mardi 20 août 2019
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Accueil des supporters de l'Olympique de Marseille par les gendarmes sur la barrière de péage de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L'Essor)
Accueil des supporters de l'Olympique de Marseille par les gendarmes sur la barrière de péage de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L'Essor)

Avec les gendarmes de l’A6, entre températures glaciales et supporters chauds (Reportage)

Le froid est mordant ce 28 février sur l’A6 à hauteur de Fleury-en-Bière. Sous leurs chasubles jaunes réfléchissantes siglées Gendarmerie, une demi douzaine de gendarmes sont vêtus en conséquence. Bonnets enfoncés jusqu’aux yeux, gants épais, cols relevés, les visages sont quasi dissimulés, hormis les yeux, fixés sur cette barrière de péage du sud-est de l’Ile-de-France. Affectés au peloton d’autoroute et à la brigade motorisée de Nemours, ils participent à une grande opération de lutte contre l’immigration irrégulière qui se déroule depuis le matin dans toute la Seine-et-Marne.

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Contrôle de Gendarmerie dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière au péage de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L'Essor)
Contrôle de Gendarmerie dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière au péage de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L’Essor)

“Nous nous concentrons sur les véhicules aux plaques étrangères ainsi que sur les camionnettes et utilitaires. C’est dans ces derniers que l’on retrouve le plus  souvent des personnes en situation irrégulière qui sont employés par des patrons peu scrupuleux”, lâche l’un d’entre eux. Il ne poursuit pas son explication car une camionnette italienne vient de franchir le poste d’autoroute. Il s’avance pour lui faire signe de se ranger. Après vérification dans les fichiers, tout est en règle et les italiens poursuivent leur route sans encombre.

Arrivée des supporters marseillais

Bientôt, les gendarmes vont devoir cesser le contrôle pour assurer une mission bien différente. Ce soir, en effet, a lieu un match de football à haut risque. Le Paris-Saint-Germain rencontre l’Olympique de Marseille au Parc des Princes dans le cadre de la Coupe de France. Trois jours plus tôt, un arrêté du ministre de l’Intérieur avait pourtant interdit aux supporters Marseillais de se rendre au parc des Princes pour le match de Ligue 1 qui opposait les deux mêmes équipes.

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Arrivée des supporters marseillais de l'OM sur l'aire de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L'Essor)
Arrivée des supporters marseillais de l’OM sur l’aire de Fleury-en-Bière. (Crédit photo: MG/L’Essor)

La logistique de ces dispositifs d’avant-match est impressionnante. L’objectif est de canaliser les supporters, à qui les billets du match ne sont remis que dans les bus du club avec lesquels ils doivent se rendre à Paris. Partis au petit matin de Marseille, ils arrivent en ordre dispersé, qui en bus, qui en véhicule personnel, sur l’aire de Fleury-en-Bière, neutralisée pour l’occasion et qui leur est réservées. Ceux qui sont venus en voiture devront la laisser là et la récupérer après le match.

Ils sont accueillis par les gendarmes de l’autoroute, puis encadré par des stadiers. Une compagnie de CRS est présente pour prendre le relais. Elle les suivra jusqu’au stade et durant le match, tous comme les quelques motocyclistes policiers qui vont escorter les bus.

Un trajet sous haute surveillance

Arrivés en ordre dispersé, tous les supporters sont rassemblés sur l'aire de Fleury-en-Bière avant d'être escortés vers Paris. (Crédit photo: MG/L'Essor)
Arrivés en ordre dispersé, tous les supporters sont rassemblés sur l’aire de Fleury-en-Bière avant d’être escortés vers Paris. (Crédit photo: MG/L’Essor)

Les gendarmes ne sont pas surpris lorsque les Marseillais se présentent car leur remontée est surveillée comme le lait sur le feu. “Cet après-midi, le peloton d’autoroute de Mâcon m’a appelé pour me signaler leur arrivée”, explique ainsi le lieutenant Damien Texido, commandant le peloton d’autoroute de Nemours.

Lui même a placé certains de ses personnels sur les aires de repos situées en amont afin d’encadrer les pauses des supporters. Les kilomètres s’accumulant, les verres d’alcool font de même et il est en effet arrivé que certains de ces arrêts se transforment en saccage. Les gendarmes doivent également vérifier qu’aucun supporter parisien ne se trouvent sur les ponts, prêts à jeter des pierres sur les bus.

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Les CRS qui encadrent les supporters de l'OM les escorteront jusqu'à Paris et durant le match contre le PSG. (Crédit photo: MG/L'Essor)
Les CRS qui encadrent les supporters de l’OM les escorteront jusqu’à Paris et durant le match contre le PSG. (Crédit photo: MG/L’Essor)

Au fur et à mesure, la foule se densifie et les CRS sont déployés préventivement le long de l’aire pour empêcher tout débordement. On entend régulièrement exploser de gros pétards, tandis que les gendarmes font le compte des bus et listent les plaques d’immatriculation de chacun des véhicules.

Après avoir contrôlé une dernière fois son dispositif, le lieutenant Texido part en réunion avec la société APRR (Autoroute Paris-Rhin Rhône), le principal interlocuteur de ce spécialiste de la sécurité routière. Il reste en effet de nombreuses choses à caler. Tard, ce soir, les gendarmes devront assurer le même dispositif pour le retour des Marseillais.

Intempéries annoncées pour la nuit

Tous les supporters sont arrivés, les gendarmes peuvent passer le relais aux policiers (Crédit photo: MG/L'Essor)
Tous les supporters sont arrivés, les gendarmes peuvent passer le relais aux policiers (Crédit photo: MG/L’Essor)

Ils pourront ensuite dormir quelques heures si aucun accident n’a lieu, mais la nuit sera de toute façon courte car la neige est annoncée suivie de pluies verglaçantes au petit matin.

Ces dernières sont redoutables pour les automobilistes comme pour les gendarmes. “Le premier accident causé par le verglas en entraîne d’autres”, explique un adjudant expérimenté du peloton d’autoroute. “En voyant nos gyrophares, les autres automobilistes  freinent ou donnent des coups de volants, ce qui leur fait, à leur tour perdre le contrôle et percuter les glissières de sécurité, voire nous frôler, parfois de très près”.

La nuit des gendarmes de l’A6 ne fait que commencer.

Matthieu Guyot

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2 Commentaires

  1. bobp

    Mobiliser autant de forces de l’ordre pour le foot, ça m’a toujours sidéré ! Que les clubs de foot, riches à millions payent cette mobilisation. Les français n’ont pas à payer les loisirs de quelques demeurés analphabètes.

  2. thibault

    je trouve inadmissible que le gouvernement ne puisse pas arrêter tous ces supporters violents. Les Anglais les font rentrer dans les commissariats. Il et vrai qu’en France la ligue des droits de l’homme est là pour protéger les voyous. Ce n’est pas graves ce sont les retraités qui paient. Bon courage aux gendarmes.

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