’un effort, et ne présentait donc aucun lien avec les gestes mis en œuvre lors de son interpellation ou lors de son transport à la gendarmerie. Leur audition a permis d’établir qu’à aucun moment ils n’avaient eu connaissance d’un quelconque péril létal menaçant M. Traoré en cours ou après l’interpellation et qu’ils ont correctement géré la perte de connaissance de M. Traoré jusqu’à sa prise en charge par les pompiers et le Samu. Le dossier établit qu’ils ont déclenché les secours avec célérité et diligence et qu’ils ont porté assistance à M. Traoré. De façon plus générale, l’hypothèse des violences volontaires ayant entraîné la mort de M. Traoré sans intention de la donner est écartée. Cette décision était attendue avec sérénité par les gendarmes, qui depuis les faits et malgré les fausses accusations dont ils ont fait l’objet, ont refusé toute polémique, en poursuivant sans discontinuer leurs missions de sécurité publique. Ils espèrent, avec leurs familles, que la réalité des événements, telle qu’analysée par les experts puis les juges, feront cesser fantasmes et surenchère quant aux conditions du décès d’Adama Traoré dont ils ne sont nullement responsables à quelque titre que ce soit. Me Rodolphe Bosselut Mes Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik

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2 Commentaires

  1. tristanlegaucher

    Quoi que la justice rende comme décision, la famille du défunt ne veut que la tête des militaires.
    Il me semble bien que la famille de la victime n’ayant pas accepté les premières expertises en ont demandé d’autres, qui ne l’ont pas satisfait non plus car les résultats n’allaient pas dans leur sens. C’est une histoire dont on n’a pas finit d’entendre parler.

    • DECAUNES

      encore le contribuable qui paye les avocats de Taoré, quelle misère en France. Drôles de lois dans ce pays. Quant va t-on donner des droits a nos gendarmes, autres que celui d’aller traîner leurs guêtres au tribunal. Remarquez cela fait vivre les avocats de la défense défense

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