mardi 29 septembre 2020
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A quand de vraies mesures contre le terrorisme ?

Encore une fois la France est en deuil suite à l’attentat du 14 juillet à Nice. Jour de fête nationale,  symbole  d’unité pour notre Pays, c’est à ce moment là que des fous décident de frapper.   A t-on tout fait pour empêcher ce carnage ? Arrêtons les grandes envolées sociologiques, psychologiques, géopolitiques et passons enfin à l’acte ! Trois questions s’imposent : Le suivi des délinquants, la réalité sur les mesures prises en période d’état d’urgence, l’action des services de police.

A Nice, l’auteur des faits est un tunisien en séjour long en France avec un casier judiciaire lourd en matière de violences. Alors va-t-on continuer longtemps à accepter que des  individus condamnés à plusieurs reprises, qui ne respectent  pas la loi française restent dans notre Pays ? La loi prévoit  l’expulsion de ces délinquants étrangers (Ordonnance de 1945, article L-131-30 du code pénal) elle n’est jamais ou très peu appliquée.  Bien sûr, on va nous renvoyer, comme d’habitude, à l’argument de  la double peine fortement contestée en France. Et bien n’est-il pas temps de faire évoluer le droit et les mentalités face à une telle  situation ? On ne peut plus tolérer ces délinquants  étrangers sur notre sol alors qu’ils ne respectent pas la loi française et représentent une menace certaine. Aussi le droit doit changer,  du moins son application, afin d’écarter ceux qui n’ont pas la nationalité française et qui transgressent la norme.

” Arrêtons de nous voiler la face, les moyens des forces de l’ordre ne sont pas suffisants pour tout sécuriser.”

Par ailleurs, la mise en place de l’état d’urgence n’est pas à la hauteur du danger qui couve sur notre territoire, avec les menaces répétées des organisations terroristes. En effet,  depuis sa mise en place  l’Etat n’a pas pris les mesures fortes  adaptées à cette situation. Tolérer des manifestations sans analyse préalable de la menace est irresponsable. Arrêtons de nous voiler la face, les moyens des forces de l’ordre ne sont pas suffisants pour tout sécuriser. Alors, il faut faire des choix. Interdire les rassemblements qui ne sont pas suffisamment sécurisés  faute de personnels policiers disponibles. Bien sûr encore une fois la réponse sera qu’il faut continuer à vivre pour ne pas donner raison au terrorisme. Foutaise !  Nos responsables savent parfaitement que les dispositifs ne sont pas à la hauteur de la menace. Pour qui a participé à ce type de mission, il est évident que les moyens humains et matériels ne sont jamais suffisants.

Enfin, à Nice, comment comprendre qu’un camion puisse entrer dans une zone aussi longue dans son approche, sans qu’il soit intercepté avant le lieu de rassemblement de la foule ? Nice a un réseau de caméras dense qui (les images l’ont montré) a bien filmé l’avancée du camion en amont de la croisette. Aucun dispositif passif, aucun policier pour stopper sa marche ? C’est incompréhensible. Alors il faudra que les responsables s’expliquent et prouvent qu’il n’y avait pas de parade mieux adaptée.

Au total, ce drame doit alerter les plus hauts responsables de l’Etat sur la gestion qu’ils font d’une situation grave et permanente. Il est urgent de légiférer sur  le droit de séjour des étrangers, ou pour le moins de faire appliquer la loi existante, de durcir l’état d’urgence en ce qui concerne  les rassemblements, de donner les moyens aux forces de l’ordre pour agir au mieux et enfin contrôler l’application stricte des plans de sécurité mis en place.

Gérard Sullet, secrétaire général de l’UNPRG
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6 Commentaires

  1. Le secrétaire général de l’UNPRG oublie (sciemment ?) que la “double peine” a été abolie en 2003 par… Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Il remet habilement en cause le droit de manifester en mettant en avant l’interdiction des rassemblements insuffisamment sécurisés. On lui épargnera la lecture du chapitre 1er du titre 1er du livre II du Code de la sécurité intérieure mais il devrait prendre connaissance de la décision n°2016-535 QPC du 18 février 2016 du Conseil constitutionnel à ce propos. Gérard Sullet estime-t-il comme Eric Ciotti qu’au nom de la lutte antiterroriste, il faut remettre en cause l’état de droit ou ne pas respecter la convention européenne des droits de l’Homme, ni la Constitution comme le suggère Laurent Wauquiez ? Finalement, Georges Clémenceau avait raison lorsqu’il disait en 1886 : “La guerre est une affaire trop grave pour la confier à des militaires.”

  2. Pour lutter contre la violence il faut être FORT et en France on a montré trop souvent qu’on ne l’est pas par peur des critiques et d’être accusé de racisme avec une justice trop lente et laxiste. Maintenant on fait quoi ??? On dit qu’il faut rester unis et on fait de grands et beaux discours mais est ce que ceux qui gouvernent changent quelque chose ??. C’est pas en prolongeant simplement l’état d’urgence sans le modifier et sans se donner de grands moyens pour enfermer tous ces fous que cela va s’arrêter. Pourquoi ne pas commencer par renfermer (en créant des établissements adéquats avec des personnels formés) toutes ces personnes déjà connues pour radicalisation islamique. Il y a certainement bien d’autres mesures courageuses qui pourraient ête prises par tous nos soient disants gouvernants. Mais il faut du COURAGE ET ETRE FORTS POUR CELA . Si ceux qui décident n’agissent pas très rapidement il y aura malheureusement d’autres victimes parmi le peuple en France comme ces enfants de Nice. C EST TRES TRISTE………..

    • Une justice laxiste ? Comment expliquer alors que la France vient de battre une nouvelle fois son record de détenus ? 69 375 personnes étaient détenues dans les prisons françaises au 1er juillet, pour 58 311 places « opérationnelles » (disponibles), un record absolu, selon le ministère de la justice. Jamais les prisons françaises n’ont été aussi remplies ! L’évolution de la population carcérale est tout aussi significative : il y avait moins de 40 000 détenus en 1980 alors que l’on en compte plus de 75 000 en 2016 ! En cas de doute, voir cet article sur le site du “Monde” en date du 19 juillet 2016 : “La France bat une nouvelle fois son record de détenus”.

    • Enfermer toutes les personnes déjà connues pour radicalisation islamique ? Radicalisme et djihadisme ne sont pas synonymes. Quelqu’un qui se radicalise sur le plan religieux ne bascule pas forcément dans le djihadisme, encore moins le terrorisme. Le choix des mots est important, surtout en ces temps de peur et de confusion où tous les amalgames sont possibles. Cela dit, peut-on condamner dans un état de droit une personne pour ses convictions religieuses, fussent-elles radicales, voire sectaires ? Si celle-ci n’enfreint pas la Loi, il n’y a aucune raison. Comme le prescrit la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, “Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites” (art. 7). En outre, elle spécifie que “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi” (art. 10).

    • Delage ? Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale ?

  3. En 2015, la France a subi l’action de groupes terroristes structurés comme en 1995. Or, que constate-t-on en 2016 ? Pas de kalachnikov, pas d’explosif, pas d’actions coordonnées comme en Belgique mais des individus isolés (même s’il y a vraisemblablement des complicités), voire inconnus (le tueur de Nice n’était pas fiché S), qui agissent avec les moyens du bord (couteau à Magnanville, camion à Nice, hache en Allemagne). Ne faut-il pas voir dans cette évolution l’action des services de police à l’échelle européenne, qui aboutit à démanteler la logistique des réseaux terroristes les plus dangereux ?

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