jeudi 3 décembre 2020
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Les gendarmes de l'Oise sécurisent l'entrée d'un élevage où un cheval a été victime d'actes de cruauté. (Photo: LP/L'Essor)
Les gendarmes de l'Oise sécurisent l'entrée d'un élevage où un cheval a été victime d'actes de cruauté. (Photo: LP/L'Essor)

Actes de cruauté envers les équidés: 153 enquêtes ouvertes dans près de la moitié des départements de France

153, c’est le nombre d’enquêtes ouvertes depuis le début de l’année sur des faits liés à des actes de cruauté envers les animaux, et notamment les équidés. Un phénomène davantage visible en France depuis le début du printemps 2020 et qui a subi une nette accélération au cours de l’été.

Depuis plusieurs semaines, le phénomène s’étend. Il inquiète aussi. Tant les éleveurs et propriétaires d’équidés que les autorités. Tous cherchent à comprendre d’où il vient; quelles sont les motivations des personnes qui commettent ces “actes ignobles”, comme les qualifient de nombreuses victimes et autorités.

Coordination nationale face aux actes de cruauté

En août, plusieurs organisations de la filière équine et de défense des animaux avaient appelé à la mise en place d’une structure nationale d’enquête. C’est notamment le cas de la Ligue des animaux, un collectif en ligne, qui a lancé une pétition qui regroupe à ce jour près de 30.000 signatures. Depuis, une coordination a été mise en place au niveau de la direction générale de la Gendarmerie. Elle suit de près l’ensemble des enquêtes menées par les unités de l’Arme.

Selon le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie, début septembre “une vingtaine” de cas d’oreilles coupées avaient déjà été recensés. Des cas auxquels s’ajoutent des faits de “mutilations d’organes génitaux, des lacérations avec des objets tranchants”.

Lire aussi: Mutilations animaux: une coordination mise en place à la direction générale

Les ministres de l'Agriculture, Julien Denormandie, et de l'Intérieur, Gérald Darmanin dans l'Oise à la rencontre de propriétaires d'équidés victimes d'actes de cruauté. (LP/L'Essor)
Les ministres de l’Agriculture, Julien Denormandie, et de l’Intérieur, Gérald Darmanin dans l’Oise à la rencontre de propriétaires d’équidés victimes d’actes de cruauté. (LP/L’Essor)

“Décréter la mobilisation générale”

Ces enquêtes ouvertes touchent aujourd’hui près de la moitié des départements français. “De nombreux faits portés à la connaissance de la Gendarmerie n’ont pas été médiatisés”, confie un gendarme. D’après lui, il peut parfois s’agir de simples tentatives d’intrusions ou d’agressions avortées. Il faut aussi discriminer les blessures naturelles (morsures d’animaux, égratignures dues à des frottements sur des clôtures, etc.) de celles d’origines humaines. C’est tout l’enjeu de ces 153 enquêtes.

Toutefois, parmi elles, “une trentaine concernent des faits extrêmement graves”. C’est ce qu’expliquait lundi 07 septembre 2020 le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, lors d’un déplacement dans l’Oise à la rencontre de propriétaires victimes et de représentants de la filière équine. Des actes de cruauté “qui ont entraîné la mort d’un cheval ou des blessures extrêmement violentes”. Face à cela, le ministre a souhaité “décréter la mobilisation générale des français, notamment du monde rural, pour signaler à la Gendarmerie tout fait ou indice qui permettrait d’arrêter les personnes qui commettent ces faits extrêmement graves”.

90% des enquêtes menées par les gendarmes

Sur la totalité des enquêtes ouvertes depuis le début du printemps, 90% concernent des faits ayant eu lieu en zone Gendarmerie. Une statistique peu surprenante. La grande majorité des structures équestres sont en effet implantées en zones rurales ou périurbaines, souvent du ressort des gendarmes. Par ailleurs, les structures situées dans les villes restent plus sécurisées et équipées que des pâtures en pleine campagne. Il est donc plus complexe pour les malfrats de s’y introduire.

C’est d’ailleurs un des points sur lesquels insistent les gendarmes lorsqu’ils mènent des actions de prévention. Ils incitent les éleveurs et propriétaires de chevaux à ne pas laisser les animaux seuls dans un pré isolé. Lorsque c’est possible, il faut plutôt les regrouper à proximité d’habitations.

Lire aussi: Mutilations de chevaux: les recommandations de la Gendarmerie

Plusieurs interpellations

Remerciant les gendarmes, largement mobilisés sur ces affaires, le ministre a souligné que plusieurs interpellations avaient eu lieu. Tout en rappelant avec prudence que “ce n’est pas parce que ces gens sont interpellés qu’ils sont responsables”.

Dernier exemple en date, l’interpellation d’un cinquantenaire dans le Haut-Rhin. Elle fait suite à la diffusion d’un portrait robot pour des faits ayant eu lieu dans l’Yonne. L’homme, qui semblait correspondre au signalement, était selon le procureur de République de Sens, déjà connu en Allemagne pour des faits d’agressions sur des animaux. Mais il a été mis hors de cause et relâché après des vérifications, notamment auprès de témoins, et l’analyse de ses déplacements.

Lire aussi: Première avancée des gendarmes dans le dossier des mutilations d’animaux

Appel à la raison

Le ministre de l’Intérieur a enfin lancé un appel à la raison à destination des propriétaires. “Le drame dans le drame serait qu’un propriétaire pris par la peur ou la vengeance (…) ait envie de sortir un fusil, une arme ou d’aller se battre avec une personne qu’il soupçonne d’être quelqu’un qui viendrait s’en prendre à ses chevaux.” “Je comprends la détresse, mais je voudrais [leur dire] qu’ils ne doivent pas se faire justice eux-même.”

Loïc Picard

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Un commentaire

  1. yolande fournier

    Il est plus rentable et plus facile de courir aprés les masques, qu’aprés les criminels de chevaux! de vaches et de moutons!

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